Mais pour cette programmation, il était certain que l’audience ne serait pas que locale ! J’ai reconnu des têtes bruxelloises et liégeoises par exemple, qui avaient fait le déplacement !
Très vite, toute personne qui entrait repérer les lieux, comprenait que la soirée allait être chaude et physique. Avec l’étroitesse de l’endroit, il faudra jouer des coudes pour essayer d’entrapercevoir le groupe. L’entendre, ne serait pas un problème par contre.
Le groupe qui ouvrait provient de Mons et fut emmené par RESISTANCE. THE LAST SHOT OF WAR est visiblement encore jeune. Il joue dans la cour du Death-Core à tendance Hard Core. Le set fut court, c’est toujours mieux lorsqu’il y a encore une série de faiblesses de jeunesse. Il faisait toutefois déjà bien chaud à l’intérieur de la Taverne. THE LAST SHOT OF WAR avait beau compter une série de lacunes, le quintet se donnait et voulait que le public, composé en partie de potes au groupe puisse se démener. Si il ne m’a pas transcendé, on peut dire que les jeunes de THE LAST SHOT OF WAR ont assuré leur boulot avec honneur… le public bougeait déjà bien.
Le temps de se bousculer un peu sur l’étroite scène, de brancher quelques nouveaux câbles, de s’y perdre un peu et RESISTANCE était prêt. Eux aussi dans le rayon du Death-Core mais RESISTANCE a de la bouteille. C’était déjà vrai avant, ça l’est encore plus maintenant. Bien évidemment, il y a son lot de clichés ou de plans convenus mais le moins qu’on puisse dire c’est que RESISTANCE assure jusqu’au bout et sans faille. Pas la peine de préciser que la température a encore grimpé à l’intérieur du lieu. Un set assez court finalement, mais très certainement un horaire pour le voisinage à tenir…
Le thermomètre a explosé et chaque partie de mon corps me disait qu’il allait falloir s’accrocher pour ramener des photos. Le public n’était pas toujours des plus fins, et il s’entassait derrière moi dès les dernières notes de RESISTANCE, en revendiquant le groupe qu’il était venu voir : BRUTAL TRUTH.
Quand on connaît la musique du quatuor, c’est assez amusant de le voir très nonchalants, posés et calmes. Comme les Américains jouaient sur le même backline que les groupes précédents, ils a fallu patienter un peu pendant l’installation, qu’ils aient trouvé leurs marques. Ce qui n’était apparemment pas facile pur tout le monde et derrière moi, on commençait doucement à mettre la pression pour que ça commence.
Cette excitation électrisée palpable semblait faire plaisir à Kevin Sharp, le chanteur du groupe. Dès Sugardaddy, le premier morceau (et qui ouvre aussi le dernier album du groupe), ce fut le délire dans la salle. Le public hyper agité s’est pressé devant de la scène, les bras ont gesticulé, les mouvements de droite à gauche se sont enchaînés… bref dans le café, le chaos régnait devant la scène. Sur le côté, le public massé et serré empêchait toute sortie mais aussi toute nouvelle entrée. Les moins motivés (ou les plus prudents) regardèrent par un rideau mal fermé de l’extérieur.
Le son rendait le grind de BRUTAL TRUTH très métallisé, de la voix aux instruments. Ce qui donnait très bien d’ailleurs. Une bonne trentaine de morceaux étaient prévus et furent joués, démontrant une fois de plus, que les plus très jeunes de BRUTAL TRUTH ont encore une pêche d’enfer. Si la bande à Kevin Sharp s’est demandée ce qu’elle faisait dans un lieu rudimentaire comme la Taverne du Théatre, elle est sûrement repartie avec le souvenir d’un public déchaîné et conquis à sa cause !

Brutal Truth
Resistance