A première vue, pas vraiment de ressemblance entre le mythique jazzman et ce groupe de Poitiers, sauf peut-être une rage contestataire qui suinte aux premières notes de musique.
En ce mois de septembre, le quatuor français, dans un pur crust-spirit, déboule avec son premier album Severed Heads (version cd), pour bousculer les préceptes capitalistes et dénoncer l’ordre établi. Notamment cette solitude qui subsiste dans cette démocratie française où beaucoup n’ont pas le droit au chapitre, Solitude in Democraty. Et démontre qu'il faut de la voix pour se faire entendre. Ce n’est pas faute d’user ses cordes vocales, le chanteur a du coffre et rappelle un Barney Greenway (Napalm Death) au verbe plus punk-hardcore.
Parfois cette gueulante nous donne presque envie de mosher, principalement sur les morceaux Hardcore Rushmore, Washingtonians Warfare et Wake Up The Living qui me rappellent les heures de gloire du groupe Pro-Pain.
Sinon, les dix-neuf titres forment un bloque relativement homogène et parfois même un peu répétitif. Heureusement que des titres comme Dirty Old Road (avec Laetitia F au backing vocals) et Pieces From John Milton’s Paradise Lost (au style plus sludge et doom) nous libère de ce manque d’audace.
On ne peut finir cette chronique sans évoquer ce splendide artwork réalisé par Rica et Fred Lister. Un digipack fait main, limité à cent cinquante exemplaires. On y aperçoit entre autres un Georges Washington qui implose en milliers de petits smiles anonymes, rappelant les illustrations de bague de cigare d’antan.
Une pochette qui aurait sans nul doute séduit Duke Ellington en personne.

Napalm Death
Pro-Pain