Reportage

Clutch, une machine à riffs réglée comme du papier à musique

Bruxelles (Ancienne Belgique), le 14-12-2016

Dimanche 18 décembre 2016



Dans le genre affiche de fin d'année, l'AB a une nouvelle fois gâté son public en invitant les Ricains de Clutch et de Valient Thorr pour une soirée placée sous le signe d'un stoner plus que couillu. Les deux groupes, pourtant déjà habitués à tourner en Europe, débarquaient au 110 du boulevard Anspach pour la première fois et la salle au sol pourpre, habillée pour l'occasion dans sa configuration Box, affichait un taux de remplissage plus qu'honorable. Faut dire qu'avec un stoner accessible, commercial, mais plus qu'appréciable, Clutch a de quoi séduire et ses 25 ans de carrière ne font que justifier le fait que le combo originaire du Maryland (côte est) soit devenu plus qu'une valeur sûre de cette scène qui n'a pas fini de faire parler d'elle. En première partie, la bande à Neil Fallon (Clutch - chant) s'est offert les services d'un autre diable: cet hirsute de Valient Himself venu avec son band Valient Thorr. Ambiance garantie!



Avec leur septième album, sorti en juillet dernier, les cocos de Valient Thorr n'en finissent pas de nous abreuver d'opus studio à la qualité moyenne, mais qui, une fois joués en live, prennent une toute autre dimension. Et Old Salt ne fait pas exception à la règle. Si on pourra s'en passer à la maison sans pour autant la détester si on la glisse sur sa platine, la musique de Valient Thorr vaut par contre plus que la peine d'être vécue de visu. Avec une volonté et une envie qui ne diminue pas depuis 2001, année de sa création, le combo qui nous vient de Caroline du Nord n'en finit pas de nous amuser et surtout de s'amuser! Car avec une dose de bonne humeur, d'autodérision et surtout quelques litres de sueur, Valient et sa bande balancent une patate d'enfer et nous foutent la banane jusqu'aux oreilles, ce qui suffira à excuser les quelques approximations au niveau du chant. Après un petit 40 minutes de show la messe est dite. La bière coule et le début de soirée est plus que réussi.

Clutch arrive ensuite avec son stoner aux accents de hard rock dont le groove n'a désormais plus rien d'étonnant, puisque ça fait 25 ans qu'il reste presque sans pareille, mais qui n'a de cesse de faire remuer les salles. En mettant tout d'abord ses deux derniers albums à l'honneur, Earth Rocker (2013) et Psychic Warfare (2015), Clutch peine à faire décoller l'ambiance, mais, tel un diesel, poursuit son effort et parvient, après 4/5 morceaux, à se mettre l'AB dans la poche. Avec ''The Mob Gose Wild'', titre sorti de son album Blast Tyrant (2004),le quatuor atteint alors sa vitesse de croisière et nous rappelle au bon souvenir qu'il est avant tout une machine à riffs.



Avec un Tim Sult (guitare), quasiment en religion et complètement statique, mais à la maîtrise de la six cordes ô combien magique, Clutch tient là un chef d'orchestre à la bouille antipathique, mais au talent indéniable. Tout ce qui sort de ses amplis agit directement sur les cervicales et descend directement dans les bottines. De son côté Neil Fallon assure le chant d'une bien belle manière avec sa grosse voix. Le reste du band, discret, vient enrober tout cela d'une rythmique efficace. Le tout forme alors un cocktail, qui pourrait certes être un chouïa plus musclé, mais qui se laisse boire abondamment sans promesse aucune de mal de tête. Le rêve!

Pour le reste on avouera que la bande est loin d'être parmi les plus rigolotes. Provoque ou réelle antipathie, quelques heures avant le show, on apprend que Clutch interdira les crowd surfing tout en menaçant d'exclure du show les petits malins qui s'y essayeraient. Il n'en aura pas fallu plus pour inciter le public à s'en donner à cœur joie. Slam à gogo, et simple remontrance de la sécu. L'interdiction reste au final le meilleur des moyens de faire faire quelque chose à quelqu'un. Et si tel était le but de la bande à Neil Fallon, force est d'avouer que c'était au final moyennement réussi.

Bref, au niveau musique, si on aura sans doute trouvé quelques passages tirés en longueur, la prestation à laquelle l'AB aura eu droit était loin, très loin, de décevoir et c'est bien là le principal. Un rapide passage par les coulisses et voilà que Clutch nous revient pour une poignée de morceaux, dont son tube, ''Electric Worry'', petite bombe qui aura clôturé cette soirée en nous remettant une banane d'enfer. Clap de fin, le groupe se casse pour de bon alors que les baffles de la salle crachent ''Ace of Spades''. S'en suit un pogo magistral devant les roadies, amusés, déjà occupés à replier bagages. Motörhead Powa!
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