Du math-rock pas mal torché et saucé à la noise, le tout dans des constructions musicales bien décousues, voilà comment on pourrait décrire le groupe, ou pas. En tout cas, eux, ils préfèrent l’expression « blues urbain post-névrotique ». Et tout compte fait, ce n’est pas un mensonge. Toujours surprenant sans vouloir en rajouter, Volt Voice propose une musique inhabituelle pour le profane qui peut sembler effrayante de prime abord mais qui ne peut que séduire par son audace et par l’efficacité de la section rythmique.
Le son est volontairement grassouillet et tout l’EP est parsemé de samples qui ajoutent une certaine dimension aux compos. Un de leurs atouts est sans conteste leurs prises de risques, pas spécialement au niveau de la construction des morceaux (les rythmes cassés et le non-respect des conventions couplet-refrain-couplet-refrain est quand même très convenu dans ce style musical, au final) mais plutôt au niveau sonorités comme sur l’excellent morceau Patanegra, avec ses clap-clap de mains et sa partie vocale qui ferait presque penser à du scat, le côté gai-luron en moins. Une vraie réussite.
Les voix sont par contre assez présentes tout le long de l’EP, ce que je considère comme un gros bonus aussi, vu l’assaut presque effrayant de groupes instrumentaux actuellement. Coup de chapeau au passage à Graffen Völder, duo basse-batterie avec les 2 rythmeux du groupe, et à El Dinah, leurs amis et frères d'armes qui nous offrent tous le même régal en concert.
Cet EP 4 titres est donc la preuve que leur force n’est pas que leur jeu de scène, les compos sont maintenant arrivées à un niveau supérieur !


Frank Shinobi

