Parmi les pionniers, Obituary est un immanquable réputé et apprécié de tous ; même ceux qui ne connaissent que peu leur musique peuvent directement identifier les visuels mythiques de Slowly We Rot (1989) ou Cause of Death (1990). Avec eux, la recette est aussi simple qu’efficace : des structures mathématiques avec du groove, des compositions épurées et de la simplicité au profit de la brutalité.
La seconde partie des années 1990 a été plus difficle à négocier. Le hiatus réalisé au début des années 2000 aurait pu aider à relancer la machine, mais se ne fût malheureusement pas le cas. Alors que tout espoir semblait vain, Obituary a pu se rattacher au soutient inconditionnel de leurs fans qui participèrent massivement à la campagne de financement participatif via Kickstarter lancée en vue de financer le neuvième album, Inked In Blood (2014). Il faudra néanmoins attendre le dixième long effort sobrement intitulé Obituary (2017) pour que la faim de death metal soit traduite en un résultat qui emporte l’adhésion de la majorité.
Ce retour aux affaires laissait envisager le meilleur pour l’avenir, ce que confirme globalement Dying of Everything (2023). Après avoir contribué à définir les contours du death metal, Obituary continue au fil des décénies à travailler un son qui change peu, mais qui gagne ces derniers temps en dynamisme, par exemple avec la piste éponyme et son versant thrash. Le rythme se veut parfois plus lent, notamment sur War ou Be Warned, titre sombre qui tend vers le doom -il renvoie à certains égards à la période World Demise (1994).
The Wrong Time marque les esprits, tant au niveau des variations vocales de John Tardy que du groove qui émane des lignes de basse. On retrouve également ce groove avec Without a Conscience et ses riffs massifs.
L’opus a été écrit et enregistré durant la période de crise sanitaire au studio du groupe, le Redneck Studios. Ce dernier s’apparente à l’héritier du Morrisound Recording, continuant le passé glorieux de la production du metal extrême. Le mixage assuré par le vétérant Joe Cincotta contribue à assurer un rendu proche de l’époque glorieuse, avec des guitares massives, une batterie puissante et une mise en avant de la voix de John Tardy parfaitement intellegible.
Dying of Everything n’innove pas mais est-ce vraiment ce qu’on attend d’Obituary en 2023 ? Absolument pas. Avec son death metal brut de décovrage, la formation continue à écrire sa légende et démontre que le passage à vide n’est plus qu’un lointain souvenir du passé.
Obituary - Chronique - Dying of Everything - Death metal - Tampa

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