The Obsidian Conspiracy succède donc à un This Godless Endeavour (2005) qui n'avait pas laissé un souvenir impérissable. C'est dire si l'attente, la curiosité étaient à leur paroxysme lorsque la galette circula entre nos doigts.
Le temps de glisser l'objet dans le tiroir et les premiers riffs de "The Termination Proclamation" qui explosent nos tympans laissent percevoir la touche du sieur Andy Sneap (Megadeth, Exodus), chargé du mixage de cet album;
Nevermore est devenu le maître incontesté du thrash progressif et un titre comme "Your Poison Throne" ne laissera pas l'auditeur de marbre grâce à ses refrains ("Rise, Rise, Rise,...") entêtants à souhait et que la foule devrait scander en live...
Mais si Nevermore est parvenu à acquérir ce statut, il le doit, avant tout, à la force créative conjuguée de Warrel Dane et de Jeff Loomis. La durée de chacun des titres n'excède pas les 5 minutes mais cela leur suffit amplement pour se révéler d'une extrême efficacité.
Ainsi "The Maiden Spoke" alterne mid-tempo, riffs endiablés et shreds à foison. Nom de dieu que ça fait du bien d'entendre un Nevermore en aussi grande forme. La voix de Warrel Dane est touchante de sincérité. Le bougre prend définitivement sa place dans le panthéon des plus grands chanteurs de metal.
Tantôt lourd, Nevermore parvient aussi à alléger sa musique avec "Emptiness Unobstructed", véritable hit en puissance sur lequel Warrel Dane et Jeff Loomis laissent apprécier une autre facette de leurs grandes facultés techniques. A tel point que l'on ne s'aperçoit pas que le groupe évolue, sur ce CD, en quartette depuis le départ de Steven Smyth, l'autre guitariste qui officiait au sein du groupe jusqu'alors et qui a été remplacé, après la sortie de cet album pour la tournée, par Attila Voros, un guitariste hongrois.
L'atmosphère dégagée par le disque se veut encore plus lourde et opressante avec "The Blue And The New Soul" et on se délecte de la superbe production réalisée par le guitariste de Soilworks, Peter Wichers.
Le seul point faible, et encore si on peut le qualifier ainsi, est le dispensable "Without Morals" qui donne l'impression que le groupe a lancé le pilotage automatique pour meubler un album pourtant riche et varié...
Mais après cet intermède plus traditionnel, la jouissance est totale avec "The Day You Built The Wall" et son dédoublement de guitares appuyé par la voix plus "caverneuse" que jamais de Warrel. Il est impossible de rester insensible à cette profondeur abyssale et mélodique.
Sur "She Comes In Colors", Jeff Loomis réalise un solo d'anthologie. Ses riffs sont étourdissants d'autant qu'ils sont soutenus par une section rythmique aussi dévastatrice qu'un marteau-piqueur.
L'apogée se termine en beauté avec "The Obsidian Conspiracy" structuré à la sauce Megadeth avec ses riffs endiablés. Nevermore, quand il parvient à bien canaliser les forces musicales de chacun de ses membres, parvient à s'exprimer au sommet de son Art.
Et c'est définitivement le cas avec The Obsidian Conspiracy qui s'inscrit comme un album indispensable dans votre discographie metal...
Et à choisir, n'hésitez pas à vous offrir l'édition limitée. La reprise de "Temptation" de Tea Party montre un groupe qui parvient à manier les sonorités orientales et modernes de son aîné avec beaucoup de réussite. Et la voix de Warrel Dane est plus naturelle et claire que jamais. Quant à la reprise de "Crystal Ship" de The Doors, elle est tout aussi brillante et belle...
Ce septième album s'inscrira de manière indélébile dans la carrière d'un groupe qui pourrait être enfin reconnu à sa juste valeur... Ce ne serait que justice... même si c'est à vous, finalement, d'en décider...

Nevermore
