
Une autre surprise m’attend aussi à l’arrivée : la Rockhal est coupée en deux ce soir, la grand salle voyant en effet se produire le duo de DJ Dimitri Vegas & Like Mike. Cette soirée commencera durant le concert d'At The Gates, qui lui a lieu dans la partie « Club », mais, comble de l’ironie, c'est bien pour cette soirée que de nombreuses personnes font déjà la file devant le complexe...

A mon arrivée, je vais jeter une oreille distraite à Miles To Perdition, groupe local de Metalcore que j’ai déjà vu de nombreuses fois auparavant. Les Luxembourgeois se sont en effet spécialisés dans les premières parties des gros concerts de la place, au risque de créer un phénomène de lassitude. Le contenu reste cependant relativement intéressant, avec un rendu global qui m’a semblé plus brutal que par le passé. Mais, en toute honnêteté, j’avais plus la tête à siroter un rafraichissement au soleil avec les amis rencontrés sur place, et surtout au show d’At The Gates à venir.

Après une tournée US à l’affiche hallucinante les réunissant avec Converge, Pallbearer et Vallenfyre, je craignais de voir les At The Gates peu motivés à l’idée de se produire devant une maigre affluence au Luxembourg. Et pourtant ! A l’image des photos publiées sur leur compte Facebook durant la journée, les Suédois semblent aussi motivés que détendus et investissent la scène avec le sourire, enfin surtout Tomas "Tompa" Lindberg (chant) et Adrian Erlandsson (batterie). Une scène qui a gardé ses lights discrètes et son décor sobre et élégant de la tournée de fin 2014, si ce n’est le kit massif d'Adrian qui a reçu manifestement de quoi se faire plaisir sur cette date avec ce kit Tama Starclassic (sa frappe forte et distincte se fera bien entendre en tout cas !).

Surprise : en dépit de l’affluence faible, une certaine ambiance se dégage, les fans présents étant aussi motivés que bruyants. En tout cas dans les premiers rangs ! Ca lève du poing, ça reprend les lyrics et ça gueule dès qu’il le faut ; voire ça tente des slams (même si très honnêtement ce n’est pas vraiment le genre de concert fait pour cela). A ce niveau, on note d’ailleurs tout le savoir-faire de Tompa qui, depuis son doigt pointé vers le ciel dos au public dès l’intro (El Altar del Dios Desconocido / Death and the Labyrinth), jusqu’à la conclusion sur The Night Eternal, sait comment motiver ses troupes, que ce soit dans ses discours ou sa façon de pousser le public à participer durant les parties instrumentales. Tout ceci entre deux coups d’œil au score de la finale de la Ligue des Champions, mis à jour par un roadie sur une tablette posée sur le côté de la scène !

At The Gates se voit donc récompensé par son attitude très professionnelle envers le public présent, et peut donc envoyer comme si de rien n’était une setlist composée de ses brûlots tous plus incendiaires les uns que les autres. Le tout bien aidé par un son très bon, permettant de distinguer subtilement ces riffs typiques à la At The Gates aussi bien que la section rythmique en grande forme ce soir. Inutile de revenir dans le détail des morceaux joués, s’agissant là d’un copier/coller du show d’Anvers notamment. Un aspect se dégage en revanche davantage que précédemment : le contraste entre le plus direct Slaughter of The Soul (toujours premier dans les suffrages à en croire les réactions du public) et le plus mélancolique At War With Reality (logiquement mis à l’honneur), les compos de ces deux albums se mélangeant d’une façon fort agréable, surtout rehaussés ainsi par les vieux classiques tels que Windows (un peu cassé par quelques pains ici cependant), Raped By The Light of Christ, The Burning Darkness ou le très attendu Kingdom Gone, durant un rappel où fut joué l’incontournable Blinded By Fear, hymne increvable du groupe

Si des décors à la setlist ce début de tournée se veut un simple prolongement de celle entamée après la sortie du nouvel album, impossible ce soir de ne pas prendre son pied si on est un fan de At The Gates qui se respecte. Mais à voir l’affluence de ce soir, on se prend clairement à rêver d’une date de ce type dans un endroit bien plus intimiste...


At the Gates

Decapitated
Miles to Perdition
Converge

Vallenfyre