Il aura fallu attendre 4 ans avant de voir sortir ce deuxième album. Entre-temps, YEAR OF NO LIGHT s’est fendu d’un live au Roadburn et de plusieurs collaborations sur split avec ROSETTA, NADJA, EAST OF THE WALL, FEAR FALLS BURNING ou encore MACHU PICCHU MOTHER FUTURE.
Si le groupe a perdu ses vocaux, deux autres membres sont venus consolider sa base monolithique, dont Shiran constructeur déjà de sons abyssaux pour MONARCH. Fatalement YEAR OF NO LIGHT a évolué. Il s’est transfiguré et le Post-Hard-Core des Bordelais s’est métamorphosé dans une évolution plus mystique et cathartique.
La musique devenue instrumentale de YEAR OF NO LIGHT s’est plombée de plusieurs kilos. Le rythme s’est ralenti pour un rendu plus massif. Toutefois le groupe s’est gardé des influences aériennes. Des passages éthérés qui évitent à la lourdeur du groupe d’être trop écrasante et indigeste.
On navigue entre rêves et angoisses oppressantes durant seulement 4 titres mais pour 48 minutes quand même. Aussi noire et esseulée que l’île qui illustre la pochette, la musique de YEAR OF NO LIGHT s’est nourrie durant ces années d’influences Sludge, Drone et Ambient pour développer son Post-Hard-Core. Une évolution qui permet au groupe d’aller plus en profondeurs (sans jeu de mots) dans ses retranchements et d’exploser au mieux ses ressentiments viscéraux.
Certes, le contenu n’est pas révolutionnaire. Mais la maîtrise des couches et des ambiances permet à YEAR OF NO LIGHT de sortir un album qui se démarque dans la scène et qui donne raison à tous ceux qui ont cru en eux. Même si l’évolution peut déstabiliser quelque peu, elle était prévisible par ceux qui ont suivi de près le cheminement du groupe, puisque déjà en gestation sur les dernières expérimentations des Bordelais. Ausserwelt est un album intense où les contrastes s’entrechoquent mais dont seul le noir resurgit.

Year of No Light
Rosetta
Nadja
Fear Falls Burning