Tout d’abord, les changements de line-up méritent une étude approfondie. Machine Head s’articule depuis plus de 30 ans autour de 4 membres dont le seul électron constant est l’ami Robb. Adam Duce a lâché la basse en 2013, puis deux changements inopinés se réalisent en 2018 avec le départ de la moitié de la formation ; Phil Demmel est remplacé à la guitare par Waclaw Kieltyka (Decapitated) et Matt Alston débarque pour prendre la place au pied levé de Dave McClain (Sacred Reich) derrière les futs. De plus, le personnage Robb a surpris tout le monde en 2014 en annonçant ne plus avoir l’intention de tourner en festival et de dédier leurs œuvres à des concerts qui permettent d’ajuster le temps de prestation à leurs envies –on fera abstraction de l’évocation de la boue en festival, doutant que cela touche la formation. Les difficultés financières engendrées par le Covid pour l’ensemble du milieu musical ayant faits effets, Machine Head refait surface en festival lors d’un set « secret » lors de l’édition 2022 du Bloodstock.
Entre le départ de la moitié de la formation et un dernier long effort assez catastrophique –Catharsis (2019), comme beaucoup d’entre vous nous n’attendions que peu du futur en studio de Machine Head. Mal nous en a pris, Robb Flynn étant l’homme aux mille vies. Sorte de Lemmy kilmister spirituel, l’ami Robb et ses nouveaux comparses déboulent avec un monstre qui vous dévore à la première écoute.
Depuis The Blackening (2007), chef-d'œuvre qui a changé la donne, Machine Headoscille entre production moyenne et désastre. Le dixième album Of Kingdom and Crown (2022) est enfin un essai réussi, qui sans égaler The Blackening, renoue avec le passé glorieux des californiens. Le Mastodonte qui a pris naissance dans la Bay Area –ce lieu mythique de l’univers metal- propose un voyage qui nous remémore une sorte de résurgence brutale de leur Black album.
Robb s’est souvent trompé en cherchant à être original, c’est là le grand malheur de l’histoire de la formation, mais cette fois il n’a pas raté le coche avec ce premier album conceptuel.
Of Kingdom and Crown débute avec un riff de guitare lent et dépouillé, accompagné d’un chant dépressif. Alors qu’on pouvait craindre le pire, après l’introduction lancinante de Slaughter the Martyrnous, nous avons droit à un déferlement de fureur –trois petites minutes de doute avant la plongée direction le bonheur. L’ensemble de l’album est relativement –très- bon, avec pour seul ombrage deux ou trois titres qui manquent de piquant.
Malgré ces quelques ratés, Of Kingdom And Crown s’affiche au top de la discographie de Machine Head. L’excellence de The Blackening n’est pas atteinte, mais nous n’y sommes pas loin ; quelle surprise quand on connait leurs derniers déboires. Avec un rendu qualitatif qu’on avait plus connait depuis au moins une décennie, la nouvelle bande à Robb surprend et nous réjouit.
Machine Head - Chronique - Of Kingdom and Crown - Robb Flynn

Machine Head
Decapitated