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Article 17-12-2019 par Isabelle 7 min de lecture

15 ans de SMA - Erik : La photo avec flash illustre bien le côté violent des concerts punk-hardcore!

Qui ne connait pas Erik Collard, celui qui a tout créé (à SMA en tout cas), celui qui aime se faire appeler Dieu, celui devant lequel on s’agenouille ? En plus de ce titre élogieux, il est aussi, à ses heures perdues, photographe. Lors de la préparation des articles dans le cadre des 15 ans, Erik a choisi de parler de la photo de concert avec flash. Alors, allons-y, suivons l’appel du seigneur !

Erik, tout d'abord, une première chose m’interpelle. Les photos au flash ne sont-elles pas interdites pendant les concerts?

Oh ça dépend, quels concerts au juste ? J'ai toujours été plus actif dans les petites salles que dans les grandes donc la question ne s'est jamais vraiment posée. Comme Camille l'expliquait dans l'article qui lui était consacré, la consigne qui revient souvent dans les grandes salles est ''trois premières photos sans flash''. Le but est souvent d'éviter d'avoir un parterre de photographes qui vont flasher à tout va et ruiner l'ambiance ou le jeu de lumières éventuel du concert. Dans les petites salles en général il n'y a pas grand chose à ruiner !

Tu as une « technique personnelle de destruction de la rétine des zicos avec flash ». C’est Laurent qui l’a dit. Tu peux expliquer de quoi il s’agit?

Déjà, ce ne sont que des suppositions ! C'est vrai que ça peut paraître agressif de balancer du flash à tout-va vers les gens sur scène, surtout que j'aime bien en général utiliser des focales très courtes qui me poussent donc à être très proche des musiciens. Le concept est simple. Il faut savoir qu'en photo, on peut choisir le temps d'exposition, c'est à dire le temps pendant lequel l'objectif va rester ouvert et faire entrer la lumière vers le capteur de l'appareil.
Pour faire simple, plus ce temps sera court et plus la photo sera nette, mais elle risque aussi de manquer de lumière, voire même d'être toute noire dans les cas extrêmes. A l'inverse, plus ce temps sera long et plus tu pourras avoir une photo lumineuse et claire, mais évidemment si tu laisses ouvert pendant 1 seconde tu auras quelque chose de complètement flou.

Et le flash ?

Alors, un flash projette une lumière vive pendant environ 1/200 de seconde. Donc quand tu combines un coup de flash avec une prise de vue à 1 seconde d'ouverture, tu as à la fois une image ''figée'' (par le flash) puis du flou ''volontaire'' qui va faire ressortir les éléments les plus lumineux de ce que tu shootes, en général les spots de fond de scène et autres sources de lumière. Donc si pendant cette précieuse seconde tu bouges un peu ton appareil, tu créeras une jolie traînée lumineuse pour le dire artistiquement. Mais tu auras une grosse bouillasse de lumières informes quand tu exagères un peu !
Ça a l'air simple et maîtrisé comme ça, mais en réalité chaque concert commence par des manipulations frénétiques et des photos-tests pour calibrer tout le merdier : temps d'exposition, intensité du flash, ouverture de l'objectif, sensibilité… c'est quand tu as trouvé la combinaison magique que tu peux vraiment t'amuser !

Comment t’es venue cette idée ?

Pour comprendre ça, il faut se replonger dans le contexte de l'époque où j'ai commencé la photo de concert (et donc aux débuts de ce site). Les possibilités techniques des appareils de l'époque (j'ai commencé avec un 300D, premier reflex numérique milieu de gamme ''abordable'') étaient bien différentes de celles d'aujourd'hui, principalement pour la captation de lumière. Camille expliquait, voici quelques jours, qu'il avait été contraint de pousser son appareil à 12.800 ISO. Avec le 300D de mes débuts, à 1600 ISO tu avais déjà une photo complètement détruite par le bruit, les espèces de défauts de pixels. Donc en conditions live, avec une lumière très faible, il fallait trouver une alternative.
Le flash est évidemment la solution la plus simple. Le problème ? C'est qu'avec un simple coup de flash, comme pour tes photos de famille dans les années 90, tu perdais toute l'ambiance : plus aucune notion de lumière, le fond la salle tout clair avec les câbles et tout le bordel. Donc avec ces contraintes, ce genre de technique s'est développée. Je ne l'ai pas inventée, j'ai juste creusé le truc.

