Imprévisible, attachant, drôle, souvent à la limite, Arno, même si beaucoup le trouvent un peu too much, reste un must dans le paysage musical de notre plat pays. Mais voilà, Arno, et ça fait également partie du personnage, est capable de donner le meilleur comme le pire. La fatigue ? Manque d’envie ? Un peu (trop) imbibé ? Ou alors les trois à la fois ? Hier soir Arno, affichant une barbe de quelques jours, semblait tout simplement dans un mauvais jour.

Arno - 17/08/2013 - BSF © Séverine Bailleux
Alors qu’en décembre dernier il nous donnait deux concerts époustouflants dans une Ancienne Belgique archi comble (notre article à lire ici), hier soir, sans être mauvais, Arno n’aura fait que le strict minimum.
Beaucoup moins loquasse que d’habitude, Arno enchaîne les morceaux en oubliant de nous raconter les anecdotes qui vont avec. Quand il nous lâche dans son accent inimitable "Voilà je va faire un chanson pour ma facteur" ou "Ça, c’est un morceau pour ma grand-mère", les habitués d’Arno, ou ceux qui l’ont vu dans un meilleur jour, le savent, derrière chaque titre se cache une histoire souvent à se tordre par terre ou à vous laisser une larme couler le long de la joue. Hier soir, rien.
Après près de 40 minutes de concert il nous sort en broebelant "On est moche, mais on s’amuse quand même", nous on a des doutes. Mais cette sortie de la part du chanteur ravit une partie de l’assistance, celle venue sans doute seulement (et malheureusement) pour les frasques du personnage.
Si au niveau musical, bien qu’Arno ne nous les ait pas présentés, les musiciens assuraient, comme d’habitude. Le seul point positif de ce concert, en plus de la qualité des musicos, se situait dans la set list proposée par Arno. Si beaucoup attendaient les gros succès tels que "Les yeux de ma mère", "Elle adore le noir" ou encore "Les filles du bord de mer", Arno aura plutôt donné la part belle à son époque TC Matic, plus new wave. Pour ceux qui voulaient plus de variété, l’avant-veille, pour rappel, il y avait Cali sur la même scène.
Avant de faire un tour rapide par les coulisses, Arno nous martyrise quand même l’ "Ode à la joie" (hymne européen) sur "Putain Putain", oui on sait, c’est vachement bien. Mais voilà, même là Arno semblait ailleurs. Après avoir disparu quelques minutes, "sûrement pour aller cuver" comme nous avons pu l’entendre derrière nous dans le public (ceux-là auront de quoi raconter lors de leur prochain passage chez le coupe-tifs ou chez l’esthéticienne),Arno revient sur scène armé de ses cymbales pour nous donner un semblant de rappel en nous interprétant "Bathroom singer". Le morceau qui, d’habitude, fait rebondir une salle entière manque de nouveau de jus. Après quelques "tingelingeling" agrémentés de coups de cymbales rageurs, Arno les jette et salue à peine le public avant de disparaître définitivement dans les back stage, là oui, surement pour boire un coup.
Une prestation en demi-teinte, qui lui vaudra d’ailleurs quelques sifflets (un peu exagérés) et laissera une partie de l’audience dans l’incompréhension. Hier, Arno avait décidé que ça serait comme ça et pas autrement. Circulez, il n’y a rien à boire, pardon à voir ! Pour les autres, nous ne pourrions mieux vous conseiller d’aller le voir en salle et de préférence à Bruxelles ou Ostende, où généralement Arno nous montre un tout autre visage, le vrai cette fois.

Arno