Interview

JUNGLE UNDERGROUND

L'énergie, c'est ce que les gens attendent !


Jeudi 30 avril 2026



En amont de leur passage au tremplin Loud Clash, organisé ce samedi 2 mai au Reflektor par Sphères Sonores, nous avons discuté avec Jungle Underground
Jungle Underground


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, groupe liégeois pour qui la fête se traduit sur les planches.

Dans un premier temps, pourriez-vous présenter votre projet ?

François (chanteur) :
On a commencé le groupe en 2018, aux fêtes de la Musique, à l'Auberge Simenon précisément. Ce concert-là, Kuff (le guitariste), devait le faire avec son ancien groupe mais ils n'ont finalement pas su le faire car ils se sont séparés un peu avant. Lui, il voulait garder cette date alors je l'ai accompagné, avec un autre batteur à l'époque. On avait 0 chanson, on a commencé à bosser dessus un mois avant pour faire un set un peu convenable de chansons qui n'existaient pas encore. Ca a fonctionné et on s'est dit qu'il y avait quand même quelque chose, une énergie sympa malgré le manque de structure. On avait chacun des groupes avant, on avait donc des contacts pour faire des concerts et on a donc développé ça gentiment. On a enregistré quelques EP's, puis il y a eu le Covid qui nous a ralenti. C'est à ce moment-là que notre ancien batteur a décidé de quitter le groupe pour se consacrer à d'autres choses. A l'époque, on répétait chez Primitive Music, et on s'est retrouvés au bar à se demander si on allait vraiment continuer ou pas. Là, Adrien, le gérant nous a dit : ça vous dirait que j'essaie avec vous ? On a essayé et ça a fonctionné tout de suite.

Kuff : Il y avait une super entente, on se marrait comme des cons avec lui.

Adrien : Moi je les connaissais d'une vie passée et il m'ont demandé si j'avais pas des contacts de batteurs dans la région et il y avait moi ! (rires) De base, je faisais plus de rock, je suis plutôt dans le jazz. Je m'étais déjà dit à plusieurs reprises en les écoutant qu'on pouvait faire telle ou telle chose donc l'idée me paraissait très sympa. Revenir au rock, c'est une forme de défi après avoir fait du funk, du jazz... Je voulais présenter un truc un peu hybride.

François : Ca a amené un petit peu plus de subtilité parce que l'ancien batteur était un peu plus carré, plus bourrin je pense. Ca nous a ouvert des portes. On a enchaîné avec Psycho, une chanson qu'on a enregistrée et clipée et on a continué comme ça jusqu'à la sortie de l'album en 2024.

Kuff :
C'était notre gros projet, on voulait vraiment mettre les moyens dessus.


Dans cet album, y a-t-il certaines choses que vous aviez tentées à l'Auberge Simenon ?

François :
Oufti, non ! (rires) On ne les a pas vraiment gardées. Ca reste un lointain souvenir. Par contre, Psycho, qui avait été composée au départ avec l'ancien batteur, on la garde.

Adrien :
J'y ai apporté une autre rythmique et elle a un peu permis d'annoncer le changement de batteur puisque c'était la première qu'on a sortie ensemble.

François : L'album, on l'a fait en crowdfunding et on a pu le faire au reflektor. On a quasiment fait soldout. On avait invité Stoneberized
Stoneberized


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à faire la première partie. On était agréablement surpris pour une release !

Adrien : Là on s'est dit, les gens sont venus pour nous, et ça a vraiment pris. On a remarqué qu'une fanbase commençait à se développer.



Justement, au niveau de votre musique, vous avez choisi de faire une musique très catchy, influencée par votre adolescence, les années 90. C'est ce qui vous anime ?

Kuff :
On est complètement dans les années 90. System of a Down
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, Limp Bizkit
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, Rage Against The Machine
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... Ce qui nous manquait vraiment sur la scène actuelle, c'était de bouger. On en avait un peu marre de voir tous ces groupes sur scène qui tirent la gueule, ne bougent pas. Qui prestent simplement. Si nous on bouge pas, comment faire bouger le public ? On a fait ça sans se poser la question, on se laisse emballer par la musique et le public nous le rend très bien.

Adrien : On est en train de composer le deuxième album et on est partis sur des effets d'ambiance qui vont plus vers du Massive Attack, ce genre de choses. Cela permet de souffler un peu, calmer le jeu puis de relancer la dynamique juste après. C'est le créneau qui nous parle le plus. Les gens ont l'air ravis de revenir aux années 2000's, leur style de l'époque etc.

Au niveau de la création, comment ça se passe ?

Adrien :
Généralement c'est Kuff qui vient avec un riff, qui nous parle ou pas, et puis on essaie de réfléchir à la rythmique et aussi à la meilleure manière de caler la voix. Tout le monde influence un peu tout le monde, mais ça vient surtout de Kuff au départ. Certaines chansons sortent en trente minutes parce que ça a fonctionné tout de suite. D'autres peuvent prendre des mois !

