C’est avec beaucoup de douceur que TOKYO WITCH nous prend par la main pour pénétrer dans son univers. D’abord avec La Brume, ensuite avec Evvny qui précise progressivement des atmosphères moins légères qu’elles n’y paraissent.
Nappes envoutantes et chants aériens finissent par flotter parmi des sonorités plus inquiétantes qui rappellent la musique Drone mais qui sera ici plus vibratoire que bourdonnante. L’Aubépine Est Inutile Aux Constellations avec ses 13 minutes crée cette rupture entre une musique en apparence innocente et une démarche plus profonde et interne.
Skin Like Feathers perturbe par ses aspects lumineux et obscures qui interagissent. Tantôt rassurante, sa musique déstabilise en nous plongeant au plus profond de nous-mêmes. Avec douceur et sans véhémence.
Si part pudeur, elle a longtemps maintenu secret ce travail, la musique introspective de TOKYO WITCH révèle finalement plus sur soi-même que sur son auteure.
Aussi à l’aise dans des interprétations courtes que longues, c’est le lâcher-prise qui caractérise ce premier album. Un lâcher-prise qui permet à chacun.e d’y trouver son confort ou son réconfort. Un lâcher-prise autorisé par la démarche même de son auteure qui s’est écartée des contraintes et tumultes habituels du Rock. Elena Lacroix écrit, enregistre et produit seule le disque. Skin Like Feathers est un album très personnel pour TOKYO WITCH mais qui revêt une dimension universelle qui permet finalement de se l’approprier.
Tokyo Witch