Interview

CORTEZ

On s’est même trouvé d’autres centres d’intérêt qui vont peut-être nous mener à collaborer d’une autre façon ultérieurement.


Mardi 22 janvier 2013

Votre dernière sortie, Initial, remonte à 2005. Qu'avez-vous fait durant cette longue absence ?

Sam : On a jamais vraiment lâché le morceau. Certes, il y eu des périodes creuses, mais on a toujours eu pour but de composer afin de revenir avec un album sous le bras. Après, la vie est ce qu’elle est, des événements personnels ont prit le dessus, certains d’entre nous sont devenus parents, d’autres ont rompus, ont changé de vie professionnelle, etc… et le temps passe terriblement vite. Et surtout nous sommes très lents. On se surprend nous-mêmes.

Greg : Au départ, ça n’était pas prévu comme ça, mais je trouve qu’en fin de compte, si on avait sorti un disque 3 ans après Initial, il n’aurait été qu’un Initial 2, avec juste un plus gros son, et sûrement rien de plus… Phœbus me parait bien plus qu’un deuxième album. Une sorte de nouveau départ. Le temps nous a fait oublier ce qu’était Cortez
Cortez


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ya 7 ans. On a pu recommencer à zéro, sans pression, et nous retrouver, au-delà du rapport commercial ou populaire qu’on aurait pu sentir si on l’avait fait plus tôt. Cela dit, c’est marrant, parce qu’on n’a pas écouté Initial durant tout le processus, et malgré tout en le réécoutant, je voyais plein de similitudes entre dans les arrangements, ou les tricks spécifiques du groupe.





Le groupe s'est récemment réorganisé avec l'arrivée d’Antoine Tinguely, un ex BERSERK FOR TEA TIME
BERSERK FOR TEA TIME
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à la guitare. Samuel Vaney, votre guitariste des premières heures n'a pas complètement quitté le projet puisqu'il soutient maintenant CORTEZ
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en tant que compositeur/producteur. Comment cela se passe-t-il au sein de CORTEZ
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 ? Quels sont les avantages et les inconvénients que vous rencontrez avec un tel fonctionnement ?


Sam : A vrai dire je ne vois pas trop d’inconvénients. Par contre ne pas avoir Antoine en renfort aurait été un énorme inconvénient, ça oui. L’album avait été complètement composé lorsque je me suis éloigné géographiquement de mes comparses. C’est à ce moment là qu’Antoine est arrivé, il a donc appris les morceaux, a enregistré les guitares pour l’album et défendra ce dernier sur scène. Donc jusque-là ça été assez simple, et sans ambigüité. Et ce mec est une vraie crème, il est intéressé et intéressant, Cortez
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ne pouvait pas rêver mieux. Et pour l’écriture à venir, il y mettra sa patte, pour sur. Et moi peut-être que je ne pourrais plus composer pour le groupe, allons savoir. Bref, Cortez
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se fera avec ceux qui seront là pour le faire vivre.



Vous avez confié une partie de l'enregistrement à l'incontournable Serge Morattel et vous vous êtes occupés de l'autre partie. Pourquoi ne pas avoir tout confié à Serge ou avoir tout fait vous même ?

Sam : On voulait prendre le temps de bien faire les choses, sans avoir la pression du timing d’un studio. D’autant plus que notre situation logistique décrite ci-dessus ne rendait pas les choses forcément évidentes, on avançait un peu à tâtons. Ce qui était sur, c’est que l’on ne voulait pas négliger la batterie, c’est la raison pour laquelle on l’a enregistrée chez Serge Morattel. Et à vrai dire, on songeait en premier lieu à mixer tout l’album chez lui. Cependant, et avant de faire mixer par quelqu’un d’autre, on souhaitait voir jusqu’où on pouvait aller en termes d’enregistrement guitare/voix ainsi qu’au niveau du mix, même si on était conscient qu’on était un peu novice dans ce domaine. On a eu une expérience qui nous a laissé des traces avec l’album précédent : c’est toujours bien de se fixer des délais pour avancer, et c’est même stimulant, par contre on avait vraiment pas envie de se retrouver à nouveau dos au mur et devoir bâcler le travail. Enfin… c’est pas qu’Initial soit bâclé, mais si on avait eu prit le temps qu’il nous aurait fallut par rapport à nos (in)expériences le résultat aurait certainement été tout autre. Donc pour revenir à Phœbus, après avoir bossé nous-mêmes dessus, et au vu du résultat on s’est dit que l’on pouvait tenter d’assumer le travail jusqu’au bout, ce que l’on a donc fait.

Greg : Il y avait aussi un aspect financier. Ça coûte aussi cher aujourd’hui d’acheter tout le matos pour enregistrer soi-même, que de passer en studio... Evidemment la différence ne se voit pas uniquement si tu fais un gros effort d’apprentissage et que tu as le temps d’apprendre à faire marcher tout ça comme il faut. C’est une science, c’est clair. On sait comment le faire bien pour Cortez
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, mais rien ne dit qu’on saurait s’y prendre pour d’autres groupes. Comme on est plusieurs à avoir fait ce choix de vie de consacrer un max de temps à la musique, et bien ça n’était pas une corvée, mais un plaisir, d’acquérir ces nouvelles compétences.





