Mais rien ne nous préparait à cette cinglante crise de la cinquantaine. Certes, on a bien noté depuis Unto The Locust et surtout avec Bloodstone & Diamonds une certaine panne de créativité dans le clan Machine Head, même si le premier cité faisait encore plus que de tenir la baraque. Certes, l’effrayant single Is Anybody out there ? nous faisait craindre le pire. Certes, Robb a toujours déclaré qu’il ferait toujours ce que bon lui semble, y compris jouer la musique qu’il a envie de jouer. Mais pouvait-on vraiment s’attendre à une telle régression ?
Catharsis constitue l’apogée de ce l’on répugne à retrouver chez Machine Head. Des riffs ‘empruntés’ (merci Devin Townsend, merci Slipknot), des refrains dégoulinants, des lyrics façon crise d’ado existentielle, et des artifices en veux-tu en voilà. 73 minutes durant, Machine Head se perd dans cet album qui, encore plus que Bloodstone & Diamonds, chercher à tellement en faire, dans tous les sens possibles (titre radio-friendly par ici, solo à la Halo par-là), qu’il se vide de toute cohérence au fil de ses morceaux, notamment durant cette deuxième partie d’album, poussive au possible.
Robb Flynn est et restera probablement toujours un musicien talentueux et un frontman de premier plan. Mais à cinquante balais comme à vingt il lui restera toujours, outre son encéphalite de première, ce malheureux défaut de chercher à caler son écriture dans l’ère de son temps, suivant les modes propres à chaque époque, plutôt que de créer son espace (temps) à lui seul. On regrettera donc qu’avec cet énorme flop Machine Head ne pénètre à nouveau dans un « creux » de sa carrière alors que le groupe avait encore il n’y a pas si longtemps tous les ingrédients en main pour devenir LE groupe phare des années post-2000. Robb, ce n’est pas si grave : on t’aime quand-même.
Metal, Robb Flynn, crise de la cinquantaine

Machine Head
Devin Townsend