
La Jungle (un jour plus tard au Pacrock Festival)
C'est connu, le Hainaut, le Borinage, c'est rude, c'est La Jungle. Et si Mons, capitale éphémère de la culture en 2015, tente de garder la tête hors de l'eau, il suffit de se rendre à Frameries, Quaregnon ou encore à Jemappes pour se rendre compte qu'appeler cette région La Jungle a finalement tout son sens. Qu'à cela ne tienne, car le chef-lieu de la Province du Hainaut recèle de petites merveilles musicales et La Jungle en fait assurément partie. A cheval entre la noise et la trance, ce duo composé d'une six corde boostée à doses d'effets en tous genres et d'une batterie surpuissante nous aura foutu la claque de la soirée! En s'appuyant sur la frappe de mule de son comparse, Mat, le guitariste, crée le reste du morceau devant nous en enregistrant plusieurs riffs qu'il finit par superposer les uns sur les autres. Le résultat est surprenant et détonant. Leur premier album éponyme est sorti en janvier et, un conseil, écoutez-le!
Dans une Rotonde pleine à craquer, les deux frères Loveless accompagnés désormais de Rob Graham à la basse, font leur entrée. Et si derrière leur nonchalance se cache toujours une certaine timidité, celle-ci s'est largement estompée depuis leur premier passage sur ces mêmes planches. Plus aguerris, les deux gamins, forts du succès largement mérité de leur premier opus, viennent nous présenter leur deuxième-né, Undertow, sorti début du mois. Plus abouti, plus travaillé et surtout plus arrondi que son prédécesseur, ce nouvel album marque une évolution au sein du groupe qui, intelligemment, s'est offert les services d'un bassiste, ce qui leur donne plus de possibilités au niveau de la composition. Enchainant les titres sans s'adresser au public hormis un ou deux "miaou" lancés par l’aîné de la fratrie, ces deux diables de Loveless nous foutent une deuxième claque. Pas de doute, ces deux gamins-là ont pris de la bouteille et semblent loin de se prendre la tête.
Et si certains titres de leur nouvel album font mouche à l'image du très dansant "We Can Do What We Want", ce sont encore les morceaux de leur premier album qui atomisent la Rotonde. Bénéficiant d'une production moins élaborée, celui-ci nous offrait quelques petits bijoux de rock garage et de grunge dégelasse comme on les aime. On pense ici à "Dogmeat", à "I Wanna Break You In Half" ou encore au très particulier "Fuckabout" qui débute en acoustique avant d'énerver toute l'assistance. Après une heure, tout était plié et les trois gamins repartis en coulisse. A cheval entre du Nirvana revu et corrigé et du Black Rebel Motocycle Club en plus gentil, Drenge fait assurément partie de l'avenir du rock made in England, et on vous parie une bière que c'était la dernière fois qu'on les voyait à la Rotonde qui, lors de leur prochain passage sera sûrement devenue trop petite pour accueillir tout le monde!
Drenge
Petula Clarck