Avec Book of Bad Decisions, Clutch nous embarque dans une réflexion relative à la société américaine telle qu’ils la perçoivent, réflexion à laquelle s’adjoint un fond sonore endiablé. Les thèmes abordés sont dans le continium de ceux qu’avaient introduit Psychic Warfare ; après nous avoir prévenu que le pays allait partir en sucette, ils nous dressent le portrait des conséquences de la dernière élection présidentielle.
Une des premières choses qui marque à la découverte du nouvel opus est la présence de quinze titres qui auraient allègrement pu composer deux albums à part entière. Quand on se rappelle que Psychic Warfare compte dix véritables chansons –The Affidavit fait office d’introduction et Doom Saloon n’est qu’un très court titre instrumental, on apprécie cette générosité.
La qualitatif, extrêmement varié, est à la hauteur du quantitatif ; les quinze titres, tous forts différents, sont irréprochables -ou presque . Ainsi, vous passez de Vision Quest, avec son piano digne d’un western et dont on a l'impression qu'il a été enregistré dans un saloon à In Walks Barberella, titre aux accents funk, en faisant un détour par la ballade mélancolique Spirit of 66. Cette dernière n’atteint pas le niveau de l’excellent Our Lady of Electric Light ; on lui préférera Lorelei, composition touchante qui clôture l’album.
La propension de Clutch à ne pas se prendre au sérieux n’a pas diminuée. Outre la recette de cuisine décrite dans Hot Bottom Feeder, nous ne sommes pas près d’oublier la crise d’hilarité provoquée par How to Shake Hands qui conte l’accès à la présidence des Etats-Unis de Neil Fallon.
L’intérêt principal de Book of Bad Decisions réside dans le changement de producteur qui influence grandement les sonorités développées. Alors qu’Earth Rocker (2013) et Psychic Warfare ont été enregistrés en collaboration avec Gene Freeman alias Machine, le nouvel opus a été produit par Vance Powell (Chris Stapleton, Red Fang, Jack White/The White Stripes etc.) ; ce dernier fait également office d’ingénieur du son pour l’occasion.
L’enregistrement dans le studio Sputnik Sound de Nashville a pris à peu près trois semaines. Vance Powell a opté pour une technique d’enregistrement qui permet de capter en même temps l’ensemble des musiciens présents dans une même pièce, ce qui offre un rendu proche des prestations live. La voix de Neil Fallon semble venir du fond de la pièce où la prestation artistique a lieu ; elle parvient à atteindre nos oreilles du fait de la réverbération. L’effet est bluffant ! Même si certains regretteront la pureté de Psychic Warfare, ils devront concéder que l’ambiance brute produite par Vance Powell est saisissante.
Le changement de producteur a également eu un impact significatif en apportant plus de variété que les deux albums précédents produit sous l’égide de Gene Freeman. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les quatre singles promotionnels,tellement différents les uns des autres.
En définitive, Book of Bad Decisions est un album extrêmement classique mais efficace qui répondra sûrement aux attentes des fans de Clutch. Si l’on ajoute à cela les changements apportés au niveau de la production qui font souffler un vent de fraicheur sur ce nouvel opus, on ne peut que tomber sous le charme. Bref, Clutch a encore frappé un grand coup.
Clutch - Book of Bad Decisions - Stoner - United States

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