Reportage

Pain Remains : Un fest sans tête d'affiche, sans montre, mais avec des bons groupes

Genk (Club 26), le 28-04-2018

Lundi 30 avril 2018

Le Pain Remains Fest présentait pour ce samedi 28 avril une affiche ambitieuse et alléchante. Des préventes intéressantes, quelques réactions sur l’évènement Facebook lié au festival… tout laisser présager que ce Pain Remains Festival tienne ses promesses.



Jusqu’au matin du festival où l’organisation diffusait ce message sur Facebook :

We are very unfortunate to anounce that Betraying The Martyrs
Betraying The Martyrs


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are not going to play tonight. ?Full statement later this day.
Still we want to ask to please come and support every other band!
Everyone who bought presales will get 2 deink coupons as a compensation and all those about to come out and by a ticket at the venue we lowered the prices to €15 at the doors!
PRF-crew ,
See you all in a bit!


Le groupe enchaîna avec un communiqué diffusé via le même canal :

Dear Belgian fans,?

Unfortunately, we learned yesterday from the promoter himself that he didn't have the money to pay for our performance.

We LOVE the belgian scene and we love your country, but we can't ask all our crew members to do their job and not being able to pay them in return, not being able to refund the gear, the van rental, fuel, different transportations tickets etc.

Refunds are available at your points of purchase.

We know we haven't played Belgium in a long time, but don't worry, we haven't forgotten about you guys, and i can already tell you that we have a very special show lined up for you in the upcoming months!
See you all soon!
BTM x


Nous voilà bien.

Donc, direction ce festival duquel on ratait de toute manière le début (impératifs professionnels) et qui se voyait maintenant amputé d’une de ses meilleures raisons d’être : sa tête d’affiche.

Le point positif, c’est qu’en arrivant à 19h, on constate que l’organisation a sans doute choisi de retarder légèrement le coup d’envoi des concerts puisqu’au lieu de Strains
Strains


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comme prévu par la timetable initiale, ce sont les Anglais de Deadthrone
Deadthrone


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qu’on découvre dès le début de leur set alors qu’on s’était faits à l’idée de les rater. Et si l’énergie du groupe est notable, l’ambiance semble encore peu marquée au sein du public qui découvre le groupe (dans sa majorité) et reste loin de la scène. Comme souvent, seuls deux membres du public offrent au groupe une démonstration de gratitude sur la fin du set en scandant quelques paroles dans le micro du chanteur. Si le binôme screams du chanteur / clean vocals du guitariste est loin d’être original, le groupe va un peu plus loin dans les accalmies et la mélodie, jusqu’à devenir très pop par moments. Un bon moment en ouverture de fest (en ce qui nous concerne) mais qui ne marquera sans doute pas les esprits.



C’est lors de l’arrivée de Strains
Strains


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, originaires de la région, que le public se montre réellement réceptif. Je ne les avais pas vus depuis leur set en ouverture de While She Sleeps
While She Sleeps


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et Polar
Polar


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à l’été 2016 et musicalement, rien n’a vraiment changé. Un hardcore percutant et bien en place, puissant et carré. Ce qui a changé si on doit vraiment comparer ce set avec ma seule expérience précédente avec le groupe, c’est sans doute l’impact que les morceaux ont sur le public, comme s’ils étaient parvenus à agrandir leur fanbase au fil des mois précédents.



Huit jours après les avoir vus à l’Ancienne Belgique (voir le live-report ici), nous observons l’arrivée de Landmvrks
Landmvrks


