Interview

DOWN TO INSANITY

Il faut garder cette petite flamme qui nous anime malgré les difficultés qu'on rencontre


Jeudi 30 avril 2026



En amont de leur passage au tremplin Loud Clash, organisé ce samedi 2 mai au Reflektor par Sphères Sonores, nous avons discuté avec Down To Insanity, groupe namurois aux multiples influences.

L'idée d'aujourd'hui, c'est de vous présenter, car on ne l'a jamais vraiment fait sur notre webzine. Pourriez-vous, donc, revenir sur l'histoire du groupe, comment il est né et sur vos backgrounds aussi en tant que musiciens ?

Dorian (guitariste) : Tom, le batteur, a déjà fait des choses très sérieuses, il a participé à Bleedskin
Bleedskin


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notamment. Mais Down To Insanity, pour ma part, c'est notre premier projet vraiment sérieux et qui nous tient vraiment à coeur. Le groupe est né officiellement en 2015 parce qu'on a commencé à sortir les trucs en 2015, mais ça faisait déjà un an qu'on travaillait sur nos premiers morceaux qui n'ont évidemment plus rien à voir avec ce qu'on fait maintenant. On les a même retirés. C'était une formation totalement différente. Les deux membres originels, ce sont Julien et moi, les autres ont changé avec le temps.

Heush (chanteur) : Après la séparation avec certains membres, je suis arrivé, et ça a redéfini un peu le groupe, tout comme l'arrivée de Tom par la suite.

Dorian : Au niveau musical, ça a évolué aussi : on a eu notre metalcore era au début. C'était un style en vogue. Mais maintenant, artistiquement, on se dirige vers quelque chose qui ne porte plus trop de nom je pense. On a des tas d'influences mais on n'aime pas se verrouiller dans un style parce que nous-même on écoute beaucoup de choses différentes et naturellement le groupe évolue avec ces goûts là aussi. On ne veut pas se mettre d'étiquettes. On ne veut pas faire les originaux mais c'est vraiment ce qu'on ressent. Ce serait trop réducteur de nous mettre dans une case, entre deathcore, black, metal extrême...

Au niveau des compositions et du style justement, vu vos multiples influences, pensez-vous avoir trouvé le Down To Insanity dont vous rêviez ?

Heush : Même si nos goûts évoluent constamment, on a quand même une certaine ligne directrice, c'est à dire que notre univers est fort inspiré d'éléments qu'on aime depuis très longtemps, comme les jeux vidéo, la littérature, la peinture... Ce sont des choses qui nous inspirent aussi à faire du son. Et il y a certains gimmicks qui reviennent dans nos chansons. Donc oui, il y a quand même une certaine ligne directrice et on part pas trop dans tous les sens grâce à ça. Les chansons sont très différentes les unes des autres, mais je pense qu'on nous reconnaît en tant que musiciens. Il y a un fil rouge en fait. En sous-jacent, très enfoui (rires).

Vous dites que vous êtes intéressé par l'art en général, ça se ressent très fort dans votre visuel aussi je pense.

Dorian : Ça, fait vraiment plaisir que tu dises ça, parce que j'ai une certaine obsession avec l'art sous toutes ces formes et le fait d'avoir reconnu cet aspect à dans le groupe, ça me tient à coeur personnellement. On veut vraiment avoir un visuel qui reste impactant. De nouveau, on s'inspire de plein de choses, comme les mangas avec un t-shirt inspiré de Berserk, parce qu'un personnage rentrait totalement dans les le stéréotype d'une ou plusieurs chansons. D'une certaine manière, ça nous plait et on sait que ça plaira aussi aux gens qui nous écoutent parce que je pense qu'ils ont capté les références. On aimerait d'ailleurs travaillé avec davantage d'artistes à l'avenir. On le fait déjà pour notre merch par exemple avec des tatoueurs notamment.

Pour résumer, ça fait plus de 10 ans maintenant que le groupe existe. Vous avez trouvé votre fil rouge comme vous le disiez tout à l'heure. Mais en 2026, Down To Insanity, c'est quoi ? Quelle est la prochaine étape ?

Dorian : Il y a encore du chemin à faire, toujours. Sinon c'est pas drôle ! On sait qu'on n'est pas des grands. Et que la musique, ça nécessite une certaine pratique et une certaine rigueur, un petit peu tous les jours. Donc on doit constamment améliorer certaines choses, c'est certain. Par contre, on sait vers où on veut aller, notamment avec notre prochain album.



Autour de cet album, est-ce qu'il y a un concept ou alors est-ce que c'est plus une addition des titres que vous avez sortis ou voulez sortir finalement ?

Dorian :
Pour le premier album qu'on a fait (Ce qu'il Reste, NDLR), on voulait vraiment avoir une DA avec un fil conducteur et une histoire à raconter qui s'articule autour d'un même sujet. Ici, c'est un petit peu différent. Disons qu'on n'a pas choisi un seul sujet à exploiter. ça tourne énormément autour des émotions humaines, de certains troubles, comme le dit le nom de notre groupe lui-même. On parle de toutes ces émotions néfastes qui peuvent à la fois créer des merveilleuses choses et tout le contraire, parfois être absolument dévastatrices pour celui qui les ressent ou celui qui va les subir. C'est exploité dans chacun des morceaux. Il n'y a pas de fil conducteur, il n'y a pas une référence à un morceau puis à un autre comme ça s'est vu dans le premier album. On peut davantage le voir comme un patchwork de couleurs qui s'assemblent.

Comment ça se passe quand vous composez ?

