Le socle reste profondément ancré dans le sludge et le noise-rock, mais le groupe du Midwest laisse davantage entrer les mélodies, les atmosphères et quelques accroches franchement vicieuses, sans jamais rendre le décor moins glauque. Les guitares se font plus sinueuses, avec certains passages plus mélodiques, mais le groupe conserve cette rythmique pachydermique qui faisait déjà sa force.
Raygun Busch continue surtout de transformer les absurdités du présent en fragments aussi désespérés que concrets : IA, domination technologique, précarité, surveillance, catastrophe sociale. La nouveauté tient moins aux thèmes qu’à la manière de les faire résonner : la musique gagne en nuances au moment même où le propos devient plus frontal.
Là où God’s Country frappait comme une agression et Cool World comme une version plus ample, Who Loves the Sun donne l’impression d’un groupe qui sait désormais jusqu’où tordre sa propre formule. Quelques longueurs subsistent, mais elles participent à cette sensation de malaise prolongé.
Qu'on se rassure, la violence est toujours là, mais elle prend désormais des formes plus imprévisibles. CHAT PILE ne renonce ni à sa lourdeur ni à son goût du malaise, mais trouve ici de nouvelles façons de les faire résonner. Et s’il commence à chanter davantage, ce n’est certainement pas pour nous rassurer.
Chat Pile