Reportage

Liège Metal Fest - Springbreak 2026 : Entre envolées atmosphériques et déferlantes violentes

Grâce-Hollogne (Les Lilas), le 25-04-2026

Mercredi 6 mai 2026



Depuis 2 ans maintenant, Liège est devenue l’une des villes les plus attractives de Wallonie concernant les évènements Metal. Bien qu’elle ne soit pas la seule à en proposer, j’ai l’impression que les différentes associations qui y opèrent, se sont toutes données comme mission de programmer la meilleure affiche possible. Entre les venues de grosses pointures comme A Day To Remember, Trivium, Enter Shikari et Eyehategod ; les différentes dates de pépites plus undergrounds comme Gravekvlt, Eyes et Alta Rossa ; ou encore la tenue de nombreux festivals comme le Deathtoberfest, le Dark Dungeon Festival et même prochainement le Desertfest, on peut dire qu’il y a le choix !

Dans cette course effrénée à la meilleure programmation, on retrouve dans la liste des participants l’équipe de La Torgnole qui, après avoir organisé le Liège Hardcore Summer Fest l’année dernière, se lance dans les affiches Metal avec le Liège Metal Fest – Springbreak. Normalement prévu au mois de janvier, le festival s’est heurté à pas mal de problèmes (notamment l’annulation de sa tête d’affiche) et a dû être reporté à deux reprises, avant de finalement pouvoir prendre place ce samedi 25 avril. Délocalisé à Grâce-Hollogne à la suite de l’indisponibilité du lieu habituel à Flémalle, l’évènement a trouvé refuge dans la salle « Les Lilas » qui était autrefois le cinéma du coin. Un lieu original et spacieux que je découvre pour la toute première fois. Au niveau de l’affiche, nous avons droit à un line up uniquement composé de groupes belges et dont les styles sont riches et variés (Death, Black, Post, Alternatif, etc.). Maintenant que vous connaissez un peu mieux le contexte, plongeons sans plus attendre dans cette première édition du Liège Metal Fest et découvrons ce qu’il s’y est passé.

The Guts | (16h00 – 16h40)



Les hostilités se sont ouvertes à l’heure prévue par le groupe The Guts
The Guts


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, que je ne connaissais absolument pas. Armé d’un Thrash / Groove Metal lourd et saisissant, la formation nous a déployé toute sa maîtrise technique durant presque 40 minutes, bien aidée par des compositions efficaces et des refrains faciles à reprendre. Sachant qu’ils ont sorti, quelques jours auparavant, une nouvelle démo nommée The Guts (2026), la setlist s’est articulée autour de celle-ci avec notamment les chansons « Because I’m Sick », « I’m The One » ou encore « The News » que j’ai bien appréciées. Loin des carcans modernes du style, The Guts
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a préféré opter pour des sonorités old school qui m’ont fait penser à du vieux Machine Head. D’ailleurs, j’ai trouvé que la voix éraillée du chanteur allait autant piocher chez Robb Flynn que chez Phil Anselmo, pour un rendu qui collait bien avec l’ambiance générale des morceaux. Au final, même si le public était encore peu nombreux en ce début de festival, les curieux présents ont pu gentiment profiter d’un concert d’ouverture sympathique et qui a largement fait le taf.

Divine Torment | (17h10 – 17h50)



On monte ensuite d’un cran avec les Liégeois de Divine Torment
Divine Torment


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que je retrouve sur scène pour la première fois depuis leur prestation au concert d’adieu de Dawnbreath, il y a maintenant 2 ans. Je me rappelle que j’avais plutôt bien accroché à leur Death Metal Mélodique et, sans surprise, ça va encore être le cas aujourd’hui. Portées par des leads mélodiques somptueux, les chansons nous font voyager dans le froid de Göteborg et ne sont pas sans rappeler les cadors du genre comme Dark Tranquillity, In Flames et surtout At the Gates. Entre un « Carnage is Done » aux relents presque Doom et un « Tiger » dédié à tous les tigres dans la salle, le groupe va nous interpréter une nouvelle chanson qui n’a encore jamais été jouée en live et que l’on va pouvoir retrouver sur un futur EP prévu pour l’automne prochain. Celle-ci est plutôt chouette et conserve l’identité Divine Torment
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avec son lot de riffs assassins et des mélodies mises au premier plan. Après la très cool « There’s No End in Sight », le set touchera doucement à sa fin avec comme dernier morceau, une cover de « Blinded By Fear » de… At the Gates, justement. Un bon concert mêlant hommage et nostalgie, et dont l’efficacité aura été plus que redoutable.

Wondjina | (18h20 – 19h00)



Wondjina
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! Voilà, une autre formation dont je ne connaissais rien à la discographie, mais qui a su attirer mon attention lors de mes écoutes découvertes en amont du festival. Formé en 2000 dans notre chère Cité Ardente, le groupe pratique un Nu Metal qui pioche des idées autant dans le Metal Alternatif, que dans un Hard Rock survitaminé. On retrouve même quelques breaks Hardcore pour arriver à un mélange éclectique qui sent bon les premières années du millénaire. Et justement, quoi de mieux pour nous chauffer que de balancer des gros power chords en ouverture et ainsi, permettre à tout le monde de headbanger avec puissance. Durant tout le set, Wondjina
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ne va pas nous lâcher une seule seconde et tentera, tant bien que mal, de motiver le public à se déchaîner dans la fosse. Malheureusement, malgré tous leurs efforts, ça ne marchera pas. Pourtant, on ne peut pas dire que les différents riffs soient dépourvus de hargne, que du contraire ! Quoi qu’il en soit, ça ne démotivera pas les musiciens qui, de leur côté, donnent tout sur scène. Ils termineront leur chouette concert en nous gratifiant de deux nouvelles chansons qu’ils n’avaient, jusqu’à présent, jamais joué en live. Au moins comme ça, on ne pourra pas dire qu’ils ne nous ont pas gâtés.

