Interview

NASTY

"Si tu veux faire quelque chose que tout le monde aime, tu fais quelque chose de travers"


Mardi 22 juillet 2014

Alors les gars, comment ça va aujourd’hui ?

Tous : Bien !

Vous avez joué au Hellfest hier. Ça fait quoi de jouer sur une si grande scène d’un si grand festival ?

P : Terrible !

C’était si grand que ça ?

M : Oh, c’était grand mais correct quoi. Mais on a vraiment eu une très bonne réaction de la part du public.

Et c’est un fest qui mélange metal et hardcore, tout comme votre musique qui est clairement beatdown mais qui apporte quand même des éléments death-metal. Et du coup, vous jouez aussi bien devant des fans de hardcore que de metal, est-ce que ça fait une différence pour vous ?

M : Pour moi personnellement non, nous avons un message à diffuser et peu importe à qui nous nous adressons : nous voulons juste jouer et passer un bon moment.

P : Tous ceux qui viennent faire la fête à nos concerts partagent un truc !



Sur le dernier album, Love, vous avez apporté quelque chose d’assez rare dans le beatdown, des voix claires sur le morceau Love

M : C’était Craig Chaney de Evergreen Terrace
Evergreen Terrace


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et on ne s’est pas dits « Hey on va faire des voix claires pour se faire remarquer », c’est un bon ami à nous, nous l’avons rencontré au Hell On Earth Tour et avions envie d’avoir un passage de lui sur notre album. On s’en foutait que ce soit chanté ou crié, on était simplement contents d’avoir un groupe et un mec qu’on adore sur l’album. C’était bizarre pour nous aussi de l’entendre puisque toute notre musique est criée mais à la fin, on était super contents d’avoir un bon ami qui partage ça avec nous.

Et vous avez reçu des critiques à cause de ça, des trucs négatifs quand l’album est sorti ?

M : Oui beaucoup ! « Nasty
Nasty


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veut se faire de l’argent », « Nasty
Nasty


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veut devenir commercial »… mais finalement on s’en fout, on sait pourquoi on l’a fait et peu importe le reste. Tu sais, quand on fait un truc, on aime aussi quand les gens n’aiment pas. Quand on a un message franc et direct, il y a forcément des gens qui ne vont pas aimer. Si tu veux faire quelque chose que tout le monde aime, tu fais quelque chose de travers.


En parlant de message justement, c’est vrai que vous défendez pas mal les valeurs classiques véhiculées par le hardcore non ?

P : Oui bien sûr !

Et je trouve qu’il y a de plus en plus de groupes qui n’ont plus de message du tout ou même un mauvais message, et je ne sais pas si on peut toujours appeler ça « hardcore », comme ce que je vais vous montrer, du merchandising de groupes assimilés « hardcore ». Vous en pensez quoi ? Hardcore ou pas ?

Je leur montre ces photos de t-shirts de Emmure
Emmure


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, I Declare War
I Declare War


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et Attila
Attila


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:




M : Je pense que tu montres là, c’était pour un concours de designs de t-shirts. Je n’aime pas ces designs, c’est nul. Mais c’était le but de ce concours de mauvais designs, provoquer le plus possible.

P : En fait, ils ne diffusent pas de message ou quoi que ce soit donc ce n’est pas réellement choquant, mais c’est juste de la provocation, quoi. Je ne pense pas qu’on puisse véhiculer un message avec un t-shirt comme ça, donc bon…

E : Je peux dire un mot ?

Oui bien sûr !

E : Bonjour, je m’appelle Mohammed, je jouerai pour Nasty
Nasty


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… bientôt.

Tous : « bientôt » ! (rires)

E : Tout ceci, tous ces designs de I Declare War
I Declare War


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, Attila
Attila


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et Emmure
Emmure


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, peuvent aller se faire enculer. Le hardcore, c’est positif. Ça c’est des conneries négatives. Celui-ci (ndlr : celui de I Declare War
I Declare War


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) est irrespectueux, ça c’est de la merde, et ça aussi.

Donc pas hardcore ?

E : Cela n’a rien à voir avec le hardcore ou toute la scène musicale dont nous faisons partie. Parce que cette scène musicale est positive, respectueuse. Et celui-ci me fait gerber parce que cette fille était certainement bourrée à ce concert et elle se retrouve sur des t-shirts qui circulent à chaque un peu partout. Elle le regrettera toute sa vie. Elle est certainement allée à ce concert ou cette fête pour s’amuser, quelqu’un a pris une photo et maintenant ça va lui gâcher la vie. Si tu veux faire des t-shirts marrants, sois marrant.

P : En fait, quand je vois des designs comme ça, complètement stupides…

E : Ça me fait gerber !

(ndlr : le débat commence à s’emballer un peu)

M : Voilà. C’est censé provoquer, et ça fonctionne parfaitement comme pour l’instant. Mais laisse tomber, je m’en fous. S’ils veulent le faire, qu’ils le fassent, mais ils sont nazes.


Grâce à Berry, vous êtes toujours un peu belges mais principalement allemands, et en Allemagne il y a une organisation qui devient de plus en plus importante, le Hardcore Help Foundation. Vous leur avez d’ailleurs montré votre soutien avec des benefit-shows et en portant leur merch. Comment ça se fait qu’une telle organisation vient de la scène hardcore et pas de la scène punk ou de la scène metal par exemple ?

