Côté people, Lola s’est laissé pousser les cheveux depuis Déprime Hostile (2018), Olivier se la joue Kurt Cobain tandis que les Péchinot –Simon et Louis- restent égaux à eux-mêmes. Ces vacuités évacuées, nous pouvons nous concentrer sur l’essentiel, à savoir à quelle sauce allons-nous être mangés avec ce second album ?
Après avoir débuté avec du rock garage –l’EP éponyme (2016)- rapidement rangé au placard, Déprime Hostile compilait une musique tintée de punk, metal et hardcore ainsi que des emprunts à d’autres genres. Nous avions relevé à l’époque un background musical consistant qui leur permettait d’explorer de multiples voies, ce qui n’a pas changé comme nous allons le voir.
L’inclinaison punk est toujours présente, en atteste la longueur mesurée de l’opus, mais la légère incursion dans l’univers metal se transforme en autoroute qu’ils n’hésitent dorénavant pas à emprunter. Le son, davantage massif, donne de l’épaisseur à l’ensemble.
Pour marquer le coup, Tête Blême s’ouvre avec L’odeur de la Mort dont les riffs sentent bon le tournant vers la voie du metal. Pour mettre fin au léger doute qui pourrait subsister dans l’esprit des plus bourrus, Miroir et ses riffs rapides penche vers un Slayer dont le solo serait au diapason de la qualité du reste du titre. Au rayon référence de qualité, on épinglera également Qu’est-ce qui va pas ? qui aurait pu être réalisé en collaboration avec Killing Joke ; on vous avait prévenu, que le background musical est fourni.
Le chant d’Oliver reste puissant et hurlé quand il le faut, mais verse également –légèrement- dans le guttural. Le côté métallique n’en est que renforcé.
Tête Blême a été enregistré par Francis Caste (Hangman’s Chair, Kickback, etc.) ; ce dernier participe sans conteste à muscler ce second album. Nous sommes cependant étonnés de ne pas avoir relevé d’autres auditeurs qui partagent notre sentiment que sur certains titres, la voix d’Oliver soit subit trop d’effets, soit a été mixée trop faiblement (?) ; par moment, il en devient difficile de distinguer les paroles chantées.
Nous ne nous éterniserons pas mais nous nous en voudrions de ne pas relever les textes, écrits dans la langue de Molière, toujours aussi critiques à l’égard du genre humain. Amis de la poésie écartez-vous et laisser passer les grosses pattes corrosives de Pogo Car Crash Control.
Nous ne savions pas à quoi nous attendre avec Tête Blême. Peu importe, avec sa formule affinée et une robustesse renforcée, la puissance de l’Ile-De-France incarnée par Pogo Car Crash Control réussit encore à nous emmener sans mal là où il le souhaite. Nous n’avons qu’une hâte, pouvoir en découdre lors d’un concert !
Pogo Car Crash Control -Tête Blême -Chronique - Punk - Metal

Pogo Car Crash Control
While She Sleeps
Slayer