Interview

BOCKREITER

« Nous ne nous sommes rien interdit. »


Vendredi 8 mai 2026

Le 13 mai prochain, les Liégeois de Bockreiter
Bockreiter


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seront sur la scène de La Zone pour présenter leur premier album intitulé « Spirits of the Swamp ».
Entre légendes des « Chevaliers du Bouc », atmosphères marécageuses et underground, Philippe (voix/basse) nous ouvre les portes de l’univers Bockreiter où se mêlent doom pesant et noirceur black metal.



Crédit photo: Philippe Black

Hello, comment ça va ?
Ça va plutôt bien. Notre album « Spirits of the Swamp » sortira dans quelques jours sur le label abstruse.eerie.radiance (Oldd Wvrms
Oldd Wvrms


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, Humanitas Error Est
Humanitas Error Est


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, Lebenssucht
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, etc.). Pour l’instant, nous prenons notre pied en préparant le concert du 13 mai. Nous avons hâte de retourner sur scène, d’enfin présenter cet album et de jouer pour la première fois à La Zone !

Peux-tu présenter brièvement les membres du groupe ?
Alors, Oli (guitare) et moi (voix/basse), nous nous sommes rencontrés il y a bien longtemps à Eupen. Nous nous sommes retrouvés à jammer dans un garage, après quoi on s’était dit qu’on formerait bien un groupe. Il aura fallu vingt ans pour qu'on se retrouve.
Entretemps, nous avons joué dans différents groupes avant de finalement nous retrouver en 2018 pour former Bockreiter
Bockreiter


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. Oli a notamment joué avec Séb « M. Il » (batterie) dans Spectre. Les deux se connaissent depuis longtemps. Fred (guitare/backings), qui nous a rejoints trois ans plus tard, est l’homme derrière Absolutus
Absolutus


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; il chante aussi dans Excavated
Excavated


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. Il avait recruté Oli pour son projet et a fini par devenir également un Bockreiter.

Vous êtes donc une bande de voleurs qui a conclu un pacte avec le diable ? (rires)
Les nouvelles vont vite, je vois. Mais c’est un pacte secret, donc il ne faut pas trop l’ébruiter ! Nous agissons dans l’underground !

Le nom Bockreiter renvoie à une légende locale du nord-est de la Belgique. En quoi est-ce une source d’inspiration pour vous ? En quoi fait-elle sens avec votre univers musical ?
J’étais tombé sur la légende des « Chevaliers du Bouc » ou des « Verts-Boucs » (Bockreiter en allemand, Bokkerijders en néerlandais) lors de recherches historiques, il y a environ vingt ans, et je m’étais dit que ce serait un bon nom de groupe ! Il s’agit donc de bandes de brigands qui agissaient tout au long du 18ème siècle en Pays d’Outre-Meuse et un peu au-delà. Si l’on prend les frontières politiques actuelles, ils étaient actifs dans les régions limitrophes entre la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne (Campine, Limbourg, nord-est de la province de Liège, région d’Aix-la-Chapelle et de Herzogenrath).
Dans l’imaginaire populaire, ces malfrats avaient forgé un pacte avec le diable, qui leur fournissait des boucs leur permettant de se déplacer pendant la nuit à travers les cieux. Certains ont d’ailleurs été condamnés pour sorcellerie et pendus ! Ceci est à la base des paroles de « Through the Veil », par exemple, où un Bockreiter est pendu à un arbre perdu au milieu des Fagnes. Il est en train d’agoniser dans le froid hivernal et le morceau raconte ses derniers instants de vie. « Fires in the Fens » évoque les esprits de Verts-Boucs exécutés, dont les corps ont été largués dans les marécages des Fagnes. Sous forme de feux follets, ils reprennent vie pour venir se venger.

Bockreiter
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a vu le jour en 2018. Quelles étaient les motivations, à cette époque ? Sont-elles toujours les mêmes, en 2026 ?

Figure-toi qu’en 2018, Oli et moi avons eu la même idée en même temps ! Nous voulions former un groupe de black/doom, qui se situait un peu à la croisée de groupes comme Samaël
Samaël


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, Celtic Frost
Celtic Frost
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et Paradise Lost
Paradise Lost


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. Avec « M. Il », nous avons immédiatement formé un trio solide. Bockreiter était né.

« Nous avons tous baigné dans le doom, le black et le metal gothique des années 1980 et 1990. Mais il était clair, dès le départ, qu’on allait créer notre propre répertoire. Cela partait d’une envie profonde, qu’on avait peut-être en nous depuis longtemps. »

Là, nous étions les bonnes personnes, qui se retrouvaient au bon moment ensemble. Et cela a continué quand Fred nous a rejoints pour enrichir le groupe.
En 2026, cette envie de créer de la musique, de la fixer sous forme d’album et de la partager est toujours là. C’est cette envie qui demeure notre motivation première. Nous prenons notre pied en jouant live, que ce soit dans notre local, ou devant un public.



Quelle est votre routine de travail par rapport aux compos, aux répèts, etc. ?

Je pense que tu auras remarqué que nous sommes en partie assez old school. Cela se remarque d’ailleurs dans notre « routine de travail ». Nous avons chacun notre manière de fonctionner, certains sont plus proches des outils numériques que d'autres, mais les morceaux ne prennent vraiment forme que dans le local de répèt’. C’est là que nous les façonnons. Nous aimons nous retrouver (généralement une fois par semaine) pour répéter ou composer, sentir le son physiquement, les vibrations des amplis, des peaux de la batterie et des voix. Une bonne répèt’, c’est un peu comme un bon concert : ça nous rebooste.

