Chronique

MACHINE HEAD
Bloodstone & Diamonds

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Nuclear Blast

12 titres - 70 minutes
Sorti le 07-11-2014


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Jeudi 20 novembre 2014

Le départ de Adam Duce en 2013 était aussi celui du dernier membre fondateur restant de Machine Head
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, avec évidemment l’incontournable Robb Flynn. Celui qui avait connu toutes les époques du groupe : du Metal aussi groovy que rentre-dedans des débuts influencés par le Thrash (Burn My Eyes, culte, puis The More Things Change), à la dérive frontalière avec le Néo (The Burning Red et Supercharger) qui acheva presque le groupe avant sa renaissance. Une résurrection même, le tryptique Through The Ashes of Empires / The Blackening / Unto The Locust ayant définitivement réinstallé Machine Head
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au sommet de sa scène. De quoi mettre Bloodstone & Diamonds sur un chemin pavé d’ambition : celle des fans, et celle du groupe. Celle de Robb Flynn en particulier.

Clairement, Bloodstone & Diamonds en porte la marque au fer rouge sang. Long, riche, mélodique, il semble synthétiser le travail entrepris par Machine Head
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sur ses trois derniers albums : les structures plus riches et plus complexes amenées depuis Through The Ashes of Empires, cette manière épique de structurer les chansons entre mélodie et technicité réussie sur The Blackening, et les ouvertures encore plus mélodiques et plus resserrées entamées sur Unto The Locust.

On retrouve ainsi les marques de fabrique chères à Machine Head
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: ce son particulier accordé aux guitares et aux harmonies, ces structures à tiroir, et cette irrésistible envie d’en découdre à l’aide de solo mémorables. Mais, surtout, un penchant mélodique très affirmé, même si, en y repensant bien, c’était déjà le cas sur The Blackening, pourtant toujours présenté comme l’opus le plus complexe du groupe.

L’ouverture Now We Die, dans le plus pur style Machine Head, se voit ainsi rehaussée assez intelligemment par quelques lignes de violon, qui atteignent leur paroxysme en fin de morceau. Une intro classique par ailleurs, mais réussie, qui précède le désormais bien connu - et ennuyeux - Killers & King : un single qui évolue en pleine Bay Area made in Machine Head
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, mais sans aucune prise de risque. De quoi assurer le contraste avec le duo imparable formé par Ghosts Will Haunt My Bones (et ses solos dantesques) et Night Of Long Knives : leurs mélodies vocales réussies affirment cette direction prise vers le chant clair, même s’il s’agit là d’une tendance que chacun n’appréciera pas de la même manière.

A mi-parcours, l’étonnant Sail into the Black est finalement assez symptomatique de ce que propose Bloodstone & Diamonds. Ce morceau, sombre et beaucoup plus lent que ce à quoi le groupe nous a habitué jusqu’ici, a le grand mérite de distiller une ambiance et un rendu qui diffèrent complètement du classique Machine Head
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. Mais à trop vouloir en faire, sa durée exagérément longue finit par lui nuire, alors qu'en format plus réduit, l’effet aurait été encore plus réussi.

Et c’est bien ce défaut que l’on retrouve dans la suite de l’album : perdant l’efficacité de Unto The Locust, les morceaux sont triturés, étirés, parfois davantage pour la forme, comme pour respecter un certain statut, que pour démontrer de réelles idées neuves sur le fond. Ainsi Eyes of The Dead ou Game Over ne sont pas mauvais, mais ils peinent à atteindre leur but, voire à créer du neuf. Machine Head s’auto plagie, voire regarde du côté de ces aînés (Iron Maiden
Iron Maiden


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) ou de ses collègues (Slipknot
Slipknot


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). Et ce, même si Flynn, Demmel, McClain et le nouveau venu MacEachern maitrisent à la perfection leur sujet principal (la conclusion plutôt héroïque Take Me Through the Fire).

En d’autres occasions, Machine Head
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semble même vouloir élargir son spectre sonore, sans que l’on sache réellement s’il s’agit d’opportunisme ou de manque d’inspiration. Et là encore le manque d’efficacité se fait sentir : Beneath the Silt sonne curieusement lourd, limite Doom / Stoner, tandis que les choeurs de In Comes The Flood (avec Jordan Fish, le clavier de Bring Me The Horizon
Bring Me The Horizon


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) dérivent presque vers le Metalcore. Si on excepte la ballade Damage Inside (presque inutile), le pire exemple de cette recherche parfois stérile reste sans nul doute la purge Imaginal Cells, dont les samples audio omniprésents et agaçants en font le morceau que l'on écoute qu'une fois.

Mélodique, copieux, fourmillant d’idées, empruntant parfois d’autres sonorités, la filiation de Bloodstone & Diamonds dans la discographie de Machine Head
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est évidente. Mais à trop vouloir en faire, Robb Flynn dessert un peu son propos, très ambitieux au demeurant. Avec quelques chansons raccourcies, voire supprimées, l’album aurait clairement gagné en impact et laisserait moins de place à la contestation, plutôt légitime. Pour autant, on reste ici dans le top niveau du Metal moderne, pour un résultat bien supérieur à ce que le reste de la scène mainstream est capable d’offrir à l’heure actuelle.


Tags : flynn, metal, violence, richardson, sneap,
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