PVRS | (19h30 – 20h05)



Après avoir commencé le festival par trois groupes rendre-dedans, la seconde moitié de l’affiche se focalise sur trois groupes mettant à l’honneur l’introspection et les atmosphères prenantes. Pour ouvrir le bal, faisons place à PVRS
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et son Post / Doom Metal lent et chirurgical. Longtemps composée de deux membres (Jean-Pierre à la guitare, à la basse et au chant et Twan à la batterie), la formation a accueilli, il y a quelques mois, Nicolas à la guitare. Maintenant sous la forme d’un trio, les Bruxellois sont, en tout cas, très forts pour instaurer une ambiance pesante et mystique dans la salle, grâce à un épais nuage de fumée qui recouvre la scène. Dès les premiers riffs, on plonge, sans réfléchir, dans leur univers et je me sens directement emporté au plus profond de moi-même. Le voyage est contemplatif et alterne entre des passages sombres et douloureux, et des moments lumineux qui viennent comme nous chercher au fond du gouffre. Le chant puissant de Jean-Pierre est tout aussi captivant et ajoute une pierre supplémentaire à la réussite de ce concert. D’ailleurs, c’est la première fois que je les vois sur scène et très franchement, je ne m’attendais à autant apprécier ce show qui m’a absorbé autant qu’il m’a libéré. Au bout de 35 minutes qui sont passées à la vitesse de la lumière, les musiciens nous remercient d’avoir été là et quittent la scène à l’image de leur prestation, avec classe et sobriété. Juste bravo !

Räum | (20h40 – 21h25)



Un peu plus de deux mois après leur concert au Metal Ardent : All-Stars, je recroise la route des Liégeois de Räum
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et leur Post Black Metal hyper intense, et ce, en ayant toujours en tête la claque que je m’étais prise la dernière fois. Entre noirceur et possession, ce concert n’avait laissé personne indifférent et j’espérais bien revivre le même genre d’expérience ce soir. Sachant qu’ils n’ont rien sorti depuis, je ne m’attendais pas à assister à une prestation foncièrement différente et pourtant, quelques éléments vont davantage me marquer cette fois-ci. Toujours porté par un Oli diabolique et totalement animé au micro (à tel point qu’il malmène ses comparses en les poussant et en leur tirant les cheveux), le groupe enchaîne les blasts dans une salle enfumée qui a des airs de Pandémonium. Grâce à un jeu de lumière immersif et épileptique à souhait, je m’imbibe de cette musique autant cathartique que déchirante. Et je ne dois pas être le seul, car le reste du public semble être autant déboussolé que moi par ce mur du son qu’on se mange en pleine poire. Heureux d’avoir pu entendre « A Path to the Abyss » de leur dernier album, Emperor of the Sun (2025) et surtout, « Curse By the Crown » qui est toujours leur chef-d’œuvre ultime, selon moi. Un excellent concert qui me conforte à l’idée que Räum
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est aussi bon sur album qu’en live.

Hippotraktor | (22h00 – 23h00)



Nous voilà enfin arrivés à la tête d’affiche du soir, les Malinois de Hippotraktor
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et leur Post Metal Progressif riche en émotion. Sans aucun doute l’une des formations belges qui s’exporte le mieux ces dernières années, elle arrive à Grâce-Hollogne avec l’objectif de nous terminer une bonne fois pour toutes. Mais avant d’en arriver là, le groupe va se heurter à quelques petits problèmes techniques qui pousseront l’ingé son à multiplier les allers-retours vers la scène. Une fois réglés, c’est parti pour une heure de nuque qui craque et d’envolées atmosphériques du plus bel effet. Malheureusement, les premiers morceaux vont être accompagnés de bruits parasites qui vont agresser nos tympans, mais qui finiront par totalement disparaître après quelques minutes. A l’image des deux groupes précédents, la musique proposée tend vers l’éveil de nos émotions les plus profondes et y arrive grâce à des passages construits de telle sorte, qu’on alterne entre des moments de flottement et de pure tempête.

Des morceaux comme « Mover of Skies » ou « Silver Tongue » bifurquent même vers le Djent avec des breaks finaux pour lesquels, il est impossible de rester stoïque. Bien mouvant sur la scène, Stefan (chant) a la particularité de chanter de profil et de taper, quelques fois, sur des tambours à côté de lui. Une configuration qui m’a surpris de prime abord, mais de laquelle, j’ai senti se dégager une énergie folle, surtout en voyant Stefan gesticuler au rythme de la musique. Le concert prendra fin sur « Beacons » et son final, une nouvelle fois, totalement dévastateur. C’était la première fois que je les voyais sur scène et vu à quel point j’ai été aspiré du début à la fin, ça ne sera clairement pas la dernière. Hippotraktor
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a fait honneur à son rôle de tête d’affiche et repart, sans aucune contestation, avec le titre de concert du festival.

C’est donc ici que se clôt cette première édition du Liège Metal Fest qui a été marquée par des bonnes prestations durant toute la journée. La salle, spacieuse et bien agencée, a fait le taf, même si le son allait un peu trop fort par moments (notamment lors des premières prestations). De son côté, le public a été plutôt réservé tout du long, mais on ne peut pas lui en vouloir, sachant qu’une partie de l’affiche ne se prêtait pas à la bagarre. En tout cas, on peut féliciter La Torgnole d’avoir quand même réussi à organiser l’évènement malgré toutes les embûches et on se donne rendez-vous au mois d’août pour le Liège Hardcore Summer Fest.

Remerciements à La Torgnole pour l’accréditation.
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AUTEUR : Maxime
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sou...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant d...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....

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