Avec The Voyager Golden Banquet, l’auditeur·rice est propulsé·e direction l’inconnu, dans une odyssée cosmique à la fois fascinante et anxiogène. Le voyage oscille entre chaos et lumière, jusqu’à se transformer en une quête presque intérieure, fragile et troublante.
Mais ici, DELIVERANCE ne se contente plus d’explorer : il change de braquet. Ce quatrième album marque un véritable virage artistique. Les étiquettes volent en éclats, remplacées par une seule constante : l’intensité.
Avec une vision massive du Space Rock, presque organique, le groupe puise dans une multitude d’influences, Psychédélisme, Indie, Post-Metal, pour bâtir une œuvre dense, lourde mais étonnamment lumineuse. Le tout repose sur des structures progressives mouvantes et des nappes électroniques minimalistes, qui renforcent l’immersion.
Le travail en studio est d’une précision redoutable. Enregistré par Étienne Sarthou, également guitariste du groupe, et masterisé par Magnus Lindberg, l’album bénéficie d’un équilibre parfait entre puissance brute et finesse de détail. Rien n’est laissé au hasard.
Ajoutez à cela l’interprétation habitée de Pierre Duneau (MEMORIES OF A DEAD MAN), particulièrement nuancée et expressive, et vous obtenez un disque à la fois lourd, subtil et profondément absorbant.
Chaque écoute révèle de nouveaux contours, des textures cachées, des tensions souterraines ou encore des éclats lumineux. Malgré sa richesse, l’ensemble reste remarquablement fluide. Un album qui ne se livre pas immédiatement, mais qui s’impose durablement.
DELIVERANCE franchit un cap important, affirmant une identité toujours plus insaisissable et ambitieuse. Le groupe parvient à canaliser son chaos pour en faire une matière cohérente. Entre noirceur et explorations sonores audacieuses, ce quatrième album confirme que le quatuor parisien ne cesse de repousser ses propres limites. Une œuvre exigeante et captivante qui s’impose comme la plus aboutie du groupe.
Deliverance