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Le Warzone : 3 ans de jeux d'arcade, de metal et de bières

Comment ce rêve d'enfant un peu dingue a-t-il pu rencontrer un tel succès ?


Samedi 24 mars 2018

En mars 2015, ouvrait le Warzone, nouveau bar axé rock, metal et jeux vidéos dans le centre de Liège. Un bar metal de plus, qui tiendrait sûrement 6 mois et fermerait comme tous les lieux alternatifs de la cité ardente. Wait what ? Trois ans plus tard, le Warzone est toujours là, frais comme au premier jour avec la volonté d'aller encore plus loin. T'es de Liège (ou pas loin) et tu ne connais pas le Warzone ? On va arranger ça.



Erik : Quand vous avez lancé le Warzone il y a trois ans, quelle idée de départ ?

Lio : En fait à la base ce qu’on voulait faire c’était une salle de concert puis on s’est vite rendus compte que dans le centre de Liège si tu n’avais pas un accès parking c’était vraiment compliqué, puis comme on voulait quand même une grosse salle les choses devenaient vite compliquées. Puis on est repartis sur un autre projet, on s’est demandés « qu’est-ce qu’on a toujours bien aimé ? » et là on mis ensemble les jeux vidéo, le cinéma, la culture geek en général, le rock, le metal, donc pourquoi pas mixer tout ça dans un commerce ! Donc au final quoi de mieux qu’un bar pour mixer la musique, picoler un petit coup et jouer !

Jordan : L'idée c'était vraiment de travailler dans un cadre qui nous correspondait et qu'on aimait ... je pense que le park est réussi car on dirait vraiment une chambre de petit garçon !
Avec l'alcool en plus évidement.

Erik : Du coup, au niveau bar « metal » c’est loin d’être le premier, et ce qui vous a vraiment différencié dès le départ c’est les bornes d’arcade que vous avez installées. Comment êtes-vous venus sur l’idée et comment ça se passe pour dégotter des machines comme ça ?

Jordan : Ca reste une recherche permanente sur le net, car c'est de la seconde main, et avec le phénomène de mode qui revient autour d'elle cela devient plus difficile d'en dénicher et surtout plus cher aussi car cela a pris beaucoup de valeur en peu de temps.

Lio : Bin c’est moi qui m’occupe de ça, puisque je collectionne le retrogaming depuis 10 ans, c’est vraiment une passion ! Et les salles d’arcade et les luna park ça n’existe plus, en tout cas en Wallonie. En fait ils ont augmenté la taxe et en Wallonie a tellement pété dans les scores que ces commerces n’ont plus su tenir… ça pouvait monter jusqu’à 3500€ par machine et par an. Du coup, voilà pourquoi on les fait gratuitement. Elles sont mises à disposition des clients on ne paie pas de taxes dessus du coup. C’est vraiment une plus-value sur l’établissement ! Ce sont des machines d’occasion. On est partis en France, en Pologne, on est repartis en camion, on s’est fait des week-ends… c’était amusant. On change relativement souvent les machines puisque vu qu’elles sont d’occasion et que les clients ne sont pas toujours très délicats…

Erik : … surtout en fin de soirée !

Lio : Surtout en fin de soirée oui ! Du coup, on a quelqu’un qui s’occupe de la réparation des machines et qui vient toutes les semaines. Evidemment, ce sont nos machines, plutôt vieilles en plus, donc ça demande de l’entretien. En gros, c’est un peu comme avoir un jeu de fléchettes. Mais je préfère avoir un Time Crisis qu’un jeu de fléchettes, c’est plus sympa !

Jordan : Ce n'est pas évident de gérer avec la vétusté des machines car des milliers de gens sont peut être passés dessus avant qu'on ne les rachète (dans des foires ou des Lunapark) il est déjà arrivé que l'on doive commander des pièces aux États Unis ou en Nouvelle Zélande !





Erik : Et du coup, c’est vraiment sur plusieurs axes différents puisqu’on sent qu’il y a une grosse culture metal derrière, par la musique qui passe, par simplement vous-même aussi ; et alors l’axe des bornes d’arcade sur lequel vous jouez beaucoup. Donc le fait d’avoir ces deux axes bien distincts, cela ne crée pas une clientèle trop ciblée, vous avez quand même des clients qui ne viennent que pour les arcades et qui ne sont pas forcément metal, ou inversément ?