Kuff : On a appris à se connaître et à communiquer entre nous.

Adrien : Kuff a du matériel qui permet de travailler à distance de manière super pro.

Kuff : Parce qu'on en a marre de se voir ! (rires)

François : Le premier album avait pris énormément de temps. D'abord, on essaie de composer mais on fait d'autres choses aussi.

Votre objectif pour le moment, au delà de cet album en phase de développement, c'est quoi ?

Kuff :
C'est vraiment de faire un maximum de concerts, et de sortir un peu de Liège.

Adrien :
Trouver des concerts, c'est compliqué. Mais c'est vraiment ce qui nous anime. On ne compte pas défendre le futur album car on pense que le premier a toujours beaucoup de choses à dire. On l'a beaucoup défendu ici à Liège, mais on vendrait le voir en Flandre et à l'étranger.

D'ailleurs, c'est une question qui revient souvent. Au niveau de la culture musicale essentiellement en Wallonie, comment vous vous positionnez ? Des petites structures comme le Loud Clash vous permettent d'évoluer par exemple.

Adrien :
Cet événement c'est une première pour nous malgré qu'on essaie depuis longtemps. C'est compliqué, il y a énormément de groupes. Aussi, on a déjà fait des scènes, on est déjà connus donc on nous prend pas vraiment sur ce genre de créneau.

Kuff : On est un peu coincés entre deux niveaux, le débutant et le ''qui marche'' et c'est pas facile à défendre.

Adrien : On touche un public plus large que le metal je pense, qui plaît à monsieur et madame tout le monde mais aussi à ceux qui aiment le metal. Cela dit, certains voient le terme ''nu-metal'' et refusent de nous programmer, parce qu'ils pensent que c'est trop rock alors qu'on plait à un large panel de gens. A l'inverse, on n'est pas assez metal pour d'autres structures. C'est un problème qui se règle quand les gens viennent nous voir ! Ils voient ce que ça donne. Mais c'est pas facile de faire ''voyager'' les wallons. Les Flamands et les étrangers sont plus enclins à faire des kilomètres pour voir de la musique qu'ils aiment. ça je trouve que ça manque beaucoup en Wallonie et notamment à Liège. En Flandre, la politique etc apporte plus de soutien au culturel et le public suit. Ici c'est vraiment compliqué. J'ai l'impression que c'est plus facile de jouer en Flandres et c'est pour ça qu'on aimerait vraiment y jouer.

Vous manquez de contact ?

Kuff :
On marche beaucoup au bouche à oreille. Les gens nous donnent des noms, ils en parlent à des potes etc.

Adrien : Et on fonctionne de manière autonome, sans booker, donc c'est plus difficile.



Concernant samedi, qu'est-ce-qui pourrait faire la différence par rapport aux autres ?

Kuff :
Clairement, l'énergie ! C'est devenu quelque chose que les gens attendent.

Adrien : Si on est dans le thème Loud Clash, faut envoyer du pâté. Choper le public, sans jouer un rôle. On a une demi heure, c'est chaud mais ce sera un échantillon et ce serait bien que les gens restent sur leur fin en mode ''on aurait voulu qu'ils jouent plus longtemps!''

François : On a quand même la chance de travailler avec une équipe, un ingé son qui nous suit partout etc. On a des aides super sympas, pour le merch aussi etc. Des gens qui sont fans du projet et des personnes que nous sommes !

Kuff : Là où on était trois avant, on est toute une équipe maintenant et ça nous rend de plus en plus pro. Beaucoup de groupes n'ont pas cette chance et on s'en rend vraiment compte.

Vous serez entourés de groupes très différents du vôtre. Qu'est-ce-que vous pensez du paysage musical en Wallonie ? On voit qu'il y a beaucoup de choses qui se font mais vous, vous avez des inspirations ?

Adrien :
Il y a Empty Head
Empty Head


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par exemple, un groupe de rock liégeois, un peu psyché. Très bien produit et pour avoir joué avec eux, c'est vraiment super chouette. On peut citer The Flynts aussi. Il y en a plein ! Sur Liège, par rapport à ma salle du Primitive, il y a énormément de rock et de metal, mais pour le jazz par exemple, c'est pas super développé. Ca l'est beaucoup plus à Bruxelles ou à Anvers.

François : à Liège il y a vraiment énormément de propositions. Mais la fermeture de certaines salles comme le Garage ça n'aide pas vraiment. Il faut alors jouer dans les cafés mais c'est pas vraiment super valorisant. Mais on va pas jouer à la Zone toute l'année ! (rires)

Adrien :
Pour jouer, il faut bouger. Notre prochain step c'est celui-là. On y tient vraiment.
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