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NIGHTWISH
- CHRONIQUE - MUSIQUE -


image BRING ME THE HORIZON
There is a hell believe me i’ve seen it, there is a heaven let’s keep it a secret
Label : Epitaph


Tout le monde attendait Bring Me The Horizon au tournant. Suicide Season, sorti en 2008, a en effet propulsé le groupe au rang de superstars de la scène hardcore (metalcore, deathcore, whatever…). Leur musique avait en effet pas mal évolué et si on peut les accuser d’avoir voulu ménager la chèvre et le chou (entendons par là les fans de leur musique et les fans de leur look) en nous offrant un album assez inégal, l’efficacité de leur musique est indiscutable et le succès a été au rendez-vous, c’est le moins que l’on puisse dire.

Alors, pour ce 3è opus (leur 1er sur Epitaph) au titre à rallonge « There is a hell believe me i’ve seen it, there is a heaven let’s keep it a secret » ils avaient plusieurs façons de réagir. La plus simple aurait été de reproduire une copie de Suicide Season, ce que leur aurait pardonné par leur fanbase dont la moyenne d’âge ne doit pas trop différer de celle de Hannah Montana (oui Miley Cyrus, Hannah Montana c’est la série). Ou alors, prendre un risque et prouver que ce ne sont pas que des poseurs (parce que ça aussi c’est indiscutable) et qu’ils font ce qu’ils font avant tout pour l’amour de leur musique.

Le beau frontman Oliver Sykes et la plupart de ses collègues ont aujourd’hui 24 ans et cette maturité manifeste semble avoir déteint sur leur musique. Dès le début de « Crucify Me », leur musique est différente. Toujours metal, mais plus recherchée, mélodique et ambiancée. Leur metalcore est à la fois devenu plus classique et plus original par les apports de sons de synthé qui accompagnent les guitares. Le refrain contient déjà un featuring en la personne de Lights, chanteuse pop canadienne. Voix douce puis synthétisée, elle se combine parfaitement à la voix de Sykes, laquelle a également évolué : plus de trace de cris suraigus typiquement metal, la voix est constamment hurlée et joliment éraillée.

Bien sûr, d’autres morceaux de l’album sont plus hardcore et sans fioriture, comme le single « Anthem » et son chant en chœur sur le refrain « This is an anthem so fucking sing » ou « Fuck », moins basique qu’il ne pourrait le laisser présager. Si le début du morceau est résolument metal, on découvre tout un passage chanté en voix claire à la fin du morceau. Pas indigeste pour autant, et une nouvelle fois très travaillé surtout au niveau du violon en arrière-plan. Du violon, il en est également question sur le surprenant « Don’t go », constitué en grande partie d’un doux chant – violon – guitare claire – batterie. Nouveau featuring de la chanteuse Lights sur la fin du morceau. Bien foutu de A à Z, chapeau bas. Ils explorent même des univers TRES risqués comme celui du metal mélodique et symphonique, dont les accompagnements synthé et la voix féminine du refrain rappelle des groupes horribles comme Nightwish et consorts.

Revenons une seconde aux morceaux plus metal. Ce qui me plaît c’est que sur cet album ils ne font pas office de demo technique pour le batteur ou les guitaristes. Ils n’hésitent pas à construire un morceau sur une rythmique et un riff des plus simples comme sur « Blacklist ». A ce niveau, un virage à 180° par rapport à ce qu’on connaissait d’eux.

Pari réussi pour BMTH . Ils ont pu faire évoluer leur musique sans se décrédibiliser, bien au contraire. Leur maturité rend service à cet album qui repousse un peu les frontières du genre. En plus sa variété rend l’écoute agréable même plusieurs fois de suite.
image 18-01-2011
Bring Me the Horizon - Alligator Blood

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