Lio : Oui, justement on a des gens qui ne viennent que jouer ! Bon évidemment le client se doit de consommer, c’est mis à disposition des gens qui consomment évidemment. Du coup, évidemment on a beaucoup de metalleux, beaucoup de rockers, beaucoup de gens qui viennent seulement jouer, et pour eux la musique qui passe ne les dérange pas puisque dans le fond, la musique qui passe c’est la musique des bornes donc ils n’entendent pas spécialement la musique qui passe. Après, on n’est pas non plus ciblés ultra-metal ou metal extrême ! On passe plutôt du soft metal, du glam du heavy ou du metalcore de temps en temps, beaucoup de stoner, beaucoup de hard rock années 70… On est souvent catégorisés « bar metal », je préfère dire qu’on est un « bar rock » parce que ça peut rebuter un peu les gens, alors qu’on a une population très diverse ici, on n’a pas que des gros barbus tatoués en cuir. On a justement un peu de tout et c’est ça qui est plaisant justement !

Jordan : Je pense qu'il y a aussi le côté cinéma et Pop Culture 80/90 qui fédère assez bien le public et qui fait qu'au final tout le monde s'y retrouve quelque part et s'ouvre ensuite au reste des influences présentes. Je pense qu'un mec s'en fout de ne pas apprécier un Parkway Drive
Parkway Drive


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qui passe alors qu'il est en admiration devant un Han Solo dans la carbonite en taille réelle !



Erik : Et quand vous avez lancé l’idée au début, c’est ce à quoi vous vous attendiez au niveau clientèle, succès etc. ?

Lio : Bin en fait non ! Je suis tombé sur ce bâtiment via une ancienne collègue quand je travaillais au Pot-au-Lait juste avant d’ouvrir ici et je suis tombé amoureux de l’endroit.

Erik : C’était quoi ici avant ?

Lio : Avant c’était assez particulier, c’était une épicerie bio-orientale bar à chichas restaurant !

(rires)

C’est pas une blague hein ! Et encore avant, c’était un restaurant italien. Je suis vraiment tombé amoureux de l’endroit qui était totalement vide, il n’y avait vraiment rien du tout à part les moulures au mur et on trouvait que c’était parfait au niveau taille. Sauf qu’au final on trouve ça un peu petit. Car quand on fait des grosses soirées ou des événements, on ne s’attendait pas à une telle fréquentation. Donc si c’était à refaire j’aurais peut-être pris un endroit un peu plus grand.

Erik : Donc vous êtes un peu victimes de votre succès ?

Lio : (hésitant) Oh j’aime pas trop cette expression, c’est un peu… Oui, on va dire que oui !

(rires)

Jordan : Surtout on ne réalise pas vraiment... c'est notre quotidien donc on ne verra jamais notre propre bar comme un inconnu qui le découvre pour la première fois et s'en émerveille.



Erik : Et vous me parliez des certains gros évènements et de soirées spéciales, qu’est-ce que vous faites comme soirées spéciales par exemple ?

Lio : La toute première qu’on avait faite, c’était le 21 octobre 2015, quelques mois après l’ouverture, c’était pour l’arrivée de Marty McFly. On avait une grosse soirée « Retour vers le futur », on avait mis une DeLorean devant le bar qu’on avait louée à un entrepreneur suisse qui fait dans ce qui est véhicules de films, camionnettes de Jurassic Park etc. Les soirées Halloween ou Nouvel An ça marche toujours bien aussi. On fait toujours aussi les afterpartys des avant-premières de cinéma avec ToysPlanet qui est notre partenaire situé rue de la Régence. Donc toutes les afterpartys des sorties de blockbusters comme les Marvel, les DC etc. se font toujours ici, on fait les soirées Star Wars chaque année le 4 mai (NDLR : May The 4th hein), le Alien Day le 26 avril comme « LV-426 » grosse référence geek, on a fait la Saint-Patrick évidemment.

Et ce samedi on fête nos trois ans, pour l’occasion on va avoir deux DJ rock qui sont déjà venus mixer ici : Ricky Barlows et Max WellJump d’Eagles Road
Eagles Road


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, respectivement le guitariste et le claviériste du groupe. Ils mixent toujours tout ce qui est glam etc. Bon Jovi, Whitesnake… et également pas mal de synthwave. On est assez fans de synthwave, on est allés voir Carpenter Brut
Carpenter Brut


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avec les gars d’Eagles Road
Eagles Road


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donc ça colle très bien aux années 80, il y aura du stoner, il y aura du heavy, il y aura de la synthwave, et on aura aussi des hôtesses Fireball. ça c’est très très sympa, il y en a beaucoup en Flandre mais jamais par ici. Et pour le Fireball, comme on est le plus gros débit de Fireball de Wallonie, ils nous font ce petit cadeau. Donc elles viendront samedi soir vous abreuver de ce délicieux breuvage qu’est le Fireball.

