Reportage

La Guerre des Gaules 2018 : entre hardcore et metalcore

Chênée (Centre culturel de Chênée), le 27-10-2018

Dimanche 4 novembre 2018

Depuis maintenant 10 ans, les organisateurs de la Guerre des Gaules (auxquels on doit également le Durbuy Rock Festival) réussissent le pari osé de proposer une journée de festival en octobre entièrement dédiée au metal issu de la francophonie. À ne pas confondre avec metal « francophone ». Même si, cette année encore, ils sont plusieurs à revendiquer l’utilisation du français dans le metal. Est-ce que l’édition 2018 se démarque des autres pour fêter cet anniversaire ? Pas vraiment. Mais au vu des groupes à l’affiche, on se devait d’être de la partie.



Undershelter ouvre les hostilités avec un mélange de neo-metal et de hardcore soutenu par quelques excellents riffs qui font bouger les têtes en rythme dans le… public ? Tout dépend : à partir de combien de personnes peut-on parler de « public » ? Parce qu’à 13:00, la salle est pour ainsi dire déserte si l’on ne compte pas les photographes, les bénévoles et l’organisation. C’est dommage pour les trois Liégeois qui, mis à part des titres trop teintés neo que pour être originaux, livrent une prestation tout à fait honorable. Ceci dit, on comprend les spectateurs qui ont choisi de venir plus tard : à cette heure-ci, il n’y a rien à faire entre les concerts… Mais qu’à cela ne tienne ! Moins d’une demi-heure plus tard, Face The Truth
Face The Truth


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est là pour relancer la machine. Les gars sont en terrain connu et, avec la programmation plus tard dans la soirée de Lifers
Lifers


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et Black Bomb A
Black Bomb A


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, on peut même dire qu’ils sont venus en famille. La salle se remplit petit à petit, comme si les spectateurs pariaient sur une bonne dose de hardcore pour faciliter leur digestion. En tout cas, Face The Truth
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fait doucement mais sûrement monter la température.




Petit aparté metalcore pour suivre avec les Namurois de Wolves Scream
Wolves Scream


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et les Genevois de Promethee
Promethee


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. Wolves Scream
Wolves Scream


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s’installe sur la scène du Centre Culturel de Chênée avec une toile à son nom en fond de scène et des amplis décorés. Avant de les entendre, on hésite encore quant à la catégorie dans laquelle les classer : poseurs sans vergogne qui mettent le paquet sur leur image de marque ou ambitieux qui se donnent les outils pour se professionnaliser ? Quelques morceaux, et c’est tout vu : les mecs font preuve d’une belle maîtrise aussi bien technique que scénique. Le set est carré, efficace. On regrettera que le public ne soit pas plus réceptif et vienne gâcher les morceaux plus calmes avec des échos de conversation. Pour le dire autrement : Wolves Scream
Wolves Scream


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aurait mérité de jouer plus tard dans la soirée et, surtout, devant un public plus réceptif. Et si le public voulait quelque chose de plus lourd, il ne sera pas déçu avec Promethee
Promethee


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. De l’aveu du chanteur, leur précédent passage à la Guerre des Gaules remonte à cinq ans. Une chose est sûre, ils ne sont pas là pour taper la convers’ et les oreilles locales se souviendront de leur partie rythmique écrasante et de la voix du chanteur. Les titres s’enchaînent avec une rapidité déconcertante. Bluffant de puissance.



On revient ensuite en cité ardente avec Lifers
Lifers


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, un grand classique de la scène hardcore liégeoise. Le groupe a l’habitude de la scène, ça se voit, et est d’autant plus à l’aise qu’il joue face à un public presqu’entièrement acquis à sa cause. C’est l’heure des premiers francs mouvements de foule. On peut ne pas être fan de hardcore, il faut savoir reconnaître le talent quand on le voit… et quelle voix justement ! Les autres membres du groupe ne sont d’ailleurs pas en reste. Tout ça est très bien exécuté et la petite heure qui leur était impartie passe trop vite.