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sur scène pour son soundcheck. Et rapidement, on s’aperçoit que les choses ne tournent pas rond. Pourtant toujours très détendus, les musiciens ne parviennent pas à boucler le soundcheck qui finit par s’éterniser. Les signes d’impatience apparaissent sur scène et les signes de lassitude commencent à se ressentir au sein du public. Lorsque le chanteur demande plus de voix dans ses retours, c’est ceux du guitariste qui prennent du volume. Certaines tentatives de réglage ne semblent avoir absolument aucun effet, tant et si bien que le chanteur finit par demander, constatant l’heure qui ne fait qu’avancer, à commencer leur set, à l’ancienne. L’ingé son de la salle intervient alors sur scène, aussi pressé qu’un patient de gériatrie pour son contrôle de la prostate. Bah oui, c’était manifestement quelques cables qui s’étaient mélangés. C’est ballot. Et c’est donc au bout de près d’une heure 30 (oui, 90 minutes) de soundcheck que les Marseillais balancent leur setlist telle qu’on l’a découverte la semaine précédente. Hollow suivi de Wrong Generation, puis Outside And In… sur laquelle je me décide à ouvrir le pit pour le quitter lâchement aussi rapidement. Fallait bien que ça se fasse. Dès les premières secondes du set, le groupe prouve que les frustrations du soundcheck se sont dissipées et qu’il est bien décidé à démontrer l’étendue de ses talents. Les réactions du public sont raisonnablement enthousiastes, entendons par là que ça bouge un peu sans être foufou quoi. Les nouveaux morceaux du groupe, Fantasy et Scars, ont clairement trouvé leur place au sein de la setlist. Le groupe offre donc une prestation honnête, musclée, mais un peu en-deça de la performance à laquelle on a pu assister huit jours plus tôt dans un AB Club soldout.



Et cet AB sold-out, Our Hollow Our Home
Our Hollow Our Home


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y jouait également la semaine dernière. Il entame une nouvelle fois son set par le début de Hartsick, son dernier album en date sorti l’année dernière. Sans être complètement transcendé par le concerts des Anglais, je me laisse mieux transporter par leur musique et l’attitude scénique très hip-hop du chanteur. Tout le long du set, il mime et fait le play-back des parties assurées par les clean vocals du guitariste à l’image d’un chauffeur de salle… et ça fonctionne plutôt bien. Etrangement, le groupe fait l’impasse sur leur reprise de Shape Of You (Ed Sheeran) qui a l’habitude de susciter les réactions les plus vives en concert… surtout en festival où une partie du public ne connaît pas forcément tout le répertoire du groupe.



C’est pas tout ça, mais il est quand même tout doucement minuit et Oceans Ate Alaska
Oceans Ate Alaska


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doit encore jouer alors qu’initialement, si Betraying The Martyrs
Betraying The Martyrs


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avaient été de la partie ils auraient dû commencer leur set à 23h. Je me demande quand même comment les Français auraient réagi face à une organisation visiblement dépassée par l’ampleur de l’évènement. Sur la demi-heure qui suit pendant un nouveau soundcheck qui tire en longueur, j’ai encore le temps de me poser d’autres questions, comme « Est-ce que Oceans Ate Alaska
Oceans Ate Alaska


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aura la patience d’assurer les 35 minutes de set prévues? »
ou « Ai-je bien fermé la bagnole? ». Oui, réellement ce soir l’attente entre les groupes était telle qu’on pouvait se poser toutes les questions existentielles qu’on évite en général… et on aurait même pu en trouver certaines réponses. Le public est toujours présent à 0h30 lorsque Oceans Ate Alaska
Oceans Ate Alaska


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démarre son set. Les rythmiques effrénées, sur base de contre-temps et de breaks inattendus attirent une bonne partie des musiciens sur le côté de la scène pour essayer de comprendre comment le batteur arrive à mener la danse de manière aussi mathématique et mécanique. Le groupe enchaîne les morceaux issus de Hikari avec une réelle efficacité, mais les conditions auront quand même raison de mon lâcher-prise envers leur musique.



Jusqu’au bout, les gars de l’organisation que j’ai croisés ont gardé un enthousiasme contrastant avec les couacs visibles et les retards accumulés. Une impression étrange de bonnes intentions mélangées à un excès de coolitude qui laissera un souvenir en demi-teinte pour ce Pain Remains Fest qui y gagnerait à viser un encadrement professionnel à la hauteur des groupes présents sur l’affiche.
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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

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