De par son format instrumental, CLOUDS TASTE SATANIC invente ses histoires, ses films pour alimenter ses ambiances. Autour ici de deux compositions de 21 minutes chacune, il nous raconte une fin de l’humanité où les rescapé.e.s luttent pour survivre au milieu d’une pluie d’astéroïdes.
Digne d’un film de Science-Fiction qu’il faut encore tourner, 79 A.E. alterne donc les moments tantôt épiques, tantôt tendus ou angoissants.
Le groupe peut s’appuyer sur une rythmique solide et carrée dont la basse est un élément clé à plusieurs reprises pour développer l’action.
Notre imaginaire se met facilement en action. Le background cinématographique aidé par un concept à la portée de tou.te.s, est bien accompagné par la bande-son qui aurait pu n’être que d’un seul bloc. Mais techniquement, il fallait bien découper celle-ci pour qu’elle tienne sur les deux faces d’une version vinyle.
La longueur des 2 compositions s’explique sur 79 A.E. moins par une continuité d’écriture qu’une volonté narrative en évitant les ruptures d’un début et une fin entre chaque partie. Du coup, il y a une obligation à rejouer le scénario dans sa quasi-intégralité plutôt que d’aller à la recherche d’une scène phare. Si l’écoute de l’album ne laisse pas d’impression de longueur, l’exercice demande de pouvoir prendre son temps, CLOUDS TASTE SATANIC inventant d’une certaine manière le concept de slow-listening par la même occasion.

Sleep