Avec Temps Mort qui ouvre l'album, vous affirmez plus que jamais votre goût pour la saturation. Probablement le jeu des guitares et celui de la batterie, mais ce titre me fait fortement penser à THE GOD MACHINE
THE GOD MACHINE
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. Qu'en dites-vous ?


Sam : Que j’en suis grandement touché. D’une part parce qu’une comparaison avec The God Machine est plutôt flatteuse. Cortez
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et The God Machine
The God Machine
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c’est, d’apparence, pas vraiment le même monde, mais je pense comprendre ce que tu veux dire, il y a peut être une certaine mélancolie qui rend notre musique pas très joyeuse, même si elle est évidement plus prononcée chez The God Machine
The God Machine
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. Mélancolique, ça c’était avant que Robin Proper-Sheppard ne forme Sophia
Sophia


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pour les raisons que l’on connaît, après c’était carrément déprimant. Et d’autre part parce, et malgré le style évident de Cortez
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, j’ai toujours considéré que nous faisions du rock. Ça peut prêter à sourire, mais c’est le cas. On ne cultive pas vraiment l’attitude metal…



Le retour de CORTEZ
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a débuté par une mise en bouche sous forme d'un split avec PLEBEIAN GRANDSTAND
PLEBEIAN GRANDSTAND


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. La particularité de ce split est que vous interprétez chacun un titre d'une longueur de douze minutes. Est-ce dû au hasard ? Si c'était un choix délibéré, n'est-ce pas trop contraignant de devoir écrire un titre sur base de sa longueur ?


Sam : Plebeian Grandstand
Plebeian Grandstand


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avait déjà enregistré son morceau lorsque l’on s’est greffé sur ce split. Sans réfléchir plus que ça on pensait mettre un ou deux morceaux destiné en premier lieu à l’album. Mais on trouvait déséquilibré, même avec 2 morceaux de 3min30, d’avoir un groupe qui offre 12min de musique et l’autre que 7min. Et donc y placer 12min de musique ça aurait un peu trop creusé notre album, on a donc décidé, un peu à la dernière minute, d’écrire et d’enregistrer un nouveau morceau. Et donc, du moment que l’on partait de zéro, autant aller jusqu’au bout et se caler sur les 12min du titre de Plebeian Grandstand
Plebeian Grandstand


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. Et ça n’a pas été plus contraignant que ça. 12 minutes ça laisse de la place, et c’est même stimulant de s’imposer parfois un format, alors que d’habitude on est jamais regardant sur cet aspect.



De par la volonté d'un maximum de maîtrise sur votre album, vous avez confié la sortie de Phœbus à plusieurs labels ( Throatruiner Records , Basement Apes, Get A Life ! Records et Lost Pilgrims Records ). Comment avez-vous choisi ces labels ?

Sam : Ce sont eux qui nous ont choisi :) . D’un point de vue chronologique, c’était déjà plus ou moins définit que Throatruiner allait sortir le split vinyl de Plebeian Grandstand
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, et ce avant de savoir avec qui ils allaient le partager. On est donc arrivé pour remplir l’autre face, et de fil en aiguille et de mails en mails, on a appris à se connaître avec Matthias de Throatruiner, et lorsque l’on a fait écouter notre album une fois terminé, Matthias était enthousiaste de le sortir en vinyl. Et pour le faire bien, et le faire aussi en CD, il a demandé à Basement Apes et Lost Pilgrims Records de se joindre à lui. Greg quant à lui, notre batteur, est le boss de Get A life ! Records. Donc ne pas y participer aurait été difficilement justifiable pour lui :)





Pour le graphisme de votre album, Phœbus, c'est vers l'artiste Dehn Sora (YEAR OF NO LIGHT
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, CHURCH OF RA, SEMBLER DEAH
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, OMEGA MASSIF
OMEGA MASSIF


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...) que vous vous êtes tournés. Pourquoi ? Comment s'est passé la collaboration ? Avez-vous donné carte blanche ou bien une orientation particulière à la demande ?


Sam : Dehn Sora, que l’on ne connaissait pas avant, faisait partie d’une liste d’artistes qui avaient retenus notre attention. Au final notre choix s’est porté sur lui, non pas parce que nous aimions tout ce qu’il faisait, car ce n’était pas le cas, mais parce que nous avions ressentit une capacité chez lui de nous amener visuellement et émotionnellement au plus proche du thème de l’album. La collaboration s’est fort heureusement très bien déroulée, et se déroule actuellement toujours très bien, ce mec est adorable. On s’est même trouvé d’autres centres d’intérêt qui vont peut-être nous mener à collaborer d’une autre façon ultérieurement.
On ne peut pas vraiment dire que nous lui avons donné carte blanche, on a été, et moi en particulier, assez pinailleur quant à la direction à prendre. Ceci dit il a su parfaitement répondre à nos attentes, et à ressentir ce que l’on voulait transmettre. On ne regrette donc absolument pas ce choix.



