Initial, leur précédent album était sorti en 2005. Depuis CORTEZ a quelque peu été mis en mode veille. Le line-up s'est modifié. On pourrait même dire étoffé. Déjà atypique de par sa formation, un trio sans basse pour une musique puissante, puis par sa musique qui tient autant du Post-Hard-Core que de la Noise et du caractère Rock, CORTEZ reste un trio mais possède quatre têtes. Samuel Vaney, guitariste des débuts du groupe a laissé sa place derrière les six cordes à Antoine Tinguely, un ex BERSERK FOR TEA TIME, pour prendre celle de compositeur-producteur de CORTEZ.
Si le premier album de CORTEZ avait en son temps été accueilli favorablement par la critique, Phœbus ce deuxième album, possède tous les atouts nécessaires pour devenir un incontournable. Alors que l'année 2013 ne fait que commencer, Phœbus s'assure déjà une place parmi les Tops de l'année en cours.
Il faut dire que dès Temps Mort, la plage d'ouverture, CORTEZ va placer la barre très haute. Légèrement différent de l'explosivité du reste de l'album (à l'exception du final Borrelia qui reprend quelques atours), ce titre en progression, dégage une tension tout en saturation. Le jeu de batterie et la saturation dans les guitares réveillent des émotions connues avec THE GOD MACHINE.
A genoux sur le final résonnant de Temps Mort, CORTEZ a déjà lessivé le cerveau de son auditorat. Ces premières sept minutes et vingt-huit secondes diluviennes suffisent à prendre la mesure de l'ampleur du disque. De l'immense CORTEZ nous attend !
L'univers ténébreux et abrupt du groupe brille de mille éclats. L'originalité de CORTEZ associe le feu bouillonnant à la dévastation glaciale. Fusionnant le chaud et le froid, Phœbus est un album dur et violent. Frontale la musique des Suisses est aussi subtile et méticuleuse. Précise, elle tranche avec de grands mouvements amples.
CORTEZ ne va rien lâché de Transhumance à Idylle. Toujours en puissance, la batterie martèle (et le mot reste insuffisant). Cette batterie infatigable structure les coups de guitares et leur déflagration. Le chant et la mélancolie sont hurlés jusqu'au dernier retranchement d'un combat pour la survie.
Aussi à l'aise sur des plages longue que sur des titres courts, CORTEZ ne tolère aucun essoufflement ni n'envisage de baisse de régime.
Borrelia conclut le disque et comme Temps Mort, cette fermeture se singularise par un jeu et une construction différente de l'album. Une intensité de masse. Un dernier coup de semonce. A nouveau cette progression jusqu'au boutiste. Eclaté et lessivé, l'envie irrésistible engendre la nécessité d'y replonger de suite. Encore et encore, Phœbus assène sa violence. La douleur comme synonyme de vie.
Impossible de s'en défaire. CORTEZ colle à la peau. Le disque s'usera à force de répétitions. Pas la vitalité qui en émane. Phœbus est coulé pour durer. On en reparlera dans un an (et même plus).

Plebeian Grandstand
Cortez