L’ouverture sur Wounds & Visions, avec un petit effet introductif kitch résume le ton musical. Durant 10 titres, STUNTMAN ne va pas se priver de lacérer et triturer tout ce qu’il peut. Fondu dans un seul bloc, l’album crispe par ses larsens, le son dégoulinant et l’agressivité rythmique. Noire et nihiliste, la musique des Français est frontale.
Au bout des 43 minutes, on est vidé de notre énergie et un peu lassé aussi. Les titres ont tendance à répéter inlassablement l’idée. On retrouve certes des variations structurelles et on arrive au terme de l’album sans trop d’efforts, mais en conservant le sentiment que STUNTMAN s’est contenté de faire un maximum de bruit et de brailler autant que possible. C’est défoulant et le grain noise métallique élève le disque, toutefois, l’auditeur reste un peu sur sa faim. Le groupe s’incruste trop dans une version primaire qui pourrait non pas s’édulcorer, mais proposer une double lecture avec un niveau plus subtil qui apporterait une accroche. Idols Crash possède d’ailleurs les prémices de cette tentative, prouvant ainsi que STUNTMAN sera capable de pondre un album encore plus percutant.
Qu’à cela ne tienne, The Target Parade est déjà un bon décrassage en règle de nos oreilles, mais comme tout produit corrosif ou acide, il faudra l’utiliser avec parcimonie pour éviter les dégâts. La formule ne devrait que s’améliorer avec le temps et STUNTMAN sera en mesure prochainement d’offrir un produit tout aussi décapant dont on pourra abuser.

Stuntman