Trio nordique formé en 2013, le groupe a rapidement rencontré le succès avec Empress Rising en 2014. Suivi par Rust en 2017 qui a fait monter d’un cran encore la notoriété. Mais juste avant le début de la tournée, No Comfort – tout fraîchement pressé - vient relancer l’ascension de Monolord. Après des massages remarqués en 2018 au Durbuy Rock et Dour ( lors d’une journée stoner-doom) ainsi qu’en première partie de la tournée EU de Black Label Society voici leur belle tournée européenne en tête d’affiche. Le groupe fait sensation là où il passe, pourtant les étiquettes qui lui sont attribuées ne semblent pas lui faciliter la tâche.

?En effet, le succès de Monolord pourrait s’expliquer par l’aisance qu’il a, à rendre accessible une musique pêchue et pourtant pas facile d’accès de prime à bord : le doom metal. Mais tout d’abord, mettons à l’honneur la première partie : Firebreather. Les trois Suédois ont démarré il y a deux ans, bonne occasion donc de soumettre leur musique très doom-stoner corsé à un public similaire. Under a Blood Moon, sorti en 2019 permet à ce groupe de promouvoir un album prometteur. On tient directement un set de 45min qui roule sans accro, les riffs stoner bien entraînant sont accompagnés de beaucoup de fuzz et d’une voix gutturale aseptisée avec justesse. La salle est bien remplie déjà, même si les quelques lumières vertes sur scène ne permettent pas de voir autre chose que 3 tignasses barbues avec des instruments. Le set est très plaisant, même si un rien redondant par moment, on retiendra que Firebreather est à surveiller et à voir si ils passent là où vous êtes.

Monolord arrive sur Where Death Meet the Sea, salle comble et public motivé ce soir. L’ingé son a dompté à la perfection l’acoustique du Magasin4, pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Ce doom psyché-sludge sonne magnifiquement comme sur CD. Quasi aucune communication avec le public, mais personne ne remarque tellement ça sonne bien sur scène. La longueur des morceaux fait que nous n’en aurons « que » 8 ce soir, ce qui équivaut tout de même à 1H10 de concert. 2 titres de Empress Rising – 2 de Rust – 3 de No Comfort + Lord of Suffering, voilà pour le bilan. On en aurait bien voulu un peu plus tellement on est bercé par cette musique. Il y a ce petit truc en plus qui fait qu’un engouement autour de ce groupe a lieu.

Bien que les notes se suivent et se ressemblent, tout comme le chant liturgique reverbé et planant de Thomas Jäger. Les riffs puissants de Audhumbla suivi par The Bastard Son déclenchent automatiquement un lourd hochement de tête général. Acclamation, voir même ovation entre chaque relance, Monolord nous gâte, mais la grande foule témoigne de l’attention donnée au groupe par le public belge. Lorsque Rust débute, l’un des « tubes » du trio, on se surprendrait à vouloir enchaîner toute la discographie du groupe sur le concert tellement ça sonne bien dans le M4 ! Il faut cependant trouver une petite chose à redire à cette soirée : le light show de Monolord est toujours recherché. Les spots ne bougent pas d’un poil, envie du groupe ou non-inspiration de l’ingé light ? Qu’à cela ne tienne, on a droit à du haut vol avec un son réglé au DB près. On termine sur le désormais – presque – traditionnel titre Empress Rising, premier succès du groupe. Le public en redemande encore et Monolord, lui, répète le riff final en boucle jusqu’au dernier « Thank you, we are Monolord » qui résonnera longtemps comme les pédaliers encore allumés sur scène. Les 70 minutes semblent trop courtes pour la majorité des fans, qui iront combler ce manque par une bière ou l’achat d’un vinyle. Le Magasin4 fête ses 25 ans en grandes pompe avec des dates comme celles-ci, et quand on regarde le nombre de jolies dates de cette envergure : foncez !

