Tendu et acerbe comme son prédécesseur éponyme, Collider propose également 10 titres moins frontaux et quelque peu trainants. Derrière la rugosité de rigueur, HEADS. applique également une saturation qui renvoie à la scène Shoegaze des années 80 et du début de 90.
Cette âpreté, on la retrouve évidemment dans le jeu de guitares, incisif mais moins souvent explosif que par le passé. Cette impression de retenue est par ailleurs accentuée par une rythmique plus posée que pesante.
Côté chant, HEADS. gagne également en présence. Là aussi moins féroce, les vocaux évoluent avec chaleur et l'accent plaintif qui aurait pu finir par provoquer de l'agacement est passé à la trappe au bénéficie de la mélodie-mélancolie.
Si Magnus Lindberg (CULT OF LUNA) signe une nouvelle fois le mixage et le mastering, il sort aussi de sa zone de confort avec cette formation Noise dont Collider mixe CODEINE, SLINT et THE JESUS LIZARD.
Les quelques invités conviés à se mêler à l'album apporte un peu de variation mais ne dénature pas l'identité que le trio Australo-Allemand a réussi à imposer. Luc Hess (KUNZ, CLOSET DISCO QUEEN, THE OCEAN) se plie par exemple à ce jeu de batterie plus flegmatique tandis que Kevin Whitley (CHERUBS) se sent comme un poisson dans l'eau sur Smile.
Une évolution qui fait plaisir à entendre. HEADS. adopte une identité de plus en plus forte et on ne peut qu'encourager cette avancement qui ouvre des perspectives favorable à la distinction.

Heads.
Cult of Luna
Codeine
Closet Disco Queen
