Pas de Métal Noir à la manière d’un Forteresseou d’un Monarque, pour ne citer que deux (excellentes) références du genre, mais un Black Metal old school qui lorgne sérieusement du côté de la Scandinavie en général et de la Norvège en particulier. On pense souvent à Taake, notamment dans la manière de gérer le tremolo et de faire naître les mélodies ; on pense aussi au Satyricondes débuts, pour le traitement du son, les guitares en particulier.
Ça attaque frontalement à grands coups de riffs débités à la scie à métaux, de rythmiques brutes de fonderie et de vocaux passés au bain d’acide. Ça tape toujours juste, sans excès, sans démonstration. Ça envoie du bois en veux-tu en-voilà sur du tempo le plus souvent soutenu. Et quand les 5 lèvent enfin le pied avec le sublime Mausoleal Drift c’est pour mieux entraîner leurs auditeur.rice.s dans un abyme de noirceur et de lourdeur.
La fluidité et la cohérence du propos tenu prennent parfois des airs de facilité et certain.e.s estimeront que la formation montréalaise manque un poil d’audace et d’ambition en se cantonnant à explorer ces sentiers battus mille fois. Et c’est vrai que l’originalité et l’inventivité ne sont définitivement pas les caractéristiques premières de Diabolic Thirst.
Reste que ces 6 nouvelles pièces sont exécutées avec une maîtrise, une conviction et, disons-le, une honnêteté qui font plaisir à entendre. Si bien que, même si on se dit souvent qu’on a déjà entendu ça un nombre incalculable de fois, on poursuit tout de même l’écoute tellement tout ça fonctionne à la perfection.
Spectral Woundn’a probablement pas d’autre prétention que célébrer une esthétique musicale qui a connu ses heures de gloire il y a une vingtaine d’années et en profiter ainsi pour balancer une bonne dose de décibels à cru. De fait, les quarante minutes tout pile (eh oui ! old school jusque dans le timing) passent bien vite, tant la dose de décibels à cru est sacrément… pardon : diablement bien balancée.
Spectral Wound
Taake