Tu es au courant qu’il y a eu des progrès techniques, depuis tes débuts ? Pourquoi continues-tu à travailler au flash ?

Ça me plaît encore plus depuis que la plupart des photographes ont abandonné cette technique. Ça ajoute un côté unique, et dans le cas de concerts punk-hardcore ça illustre plutôt bien l'ambiance du moment et ce côté violent et bordélique.
Et ça m'a évité de devoir renouveler mon matos trop souvent à la recherche de plus de finesse ou de propreté ! Pour être tout-à-fait transparent, j'utilise un Canon 60D qu'on trouve à environ 200€ en occasion, un flash Canon 580EX qu'on trouve autour de 200€ également et un objectif fisheye lowcost que j'ai pris sur un site chinois à une centaine d'euros. Je te laisse faire le calcul !

As-tu l’une ou l’autre anecdote sympa à partager?

On sera plutôt sur deux ''presque foirages'', des catastrophes évitées de justesse.
En 2011, mon appareil de l'époque était tombé en rade et j'avais trouvé un plan occase plutôt intéressant pour le remplacer. Je devais voir le gars à 17h30 pour la transaction… et le même jour, j'organisais la date liégeoise de Oathbreaker à la Zone. Je voulais évidemment immortaliser ça. Le gars arrive, je le connaissais un peu, il me file l'appareil… sans batterie. Je négocie un peu le prix (parce que bon) mais ça n'arrange pas mon problème. Je traverse donc Liège en courant et dégotte une batterie dans un magasin à 17h57.
En 2017, Madball jouait au Reflektor et je n'avais jamais eu l'occasion de les photographier auparavant. Quand Lifers entame son set, je prépare mon matos… et me rends compte que j'ai oublié ma carte mémoire, ainsi que le petit boîtier qui contient mes 2/3 cartes mémoire de secours. Les magasins sont fermés depuis longtemps et je n'ai pas beaucoup de plans B. Je savais par contre que ma voiture, que j'utilise comme vide-poche depuis toujours, est parfois source de miracle. Un petit run jusqu'au parking, une fouille en bonne et due forme et je trouvai le Saint-Graal : une carte MicroSD ainsi qu'un adaptateur MicroSD - carte SD.

Tu as toujours eu du bol, comme ça ?

Quelques années plus tard, mon appareil commence à me lâcher en plein concert à l'Escalier à Liège. Il déclenche une fois sur quatre, rate le focus. Pris d'un coup de sang, je jette mon appareil au sol. Il n'a plus jamais fonctionné. Plutôt étonnant vu que je garde habituellement mon calme en toute circonstance. Un accès de rage unique mais qui m'aura coûté cher.

Et pour finir... une petite sélection des meilleures photos prises par Erik !


YEAR OF THE KNIFE // CAFÉ DE MEISTER (Geleen - NL) // 30/05/2019


SURGE OF FURY // LA ZONE // 13/10/2018


xVICIOUSx // LA ZONE (Liège) // 13/10/2018


ODDISM // TOXCITINK (Liège) // 04/09/2016


WHILE SHE SLEEPS// JH DE STIP (Ham) // 04/08/2016


BETRAYING THE MARTYRS // JC KAVKA (Anvers) // 08/02/2015


BEING AS AN OCEAN // ARCHEOFORUM (Liège) // 22/11/2014


CELESTE // LA ZONE (Liège) // 15/12/2013


YEAR OF NO LIGHT // CARLO LEVI (Liège) // 18/05/2007

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