Bien qu'encore jeunes à l'époque du deuxième album, All Is Chaos, les membres du groupe dévoilaient déjà une personnalité propre et on pouvait commencer à ne plus les voir simplement comme les prometteurs vainqueurs d'un prestigieux tremplin du nord du pays.
Avec The Hutch, le troisième album, STEAK NUMBER EIGHT s'est essayé à une version plus Rock de son Post-Metal, libérant de nouvelles opportunités mais bousculant aussi certaines attentes. Avec moins de succès que Dickhead et the Calling extrait du précédent disque, ce goût du risque a quand même permis au groupe de placer Black Eyed et Cryogenius dans la tête de ses fans.
Le quatrième album de la formation de Wevelgem renoue avec une partie de cette essence Post-Metal. Conservant aussi une part de cette démarche plus Rock amorcée sur le disque précédent, STEAK NUMBER EIGHT atteint un équilibre qui porte ce nouvel album aux sommets de ses capacités.
Oscillant entre ses aspirations à plus de mélodies et son envie à envoyer du lourd, STEAK NUMBER EIGHT propose onze compositions élaborées minutieusement. Cette manière d'insuffler une énergie hargneuse entre et pendant des passages plus académiquement accessibles amène aussi le groupe à jouer sur les deux tableaux quant aux structures de ces morceaux. Le batteur fait d'ailleurs un travail extraordinaire de liaison pour permettre au tout de tenir ensemble sans raccord brutal.
Afin d'étendre son originalité tout en respectant sa ligne de conduite, la formation se permet également de piocher dans des jeux plus sludge, plus psyché et stoner ou d'associer l'électrique et l'acoustique.
Face à ces élaborations travaillées, l'album bénéficie d'une production impeccable où les nuances peuvent s'entendre de manière équilibrée. Ce travail vient compléter un album qui évoque la maturation des membres d'un groupe qui ont été repéré très tôt à juste titre.

Steak Number Eight