Encensé Red Album ne m’avait pas convaincu. Trop mou, trop allégé de sa chape massive qui avait séduit sur les deux premiers EPs, j’ai perçu en ce disque rouge, une volonté de se rendre accessible, une tendance à vendre son âme ou une envie d’œuvrer dans la finesse précieuse. Dès lors, avec un tel titre, je ne pouvais que craindre une continuité et voir BARONESS surfer sur la même vague bleue. Sauf qu’avant l’album, je me suis risqué à un nouveau concert du groupe où à l’instar de ISIS qui prenant de l’ampleur évite, du moins sur disque, de trop brusquer son auditorat, l’énergie était retrouvée et conduite de front. Certes, il y avait bien quelques soli un peu trop pompeux. Certes le chant, par moments, occupait trop de place. Mais dans l’ensemble, BARONESS ne faisait pas dans la dentelle.
Blue Record va dans la même direction, celle de la réconciliation. BARONESS en fait parfois un peu trop, mais on évite les moments vide de sens où le groupe perdait l’essence de son rock lourd. Sans doute Blue Record est-il aussi formaté pour plaire à ces deux publics. D’un côté le barbare qui veut retrouver toute la force et la puissance du groupe et de l’autre le méticuleux qui préfère s’extasier devant quelques effets de manche inutiles et ridicules mais qui permettaient de meubler les conversations dans les salons. Une ambition qu’on finira par reprocher au groupe si elle s’avère payante. En attendant, BARONESS a conservé du bon qu’il a soufflé dans ce nouvel album. Il a su jouer des harmonies vocales et se replonger dans un rock lourd teinté d’influences prog-rock 70’s, lorgnant sur la copie du cousin MASTODON à l’occasion.
Parce que les guitares sont enfin sorties comme elles se doivent, BARONESS a repris du poil de la bête. Il n’a pour autant pas renié son précédent album puisqu’il n’a pas fait de Blue Record, un disque trop frontal et immédiat. Les nombreuses subtilités sont là mais réparties avec plus de justesse et de pertinence. Les soli tirent en longueur sans toutefois s’éterniser. On accroche mais un goût métallique en bouche ne garantit pas encore la verve complètement retrouvée. Je reste sur mes gardes pour la suite avec le prochain disque… vert.

Baroness
