Seulement voilà. Nasty prend un malin plaisir à prendre tout à contre-pied et à faire ce qu'il veut. A commencer par la musique, pour laquelle les quatre gars ne se sont jamais enfermés dans un seul style. Comme pour cet album qui, après une intro calme et douce, enchaîne avec un Hell On Earth tout en death-metal à ses débuts mais qui embraye rapidement sur un breakdown dérythmé qui a fait la réputation du groupe. Le chanteur Matthi explore tout ce qui peut ajouter de l'agressivité à la musique du groupe, que ce soit en voix gutturale ou en cris hardcore. Il laisse quand même un peu de place à un featuring de qualité sur Fake Smile, où on reconnaît aisément la voix typique de Tito (Surge Of Fury).
Avec des titres comme Scheisse ou Look at me and FUCK YOU, Nasty prouve que les intentions du groupe sont toujours claires et balance tout ça droit au but, puisqu'avec 14 titres, cet album ne dépasse pas vingt minutes, à l'image de My brain went terribly wrong, sorti en vidéo juste avant l'album, et torché en 31 secondes chrono.
Nasty se permet tout, même d'enfoncer les barrières imposées par une scène hardcore somme toute assez hermétique aux changements. Sur le morceau Love, qui prône l'entraide et le fait de se serrer les coudes dans les moments difficiles, le groupe nous surprend d'un refrain en voix claire, grâce au featuring de Craig Chaney (Evergreen Terrace). Le tout se mélange assez bien et si la surprise est de taille vu ce qu'on connaît du groupe, il faut avouer que c'est une réussite.
Sur Zero Tolerance, qui clôture cet album, le groupe nous démontre aussi un côté plus mélodique de leur hardcore. Pas de voix claire sur ce coup, plutôt des chants en choeurs taillés sur mesure pour les singalong sur scène, avec des paroles qui condamnent une fois de plus le faschisme. Sujet toujours très actuel dans la scène hardcore vu les fréquents amalgames qu'elle subit.
C'est toutes ces raisons, tous ces petits éléments qu'ils osent explorer qui placent selon moi Nasty un cran au-dessus des autres groupes de sa catégorie tout en y restant solidement attaché et respecté. Cet album confirme les impressions qu'on avait déjà pu avoir avec l'album précédent, Give A Shit. Pari réussi.
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Nasty
Evergreen Terrace