M : Parce que la scène hardcore est incroyable, putain.

E : Non ce n’est pas vrai.

(rires)

M (prenant une voix méchante) : On déteste tout ce qui est différent de nous, on déteste les minorités (rires)

E : Salut moi c’est Nash, je suis le batteur de Nasty
Nasty


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.

(éclats de rire)

M : Je pense que toute la scène prône l’amitié, l’unité… et même si ça peut sonner un peu cul-cul, mais au final on est tous les mêmes. Et Rico a eu cette idée de faire quelque chose de bien et ça a pris une ampleur de dingue. Et c’est ça le hardcore : beaucoup de gens l’ont sans doute oublié, mais le hardcore c’est être soi-même, être cool les uns avec les autres, peu importe qui on est ou d’où on vient… Je suis vraiment fier de Rico, de ce qu’il a fait et de toute la scène qui est derrière. C’est génial que ça ait pris de l’ampleur de cette façon. Et le fait que ça vienne du hardcore, parle de lui-même.


L’année dernière, vous avez tourné au Japon, et ce n’est pas le premier pays auquel on pense quand on parle de hardcore. Et dans le live report qui circule sur Youtube, tu dis que c’est la meilleure expérience de toute ta vie. Alors que s’est-il passé de spécial au Japon ?

M : Pour moi, le plus important c’est d’avoir partagé ça avec les mecs du groupe. Tu sais, je n’ai pas un passé très riche, je n’ai jamais beaucoup voyagé parce que je n’en avais pas les moyens… mais Nash (batteur) m’a dit un jour un truc très sage : que faire des tournées et des voyages est la meilleure des éducations. Cela te permet de rencontrer des gens de pays différents, d’états d’esprits différents, de cultures différentes… cela t’ouvre l’esprit. Et le Japon c’était fantastique. C’était irréel pour moi d’être là. Je n’aurais jamais pu me permettre d’aller là et en plus ça s’est super bien passé. Tout le monde a été très amical, c’est une culture très différente et vraiment, ça t’ouvre l’esprit. C’est dingue quand on réalise qu’on est juste quatre qui faisons de la musique et que tout à coup, on tourne dans le monde entier et on peut découvrir la vie d’une façon dont on ne pouvait pas s’attendre.



Quand on vous voit sur scène, vous tenez beaucoup à cette image de tough-guys alors que là en vrai, vous êtes tout cool, détendus, marrants, et même toi Matthi tu portes un t-shirt Justin Bieber.

M : Je suis fan. Sérieusement.

P : On est forcés d’écouter énormément Justin Bieber en tournée…

Je suis désolé pour vous les gars !

(rires)

E : Salut je suis Drew, le tour manager de Justin Bieber. Et il est juste là sur scène (ndlr : Thy Art Is Murder
Thy Art Is Murder


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est en train de jouer).

(rires)

P : On est des mecs marrants, mais…

M (semblant un peu énervé) : C’est comme ça ! On joue de la musique dure et du coup les gens sont là « Oh, musique méchante donc mecs méchants ». Tu sais, si ça se passe mal avec le groupe, au moins on aura fait les choses à fond et on se sera amusés. On fait de la musique dure et on a quelque chose à dire et on veut le dire sérieusement mais à la fin, on est juste des mecs comme tout le monde.

E : Attends, Mohammed parle. La première fois que j’ai entendu que j’allais côtoyer Nasty
Nasty


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en tournée, je me suis dit « Fuck that ». Je ne veux rien avoir à faire avec ces crétins de trous de cul de tough-guys. (s’adressant aux gars du groupe) C’est vrai hein les gars, histoire vraie ! Je ne voulais pas leur parler, ils représentaient cette image de tough guys que je n’aimais pas. Le premier jour de la tournée, je m’occupais de trucs avec les autres groupes et Nasty
Nasty


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a débarqué comme une bande de gamins débiles.

(rires)

E : Je ne mens pas ! Ils sont arrivés avec mille sacs de merch genre « heeeeey heeeeeey on est là on est là ! » et je me suis demandé, qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Et ça leur a pris peut-être trente minutes pour me faire changer d’avis. Ils ont prouvé que tout ce qu’ils représentaient, sur scène ou musicalement, ce n’est pas vraiment eux. Nasty est le groupe de hardcore européen le plus intelligent en ce moment. Lisez leurs paroles. Et je n’étais pas le seul à penser ça ! On se disait « Oh Nasty
Nasty


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! (singeant leur musique) BOM BOM BOMMMM ». Et par la suite j’ai fait plusieurs tournées avec eux et d’autres groupes, et à chaque fois ça ne leur prenait qu’un jour pour que tout le monde les aime. Et maintenant, achète-moi du merch !

(rires)

E : Voilà, c’est mon histoire avec eux. Et maintenant il y a deux nouveaux mecs dans le groupe qui sont terribles aussi.

Ils t’ont payé pour dire tout ça ?

E : Même pas !


Alors les gars, à quoi peut-on s’attendre de l’album qui sortira l’année prochaine ?

M : Peut-être un peu plus de structures dans les morceaux…

B : Et aussi des passages à l’accordéon !

(rires)

M : Sérieusement. Il va faire mal.
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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

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