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Pourquoi avoir décidé, l'année dernière, de lancer une soirée de concerts metal? Ça répond à quel manque/constat?
La première raison c’est le confinement. Les vidéos de sessions live en streaming affluaient de partout sur les réseaux mais on voyait bien qu'il y avait une grosse perte d'intérêt de la part du public. De plus, les rares concerts autorisés, quand il y avait une baisse des cas, l’étaient généralement en configuration assise, par bulles, etc. La plupart des lieux de concerts ont donc privilégié des styles qui se prêtaient mieux à ce genre d'exercice, à savoir du jazz, classique, pop, etc. Je trouvais dommage de délaisser les styles plus costauds comme le metal, hardcore, punk, etc.
La deuxième raison c'est que sur Charleroi, excepté le MCP Apache à Fontaine qui fait un excellent boulot depuis des années, et après la fermeture du Colisée, du bar des Anges, du 34, etc. la scène metal manque de lieux où elle peut s'exprimer.
Le metal a t-il une place dans les concerts en Wallonie?
Bien sûr! Le metal a toujours été présent en Wallonie et dans la région. J'ai d'ailleurs pas mal de souvenirs de mon adolescence comme le Nam'rock quand j'avais 16 ans, la scène hardcore du Black Land Crew à Charleroi, le Pacrock qui proposait une belle scène aussi. Je pense juste que, comme pour les autres styles, on ne fournit pas assez de vitrines aux jeunes pour s'exprimer, jouer, évoluer et ensuite pouvoir s'exporter. La Flandre a des groupes qui tournent partout en Europe, voire dans le monde (Amenra, Brutus, Oathbreaker, Aborted, Stake, etc.) mais pas nous. Pourtant, il y a une demande et, depuis la première édition, je reçois énormément de mails de groupes locaux pour venir jouer au Rockerill.
Comment s'est passé la #1? vous avez amélioré/fait évolué des choses?
Une grande réussite! Nous étions limités à 200 personnes en configuration assise dans la grande salle mais une partie du public s'est levée à quelques reprises pour pogoter. Nous avions programmé trois groupes locaux (LOV, Absynth, Unbeliever) qui venaient de sortir un EP ou un album pendant le confinement. C'était l'occasion de leur proposer une sorte de release party commune et ça a fonctionné.
Que peut-on dire sur l'affiche de cette année? Comment sélectionnez-vous les groupes?
On garde le même principe, à savoir faire jouer des locaux. Pour cette édition, on a choisi le groupe stoner carolo The Guardians qui est de retour avec un nouveau projet. La découverte est également importante avec de nouveaux groupes comme Ice Sealed Eyes. Ils viennent de sortir un excellent premier LP ''Solitude''. En plus, le chanteur est de Charleroi donc on reste dans le local. On s'est permis une petite folie avec la tête d'affiche Doodseskader, le nouveau projet sludge de Tim de Gieter (Amenra, ESSLY) et Sigfried Burroughs (The K., Kapitan Korsakov). C'est marrant parce qu'en Flandre, ils se sont déjà construits une grosse réputation en quelques mois avec un seul album alors qu'ici ça reste encore peu connu. C'est toujours intéressant de garder ce lien avec le nord du pays, ça permet aux groupes d'échanger en backstage et pourquoi pas de créer des liens.
J'essaye aussi de garder l'ADN du Rockerill dans la programmation, à savoir ne pas rester bloqué dans un genre précis. Ça parait anodin mais c'est un sacré défi de rassembler un public qui va venir écouter du stoner, du metalcore, du sludge et j'en passe. On aime bien faire sortir les gens de leur zone de confort!
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