En ouverture de l’album, To Know The Night annonce un retour plus organique du groupe. Tandis que The Worst Is Yet To Come (Le pire est encore à venir) annihile tout espoir de revirement. La composition est à la hauteur de son titre : noire. Et cette noirceur fait inévitablement écho à la situation géopolitique actuelle, fonctionnant comme une prophétie fataliste.
Avec ce quasi premier quart d’album, HANGMAN’S CHAIR a balisé la suite et réaffirmé l’ensemble de ses qualités. Celles qui sont les raisons qui nous font apprécier tant ce groupe.
Et ce n’est pas parce qu’en deux compositions, le terrain vague des Français est défini que tout est dit. Au contraire, HANGMAN’S CHAIR ne s’arrête pas en chemin et la suite de l’album dévoile encore un lot de pépites.
HANGMAN’S CHAIR a fait des contrastes sa marque de fabrique. La lourdeur du groupe s’oppose aux mélodies vaporeuses. La production détaillée et fine défie le jeu puissant et brut. Le propos et l’ambiance nihilistes contrastent avec le raffinement du style brumeux.
2 AM THOUGHTS, pour lequel HANGMAN’S CHAIR invite DOOL, atteint des sommets de dépression. Neglect se pose et prend de la profondeur. Le groupe surprend avec plus de légèreté sur 44 YOD, un titre plus arachnéen.
Comme pour interroger notre addiction à retrouver le groupe face à la tristesse dépeinte, HANGMAN’S CHAIR conclut Saddiction avec un titre sous forme de question : Healed ?. Doit-on voir une perspective d’optimisme derrière cette fin ? Ce positionnement dans le tracklist est pour le moins idéal. Le morceau laissera la question ouverte comme toute bonne fin qui ne veut pas en dévoiler de trop pour la suite.

Hangman's Chair
Dool