Le 13 mai prochain, vous serez sur la scène de La Zone pour présenter votre premier album intitulé « Spirits of the Swamp ». Que peut-on déjà savoir de cet album ?

Nous avons travaillé avec Déhà
Déhà


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au Blackout Studio à Bruxelles. Il nous avait vus sur scène au Magasin 4 lorsqu’on a partagé l’affiche avec Wolvennest
Wolvennest


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. La majorité des morceaux était déjà prête à ce moment-là. Les personnes qui nous ont vus ont donc découvert une partie de l’album en live.

« Nous avons fini par accoucher de plus de 70 minutes, et l’ensemble est assez varié. Ceci est lié au fait que nous sommes plusieurs à composer et que nous ne nous sommes rien interdit. En fait, quasiment toutes nos idées ont abouti à des morceaux. Il y a des riffs de black metal, des morceaux bien doom, lourds et lents, des passages plaintifs ou des invocations. »

On retrouve sur l’album les morceaux de la démo, en versions réenregistrées, les autres morceaux que nous avons déjà joués en concert, un instrumental acoustique et deux morceaux plus longs qui ont pris leur forme finale en studio : « Fires in the Fens », que je mentionnais un peu plus tôt, et « The River », qui conclut l’album en apothéose.

Pourquoi inviter plusieurs musiciens à vous rejoindre sur certains morceaux ?

Il y a essentiellement deux raisons : En allant en studio, nous savions qu’il y avait deux-trois passages à peaufiner. Et nous savions que Déhà
Déhà


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allait facilement pondre ce que nous avions envie d’entendre. En même temps, nous avons demandé à deux autres guitaristes amis de poser des leads sur deux morceaux. À Liège, Oli et Fred ont demandé à Aubry (Excavated
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) de proposer un solo alternatif à la fin de « Revenge ». Pas que nous n’aimions pas la version initiale d’Oli. C’était plutôt une question d’apporter plus de variété, d’avoir un autre type de solo. Et Aubry, en tant que guitariste chevronné, était un choix évident pour nous. Ceci vaut aussi pour Michel Kirby (Wolvennest
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, Satanic Witch
Satanic Witch


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, La Muerte
La Muerte


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, etc.), qui apprécie beaucoup ce que nous faisons et qui a soutenu Bockreiter dès la sortie de notre démo. Cette appréciation est d’ailleurs mutuelle, car nous nous sommes sentis honorés et demeurons très reconnaissants d’avoir pu jouer juste avant Wolvennest
Wolvennest


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dans un Magasin 4 plein à craquer, il y a quatre ans. Michel était donc la personne idéale pour venir compléter la partie un peu psychédélique de « Fires in the Fens ».



Si je ne me trompe pas, ça fait un petit temps que vous n’êtes plus montés sur scène. Une raison particulière à ça ?
En effet. Après notre concert en décembre 2023, nous avions décidé de nous concentrer sur la préparation des morceaux pour les enregistrements en studio et sur la sortie de l’album. Cela a pris plus de temps que prévu, parce que nous étions hésitants concernant certains choix. Mais je pense que cela fait partie du processus et c’est là que beaucoup de groupes finissent par se perdre, par diverger et splitter. Mais nos expériences de vie respectives, nos personnalités posées et notre manière de fonctionner nous ont permis de ne pas nous disputer et de prendre le temps de réfléchir avant de poser nos choix. Nous sommes finalement arrivés au bout et satisfaits du résultat.

Liège a une scène underground assez riche. Comment vous situez-vous par rapport à elle ?
Liège a (tout comme Bruxelles, Gand, Anvers ou beaucoup d’autres grandes villes) effectivement une scène underground assez riche, et c’est une excellente chose ! Nous faisons partie de l’underground, oui. Nous répétons à Liège, trois membres du groupe habitent à Liège ou tout près. En même temps, moi, en tant que Bruxellois, j’ai logiquement plus de connexions dans la capitale, bien que j’aille aussi voir des concerts à La Zone ou au KulturA, ou encore ailleurs.

« Pour être tout à fait honnête, nous ne nous préoccupons pas de « notre place » dans une certaine scène locale, et nous ne nous comparons pas aux autres groupes. On fait notre truc, la musique qui nous plaît, qui sort de nos tripes, et c’est tout. »

Nous n’éprouvons pas le besoin de devoir nous « situer » dans cette scène. Ce sont plutôt les journalistes qui le font, avec un regard plus analytique, ou encore les organisateurs de concerts, lorsqu’ils cherchent un groupe « local ». Ceci nous a d’ailleurs permis, à la demande du Collectif Mental, d’ouvrir pour des groupes comme White Ward
White Ward


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, Lamp of Murmuur
Lamp of Murmuur


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et Devil Master
Devil Master


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. Ce qui était génial !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Disons que le concert à La Zone sera une grande fête et que d’autres dates suivent bientôt.
La collaboration avec notre label abstruse.eerie.radiance nous a permis de sortir l’album en digipack. Le résultat est vraiment superbe et nous en sommes très contents. Peut-être que quelqu’un sera un jour intéressé par une sortie de l’album en vinyle. Comme il fait plus de 70 minutes, il a fallu faire l’impasse là-dessus dans un premier temps. Les coûts de production auraient été trop importants.

Vous voulez ajouter quelque chose, pour conclure ?
Eh bien, merci pour cet entretien et de soutenir activement l’underground belge ! Je pense que Shoot Me Again est un webzine important pour la scène. Nous nous verrons donc le 13 mai à La Zone, en compagnie de Pothamus
Pothamus


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et de À Terre
À Terre


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. A nouveau deux excellents groupes avec qui nous avons le plaisir de partager l’affiche !


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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière ve...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en ju...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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