Le temps de l’insouciance où les surfeurs australiens de Byron Bay s’affichaient tongs aux pieds est révolu depuis longtemps, ils sont à présent devenus une machine de guerre musicale –et commerciale. Un clivage indéniable s’observe entre les fans de la première heure qui ne jurent que par Horizons (2007), Deep Blue (2010) ou Atlas (2012) et la majorité de leurs fans actuels qui s’accrochent à Ire (2015) ainsi qu’à Reverence (2018). Ceux-là ne devraient pas manquer de vouer un culte à Darker Still, alors que les premiers y verront l’enfoncement du dernier clou du cercueil contenant leur admiration pour Parkway Drive.
Bien que je fasse partie de la catégorie des fans admiratifs du metalcore puissant de leur début, il me faut concéder qu’ils ont une capacité hors du commun à évoluer et se réinventer. Poursuivant le chemin emprunté par Reverence en accélérant encore le rythme vers une destination éloignée de leur début, avec notamment des talents vocaux variés qui sont le fruit du travail entamé depuis quelques années par Winston McCal, Darker Still est mélodique à l’extrême et pensé pour être joué dans de grandes salles ainsi qu’à destination d'un public habitué à écouter des sonorités peu extrêmes.
Ground Zero, la composition d’ouverture, annonce dès le départ la couleur ; elle est mélodieuse –à l’excès- et sans conteste destinée à être repris en chœur par une foule de taille conséquence. Les quelques cris perceptibles ici et là n’y changent rien, on pourrait même envisager qu’elle soit diffusée sur les ondes d’une radio quelconque. Le titre The Greatest Fear fait office de mètre étalon de ce que sera probablement la musique de Parkway Drive à l’avenir. Metallica a son Black Album, Avenged Sevenfold a créé son pendant Hail to the King et les australiens peuvent à présent se targuer d’avoir Darker Still.
Le titre éponyme de l’album confirme ce constat. Avec son ouverture composée de sifflets lointains et ses arpèges de guitare acoustique, cette ballade m’a rapidement fait penser à ce que propose pour le moment Five finger Death Punch ; du gros son efficace qui plaira rapidement à la masse mais qui manque de profondeur pour celui qui cherche un tant soit peu à approfondir la musique qui passe dans ses oreilles –bref, de la musique générique en mode restauration rapide, même si elle est de qualité.
Ce sacrifice de la profondeur sur l’autel de l’efficacité se ressent en outre lorsqu’on s’attarde sur la narration, qui est d’une qualité bien moindre que celle proposée par Reverence.
En définitive, sans trop de surprise mais avec une déception personnelle qui reste de mise –je suis parfois naïf, Darker Still s’avère diablement efficace et écrit pour plaire au plus grande nombre ; seul Soul Bleach offre un succinct retour dans le passé glorieux et énervé du metalcore, sans pour autant atteindre un niveau inoubliable. Ce septième opus devrait aider Parkway Drive à s’installer encore davantage parmi les groupes catégorisés metal qui sont les plus vendeurs, tout comme il ferme définitivement la porte au metalcore brutal qui a fondé le commencement de l’ascension des australiens.
Parkway Drive - Darker Still - Chronique - Metalcore - Australie - Live Nation

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