Erik : Ce qui peut bien mettre l’ambiance !

Lio : Voilà, tout-à-fait ! Elles danseront sur le bar, avec les DJ, c’est toujours bon enfant, c’est toujours amusant, et c’est un peu sexy en même temps.



Erik : Et avec les trois ans derrière vous, sachant ce que vous savez maintenant… si vous deviez faire une chose différemment ce serait quoi ?

Lio : Comme je disais, j’aurais pris quelque chose de plus grand ! Mais on est extrêmement bien placés d’un point de vue géographique, on est pas dans le carré en étant juste à côté, on est une alternative au Carré comme le Pot-au-Lait, mais dans cette rue il n’y a pas vraiment de plus grand endroit. Donc à refaire j’aurais tenté de trouver plus grand, ou directement acheter le bâtiment pour avoir un étage ne serait-ce que pour les évènements ou les soirées du vendredi et samedi, avoir un bar supplémentaire…

En tout cas on est très contents de la formule et on ne voudra pas la changer. ça restera rock / arcades / geek, ça c’est clair que ça ne changera pas.

Erik : Le créneau est trouvé quoi !

Lio : Voilà !

Erik : Et pour les trois ans à venir, est-ce qu’il y a d’autres choses prévues ?

Lio : On est sur l’organisation d’un fest, je peux pas encore parler de noms… on en a déjà quelques-uns et on peut déjà dire que ce sont des gros noms. Cela ne se fera pas ici bien sûr, mais du coup ce sera sur deux jours, à Liège, dans une salle qui peut accueillir 800 personnes…

Erik : Pas trop loin d’ici ?

Lio : Oh… 10 minutes de bus même pas ! Et on peut dire que les 800 personnes, au vu des groupes, elles seront là !

Erik : On vise le sold-out alors ?

Lio : Euh…

Erik : Soyons ambitieux !

Lio : Voilà ! (rires)

Ensuite, pourquoi pas franchiser ! Cela avait été envisagé aussi, la première année, on s’était dits « Ah ouais quand on aura fait trois ans, on pensera à franchiser » donc voilà ça fait trois ans, c’est passé beaucoup plus vite que prévu et on va peut-être y repenser !



Erik : Et vous avez une ville de prédilection ?

Lio : J’aime beaucoup Anvers ! Les Flamands aiment vraiment bien ce genre de concept. J’aime bien Bruxelles aussi mais il y a déjà quelques bars rock donc je ne sais pas si c’est facile de s’implanter. Mais en tout cas, Anvers ça me parle bien. Après, il y a la frontière linguistique et je ne sais pas si ça passerait. Donc peut-être commencer par Bruxelles, ou Namur, il y a des bars sympas aussi.

En tout cas, venez nombreux samedi et tenez-vous au courant sur la page Facebook pour les soirées spéciales ! Je peux déjà dévoiler le nom du fest. Ce sera le WAR FEST qui aura les 22 et 23 février 2019, on s’est quand même données le temps de faire très très bien les choses donc restez à l’écoute.

Erik : Un premier nom à annoncer ?

Lio : (hésite pendant plus de 5 secondes)… bin euh… XXXXXX est sur le tapis !

NDLR : Après coup et après discussion avec les dudes du Warzone, on s’est tous rendus compte qu’il était un peu tôt pour citer le groupe que Lio a lâché, car les choses ne sont pas encore 100% confirmées… mais on est quand même sur un groupe qui est dans le haut de toutes les affiches sur lesquelles il figure avec plus d’un million de likes sur Facebook. Just sayin’…

Erik : Carrément !

Lio : Voilà, c’est pour donner un peu la gamme de groupes…

Erik : On va chercher haut quoi.

Lio : Oui on veut vraiment un truc, dès le début, qui envoie du pâté et il est question de XXXXXX.

NDLR : Promis, on suit l'histoire de près et on sera les premiers à vous balancer les noms de ce War Fest ! En attendant, passe donc boire un verre au Warzone !




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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

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