Après une énième transition au son de No One Is Innocent
No One Is Innocent


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qui cache sans subtilité une tranche de promo pour le prochain événement de l’organisation, la soirée se poursuit avec un changement radical de style : du punk tout droit venu de Paris avec Pogo Car Crash Control
Pogo Car Crash Control


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! Le groupe installe ses sets de pédales scotchées sur des planches de skate, fait quelques balances, puis se lance dans une débauche d’énergie de cinquante minutes. Ils n’en sont qu’à leurs début dans leur carrière, mais ils méritent d’aller loin. Le quatuor donne absolument tout ce qu’il a sur scène et le public suit. On a même droit à un wall of death et à un crowdsurfing du guitariste, ce qui n’est pas rien dans une salle comme celle-là avec un public comme celui-là. Si vous voyez Pogo Car Crash Control
Pogo Car Crash Control


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à l’affiche en Belgique, il n’y a pas d’hésitation à avoir.



C’est au tour des Lillois de Unswabbed
Unswabbed


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, première des trois têtes d’affiche de cette édition 2018, de prendre ensuite possession de la scène. Quand un groupe chante en anglais et qu’on capte que le refrain, ça suffit. Mais il faudra rappeler à l’ingé son l’importance d’un son parfaitement équilibré pour profiter pleinement d’un groupe qui chante en français. Ça casse facilement l’ambiance. Quoi qu’il en soit, ça ne semble pas déranger le public de ce soir qui prend son pied pendant toute la prestation du groupe. La setlist alterne les classiques qu’on se surprend à connaître encore par coeur et les meilleurs morceaux du dernier album, avec un délicieux feat d’Arno de Black Bomb A
Black Bomb A


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sur « Dans le chaos ». On en sort avec comme un goût de trop peu. C’était bien, mais ça aurait pu être mieux et plus long. Soit, ce n’est que partie remise !



À en juger par l’engouement du public lorsque le groupe monte sur scène, tout le monde est en fait venu pour Black Bomb A
Black Bomb A


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. Les mecs sont à la hauteur des attentes : déchaînés, motivés, généreux et surtout diablement efficaces. Ils sont ici chez eux et s’en donnent à coeur joie pour le plus grand plaisir de l’assistance. On a évidemment droit aux classiques, avec en tête l’inévitable « Mary », mais aussi à quelques titres du nouvel album. Ainsi qu'à quelques mots bien sentis de Poun à destination de ceux qui se risqueraient à critiquer sa prestation sur « Bulletproof ». Nous voilà prévenus. Le concert se termine comme prévu à 22:30 puis, comme par magie, la presque totalité du public disparait… Il est encore tôt, on a gagné une heure avec le changement d’heure, il reste encore un groupe à l’affiche, et pourtant tout le monde se barre. À n’y rien comprendre.



C’est surtout dommage pour le deuxième groupe suisse de la soirée, Nostromo
Nostromo


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, qui doit se contenter d’un public aussi clairsemé qu’en début d’après-midi malgré son statut de tête d’affiche. On espère que l’organisation reverra sa copie pour ne pas commettre la même erreur lors d’une édition ultérieure. Parce que Nostromo
Nostromo


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mérite de jouer devant un public bien fourni : après onze ans d’absence, les Suisses reviennent en 2016 avec leur metalcore radical qui leur vaut d’ouvrir pour Gojira
Gojira


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dès 2017. Rien que ça. Alors, oui, c’est moins accessible que ce qu’on a pu écouter jusqu’à présent sur ce festival, mais on en prend plein la gueule. Nostromo sait rester professionnel face à la situation et signe une prestation sans dentelle qui nous laisse avec les tympans meurtris et des palpitations au coeur.



Voilà qui clôture en beauté une dixième édition de la Guerre des Gaules qui n’aura peut-être pas brillé par son organisation, mais dont l’affiche nous aura permis non seulement de retrouver des groupes qu’on prend toujours plaisir à voir en live, mais aussi d’en découvrir d’autres qui passent moins régulièrement à Liège et que l’on aura plaisir à revoir si l’occasion se présente.
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