Formé en 2013 à Göteborg, MONOLORD a très vite enchainé les étapes. Si vite que le premier album s'avère quelque peu décevant, pas assez personnel et manquant d'originalité pour faire l'unanimité.
La tâche de convaincre les critiques les plus exigeantes reviendra donc au deuxième opus, Vænir, qui remplit parfaitement son rôle. Le ton 70's et Psyché-pachydermique est toujours au rendez-vous, mais MONOLORD ne se contente plus de singer ses prédécesseurs.
Derrière un mur du son travaillé, MONOLORD développe un sens du groove où l'hypnotisme est vaporeux. Les rythmes lents mais appuyés de Esben Williams sont d'une efficacité encore plus redoutable lorsqu'ils sont appuyés par la basse distordue de Mika Häkki. MONOLORD traverse les atmosphères et allume un brasier Doom avec le bien nommé We Will Burn.
Son amour pour l'héritage de BLACK SABBATH était à peine dissimulé sur Empress Rising. Avec Vænir, MONOLORD ne renie bien évidemment pas ses racines, mais il s'approprie bien mieux ses influences comme en témoigne Nuclear Death.
L'album sombre puise dans ce que l'humanité possède de plus corrompu pour inspirer MONOLORD. Cette misanthropie est omniprésente sur Væenir. Elle se reflète autant dans le musique des Suédois que dans les textes de Thomas V. Jäger qui aborde son dégoût de l'être humain en choisissant la religion, l'avidité ou l'abus de pouvoir comme sujets de prédilection pour son deuxième disque.
La formation laisse toutefois une pointe d'espoir avec une bouffée d'air frais entre ses deux titres monolithiques, Dead A Million Times et Vænir. The Cosmic Silence résonne comme un interlude où la légèreté apporte un court répit à l'âme.
MONOLORD est maintenant mûr pour se caler à la hauteur de ces groupes qui comme lui font l'apologie de la lourdeur (UFOMAMMUT, YOB, SLEEP...). Le souvenir de son premier disque prématuré, est loin alors qu'il ne date que de l'année dernière. Vænir provoque le séisme nécessaire pour remettre les compteurs à zéro. Il est temps d'encenser et d'adorer.

Monolord
Black Sabbath
Ufomammut
YOB