Interview

ROSEMARY (BE)

''Faire de la musique ensemble, c’est presque une forme de résistance''


Mardi 27 janvier 2026

Le 2e GRRR Fest aura lieu fin février et début mars 2026 dans neuf salles en Wallonie et de Bruxelles. Ce festival célèbre les artistes femmes et toutes les personnes s’identifiant comme telles, au cœur de la scène musicale alternative locale et internationale.
Plusieurs groupes belges feront partie de l’affiche. On vous présente Rosemary (be)
Rosemary (be)


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, quatuor anversois composé de Rose Williams (chant / électronique), Staf Dauwe (guitare), Merel Caracillo (basse) et Wout Linders (batterie).




Pouvez-vous présenter votre groupe ?
Rosemary est un groupe de punk aux penchants poétiques, avec une envie existentielle de danser.
Rosemary, c’est ce qui arrive quand on veut faire la fête et ressentir en même temps. Quand on veut se perdre et réfléchir. Le doute, mais à 130 bpm.
On vient d’Anvers et des alentours, mais surtout de cet âge (ndlr: les membres ont entre 17 et 19 ans) où tout arrive en même temps : l’école, le stress, l’amour, les infos, les algorithmes et le besoin de musique, de danse et de s’exprimer.

Quand et comment le projet est-il né ?
Lors d’un concert de Ila
Ila


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au Trix, Rose et Wout se sont rencontrés. Rose cherchait un batteur. Wout, lui, était dans le public en train de “jouer” la batterie dans l’air, instinctivement, avec une précision parfaite, comme s’il faisait déjà partie du groupe sans que personne ne le sache. À ce moment-là, on s’est dit « Ok, on n’a pas encore de plan mais on y va. »

Comment décririez-vous votre univers musical ?
On a inventé notre propre style : le synthekpunk. C’est un endroit où l’on peut expérimenter sans demander la permission avec un peu de synthé, un peu de papier de verre brut, un rythme cardiaque constant et, parfois, quelque chose qui mord, qui craque, qui hurle.
On se situe quelque part entre Kae Tempest et Bikini Kill
Bikini Kill


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mais avec plus de beats, moins de sommeil, et des textes sans frontières, ouverts à l’interprétation. On sent qu’on peut tirer notre musique toujours plus loin : plus de synthés, plus de textures étranges, d’effets obscurs, de sons inattendus, de rythmes contagieux et des mots qui restent.

Y a-t-il un fil rouge ou un message particulier ?
Le monde frappe fort, alors on répond fort. Nos morceaux parlent de notre réalité. Comment tout doit aller plus vite, être plus beau, plus solide, alors qu’on est parfois juste vulnérables. Et oui, la vulnérabilité, c’est aussi politique. On veut faire de la place à la contradiction, parce qu’elle est vraie.
Tu veux être libre, mais tu veux aussi appartenir à quelque chose. Tu veux crier et être entendu·e, mais tu veux aussi écouter. Tu veux une opinion, mais tu veux aussi avoir le droit de douter.
Rose écrit parfois de manière volontairement plus abstraite, pour que chacun·e puisse y déposer sa propre histoire. Pas parce qu’on veut être flou·es, mais parce qu’on ne croit pas qu’un seul sens puisse suffire.



Live ou studio ?
Le live ! Le live c’est le moment où tout devient enfin physique : la sueur, les regards, le public, le retour. On aime performer, sentir le contact avec les gens, la fête d’un concert et cette sensation de cohésion. Former, le temps d’un set, une communauté dans une salle qui vibre.

Quelle est votre “special touch” ?
On n’essaie pas d’être “cool”. On essaie d’être vrai·es. Notre truc, c’est : trouve tes gens, sois bruyant·e, danse, joue, sois bizarre mais sois sincèrement bizarre.
Et puis on prend le plaisir au sérieux. Dans un monde qui te mesure en permanence, qui te fait scroller, te juge et t’épuise, faire de la musique ensemble, être bruyant·e ensemble, danser ensemble, c’est presque une forme de résistance.

Votre plus belle étape / moment le plus mémorable ?
Notre premier “vrai” concert à la Zomerfabriek (Anvers). Notre bassiste ne s’est pas présentée, et Merel a débarqué à la dernière minute, on ne la connaissait même pas. D’abord le chaos, puis la magie.Sur scène, on a dû se faire confiance sans filet. C’était incroyable, le public était en feu. On s’est dit « Ok, ça y est, c’est ça.”

Que représente pour vous le fait d’être à l’affiche du GRRR Fest 2026 ?
Énormément. Le GRRR Fest n’est pas juste une scène : c’est une communauté, un endroit où l’on met en avant les femmes et les minorités sur scène, et où “safe space” n’est pas un mot à la mode, mais quelque chose qu’on ressent vraiment.

Qu’est-ce que le GRRR Fest vous offre de plus qu’un concert “classique” ?
GRRR c’est un concert et une déclaration. On ne vient pas seulement regarder, on vient participer. Rencontrer, soutenir, faire du bruit, danser ensemble, prendre de la place ensemble. C’est un endroit où être soi-même ne doit pas être “courageux”, c’est juste la norme.

Vos activités actuelles et vos projets ?
On est en résidence au Trix cette année et on prépare nos premières prises de son professionnelles donc : stay tuned.
On va continuer à creuser nos morceaux et à en écrire davantage : plus serrés, plus honnêtes, plus dangereux, et tout simplement plus nous-mêmes.
Et surtout jouer live, autant que possible. On veut que les gens repartent en se disant : “Qu’est-ce que je viens de vivre… et pourquoi j’en veux encore ?”



GRRR Fest le 6/3/2026 aux Deux Ours à Modave (Huy) avec Be Nice, Rosemary et Tarmak Abra.

https://www.facebook.com/GRRRFEST
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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière ve...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en ju...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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