Il est 22h30. La Rotonde, bourrée massacre, est plongée dans l'obscurité. Seul un immense drapeau belge flotte virtuellement sur l'écran géant disposé en arrière-fond. A ce moment là, on ne le sait pas encore, mais les trois lascars, sérieusement épaulés par une équipe vidéo, nous ont préparé un show du feu de dieu qui sera tant visuel qu'auditif. Les voilà qui entrent en scène. Silence. Première constatation, ils ont envoyé au diable (rouge) les anciennes panoplies de cow-boy qui faisaient jadis leur marque de reconnaissance. Les voilà fringués en noir-jaune-rouge. Bah ouais, ce soir, ils sont The Belgians! Tout à coup, clap, générique. Ça commence. Dans un décor old-school du JT de la RTBF, la douce Ophélie Fontana apparaît à l'écran et lance le reportage de la soirée.

© Olivier Bourgi
Et bardaf, première claque dans la poire (in het "vloems", da's in de peer )! Boogie Snake, le p'tit blond par ailleurs chanteur/guitariste, nous balance une version de la Brabançonne à la Jimi Hendrix. Sur l'écran, défilent des images d'archives d'événements qui ont marqués notre plat pays! On y (re)découvre des figures marquantes de l'histoire (un peu bizarre) de notre petite Belgique. Ça va du Roi Baudoin, à Marc Dutroux en passant par JCVD, Toots Thielemans, Bla-Bla et VDB (non il n'est pas crevé!).
Vient ensuite un chapitre dédié à la bouffe made in Belgium. Une petite gaufre? Quelques ballekes met tomatensaus? Un bon pack frites ou une petite moule? Non peut-être! Dans un fracas digne du mur du son, notre trio continue son show comme il l'avait débuté: le pied au planché! Sur l'écran on frise l'indigestion. On en a surpris quelques uns à avoir des haut-le-cœur dans le public. Ça, ça devait sûrement être des touristes, une fois! Nous, ça nous a plutôt mis en appétit.
Si niveau musique The Experimental Tropic Blues Band a choisi d'y aller un peu plus franco que par le passé, l'originalité du show se tient bien entendu dans les différents clips vidéo qui accompagnent les morceaux. Souvent à la limite de choquer ou de déranger, le film nous rappelle tant les bons que les mauvais souvenirs. Des p'tits Belges à Mexico, c'était en 1986, à la tuerie de Liège de 2011, TETBB fait frémir, mais, surtout, nous fait rire. On aura également droit à une belle définition du Belge par notre ami Plastic Bertrand, mais au final, c'est Arno qui nous le rappelle: "La Belgique, c'est comme une vieille pute, elle est ouverte à tout!".

© Olivier Bourgi
En tout cas, avec un nouveau spectacle du tonnerre de dieu qui aura duré une grosse heure, The Experimental Tropic Blues Band a choisi de surfer, non sans succès, sur la vague nationaliste. Pas séparatiste, hein. On a bien dit nationaliste. Alors que les Diables Rouges s’apprêtent à gagner la Coupe du Monde et que le parti Pirate risque bien d'obtenir la majorité absolue à la Chambre lors des prochaines élections, nos trois Liégeois ont flairé le bon coup. Le Belge, oué, ça fait vendre ma p'tite dame! Après un clap de fin qui verra les trois "artisss" s'échapper à bord d'une fusée (on vous rassure, c'était dans l'film), c'est bien normalement que les trois mille personnes présentes dans la Rotonde les ont ovationnés comme ils le méritaient. Rotferdoum, non didjeu, qu'est-ce que c'était bien!