Dorian : Lorsqu'on compose de la musique, on le fait tous ensemble. Souvent, j'arrive avec des idées, des trucs assez complets. Mais ensuite, j'ai toujours besoin de Julien, qu'il puisse me canaliser dans la composition. Et les 2 autres aussi amènent leurs idées pour qu'on travaille dessus. ça se construit petit à petit, de manière beaucoup plus réfléchie qu'avant. En tout cas, on s'est vraiment amusé à faire cet album. Il va durer 1h. On aime bien les formats comme ça qui racontent beaucoup de choses. On aime beaucoup la musique progressive, on aime la dynamique dans les morceaux. On n'aime pas quand ça pète tout le temps sinon ça perd de son sens. Comme référence de ce point de vue là, on prend notamment Amenra
Amenra


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. En live, quand ça pète, ça pète quoi. Et ça c'est génial. On aimerait bien avoir ce feeling. Nous, les titres, on les commence, on les articule, on ne sait pas trop où on va, on y va et on essaye pas de se dire ''Oh bah le morceau il faut absolument qu'il fasse quatre minutes''. Non, si on juge que ça sert le morceau et qu'il y a une sorte d'inachevé, alors on va continuer, quitte à aller jusqu'à des douze, quatorze minutes quoi.

Samedi, pendant le Loud Clash, vous allez défendre ce nouvel opus ?

Heush : Alors, étant donné qu'on n'a pas beaucoup de temps de jeu puisque c'est un concours tremplin, on s'est dit qu'en trente minutes, on allait montrer ce qui va arriver. Les gens vont voir ce que maintenant, Down to Insanity est devenu. On aime bien avoir ce luxe de pouvoir changer des petits éléments jusqu'à la sortie finale.

Dorian : On voit un peu ça comme un test. Les gens qui nous suivent nous connaissent bien. On est fiers d'être belges mais il faut reconnaître qu'on reste dans un microcosme qui nous permet, du coup, de faire écouter de nouvelles choses sans se poser de questions.



Quel est votre objectif, ce samedi ?

Dorian :
L'envie évidemment est de gagner. J'ai beaucoup de respect pour les autres groupes avec qui on va jouer parce que ce sont de très bons groupes. Et surtout, c'est varié ! C'est ça qui est chouette pour les gens qui viennent voir la soirée. Mais pour nous, il y a la possibilité de jouer à l'OM à Liège qui est une salle incroyable. Ils arrivent à avoir des artistes assez exceptionnels je trouve. On s'est déjà retrouvés dans des salles qu'on admirait depuis longtemps, et qui nous ont fortement déçus par rapport à l'accueil notamment. A l'OM, l'équipe est top, tout se passe toujours nickel. Moi, clairement, c'est mon rêve en tant que liègeois d'y aller.

Justement, par rapport aux concerts de manière générale en Wallonie... C'est une question qu'on aime bien poser : Vous, votre point de vue par rapport à ça, c'est lequel ? On nous dit souvent que c'est très difficile de trouver des dates, ou alors c'est toujours au même endroit. Comment vous vous sentez par rapport à ça ?

Dorian :
Un exemple : la semaines passée on a joué avec URSA
URSA


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, un groupe néerlandophone avec qui on a vraiment bien accroché et on ne comprend pas pourquoi il existe une espèce de barrière entre les Wallons et les Flamands. Pas forcément linguistique ou quoi, mais en tout cas dans le secteur de l'organisation, nous on joue jamais en Flandre et eux très rarement en Wallonie. On n'est clairement pas assez unifiés de ce point de vue là. Nous, on aimerait vraiment bien s'exporter. Après, on sait qu'on a des lacunes pour se vendre. La présence sur les réseaux est super importante et on se sent parfois un peu dépassés, parce qu'on a tous nos vies respectives. ça prend énormément de temps. Il y a un petit côté loterie, et malheureusement c'est un peu le jeu. Je trouve aussi que c'est dommage qu'il y ait si peu de médias spécialisés, et qu'on ne puisse pas avoir de possibilités de voir ou d'entendre davantage les groupes wallons qui existent. Je pense que ça motiverait les acteurs qui organisent des concerts.

J'ai une dernière question. On parlait du paysage belge, Wallon essentiellement. Est-ce qu'il y a, au-delà du tremplin, des groupes qui vous influencent ? En Wallonie, ou que vous recommanderiez éventuellement.

Tom :
Moi j'ai quand même un vieux groupe liégeois qui me vient en tête, c'est Surge of Fury
Surge of Fury


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mais c'est plus hardcore, avec le côté bagarre. C'est un groupe emblématique. Il y a aussi Pestifer
Pestifer


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, qui a fortement marqué la scène liégeoise.

Dorian : Je dois avouer que je suis un gros amateur de groupes flamands, comme Stake
Stake


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. J'aimerais beaucoup qu'ils annoncent la fin de leur hiatus, et s'ils ont besoin d'un guitariste, bah, je suis là ! (rires) En fait en Wallonie, on est tous un peu copains. On n'a pas de véritable inspirations, ce sont surtout des gens que je considère comme des amis.

Heush : Perso, d'un point de vue musical, je n'irais pas jusqu'à parler d'inspiration mais par contre, humainement, je trouve que certains, gars comme filles, sont super inspirants. J'admire leur manière de travailler, le fait qu'ils se battent et qu'ils restent fidèles à eux-mêmes. J'adore les voir, les écouter, et je suis super fier de faire partie, humblement, de cette tribune-là.

Dorian : Il faut garder cette petite flamme qui nous anime malgré les difficultés qu'on rencontre. On est contents de pouvoir grandir, évoluer, de garder notre créativité malgré tout. C'est vraiment ça qui nous fait vibrer. On va sortir un deuxième album, mais peut-être que le troisième sera totalement différent. C'est vraiment important pour nous.

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, Jungle Underground
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et Schiste
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