En 2001, lorsque CORTEZ
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débute, la Suisse a déjà fourni quelques noms importants de la scène rock (THE YOUNG GODS
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ou KNUT
KNUT


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par exemples) mais voit aussi émerger quelques nouveaux noms pour reprendre le flambeau. Aujourd'hui, cela devient difficile de dessiner le paysage rock sans regarder du côté helvète. Comment expliquez-vous que votre pays propose autant de bons groupes, à la fois intéressants et aboutis en ce moment ? Cette scène bouillonnante vous facilite-t-elle ce retour ou au contraire le rend-elle plus difficile ?


Greg : Pour moi ce qu’il faut retenir de ces groupes, c’est leur unicité. Ils ont bossé pour eux-mêmes, avec le désir d’être cohérent et de ne ressembler à personne, sans pour autant être en dehors des styles. Je crois que Cortez
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est dans cet état d’esprit. Donc si un groupe pense devoir tenir le flambeau…qu’il le prenne. Mais alors il ne sera justement pas un leader artistique. Plutôt un meneur de meute. Même si on se trouve dans une scène hardcore, ou noise, ou métal, je ne me sens pas plus que ça lié à cette scène. Je me sens plus d’affinité avec des gens qui ne me ressemblent pas, parce qu’ils ont justement quelque chose à m’apporter, qui me fascine, mais que je ne comprends pas. Les familles, en musiques, m’ont toujours fait un peu peur, parce que c’est toujours le meilleur moyen de se trouver dans des compétitions stupides, à grand renforts de clichés stylistiques inutiles. Donc la scène bouillonnante n’est pas stimulante plus que ça. Cortez est un moyen de fouiller dans mon côté sombre, antagoniste, romantique, torturé, sale, beau. Mais ne faire que ça n’est pas non plus très sain. Et le faire par habitude encore moins. Donc rien n’est facile ou difficile. Tout est exactement comme ça doit être, parce que nos efforts sont la conséquence d’un besoin. Si ce besoin se fait sentir, alors il faut le laisser émerger, sous la forme qu’il doit prendre. Sinon il y a plein d’autres choses passionnantes à faire dans la vie, ou dans des projets différents qui demandent à exprimer d’autres émotions.
Pour revenir à la question du nombre, je pense que c’est probablement proportionnel aux nombre de salles où jouer en Suisse Romande. Pour 2 mio d’habitants, on doit avoir 30 salles alternatives de tailles abordables (et je parle pas de squats, parce que je ne connais pas ce milieu) et bien équipées. A Lyon pour le même nombre d’habitants…il doit y avoir entre 5 et 8 salles ? De plus gagner de l’argent en Suisse n’est pas un souci, si tu fais attention à ne dépenser que le stricte nécessaire. Au final on a une situation confortable pour que des groupes émergent et s’amusent avec du bon matos, et se fassent les dents directement sur de vraies scènes. Mais c’est aussi un grand leurre, parce que la Suisse est justement trop luxueuse de ce point de vue. Des gens qui font du hard, gagnent 4000€ par mois dans un travail normal, et jouent sur des scènes subventionnées, c’est tout le contraire de ce qu’on trouvera hors de la Suisse. C’est peut-être pour ça que beaucoup de groupes sonnent plus gros, mais ne deviennent pas « gros ». Au final peu de gens font un trait sur le confort Suisse pour se lancer dans la musique et l’assumer socialement, financièrement, avec les risques à long terme. La Suisse est le pays de la stabilité et de la richesse, et tout le monde a ça quelque part enfoui dans sa tête.





Nous n'en sommes qu'au début puisque Phœbus est encore tout chaud ; la tournée de soutien à la sortie de votre album va bientôt démarrer (CORTEZ
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jouera au Magasin 4 de Bruxelles le 1er mars) ; mais qu'elles sont vos projets pour le reste de l'année. D'autres tournées ou déjà commencer à penser à la suite discographique du groupe ? Maintenant que vous vous êtes replongés dans le bain, l'envie de multiplier les interventions doit être à son maximum, non ?


Sam : Après tant d’attentes et de travail sur l’album, je pense que le groupe n’a qu’une seule envie à présent, jouer, jouer, jouer. Et en effet le but est de promouvoir notre nouvel album, donc le groupe se concentre en priorité là-dessus. De mon côté, du moment que le travail sur l’album est terminé, je vais peut-être me mettre à composer un peu pendant que le groupe sera sur scène. C’est une situation assez particulière, je l’avoue, mais aussi assez confortable et stimulante. Je peux composer tranquillement chez moi, au calme, et le groupe peut se concentrer sur les live sans avoir de pression à devoir aller de l’avant à tout prix.
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