Clairement, THE DEVIL n'est pas un groupe commun de Métal. Cette particularité n'est pas uniquement due au caractère anonyme entretenu autour de ses membres, mais aussi et bien parce que derrière ses influences Heavy Metal, il joue une musique instrumentale et habille ses compositions de curiosités cinématographiques.
Le projet londonien s'est offert six studios différents pour enregistrer son album découpé en 13 plages. Deux de ces compositions ont par ailleurs retenu l'attention de l'industrie du cinéma, ce qui à coups sûrs va attirer l'attention sur le groupe prochainement.
Dès la plage d'ouverture, Divinorum, le décor est planté. Ce titre qui a été choisi par James Colmer (Superman Returns, La Maison de Cire...) pour son film The Fury (sortie prévue en 2013) rassemble les qualités et défauts de l'album.
Usant d'atmosphères quelque peu kitsh avec ses nappes vaporeuses, THE DEVIL propose un linéarité élémentaire dans ses riffs et la construction de ses morceaux. Les samples viennent habiller judicieusement le tout. Sans eux, le disque serait encore plus plat et morne.
THE DEVIL a beau être un sextet, on dirait le projet d'une seule tête exécuté par un seul corps tant la simplicité est de mise. Introduction. Samples. Riffs basiques. Rythmes évident. Cassure. Samples. Voilà en gros ce qui aura mis plusieurs années à aboutir.
Etrangement, cette facilité interroge pourtant. Elle a le mérite de rendre le disque et l'univers de THE DEVIL plutôt accessibles. Si l'ensemble fonctionne malgré tout un minimum, c'est grâce à cette apparence mécanique (trop) évidente. La musique ne possède pas d'âme. Cette absence d'âme combinée à l'anonymat qui règne autour du groupe et au caractère occulte du projet forment un triptyque cohérent.
Toutefois à partir du moment où l'on gratte la couche superficielle du disque, on ne peut s'empêcher de se demander si THE DEVIL n'est pas la nouvelle supercherie du Métal. La redondance, la froideur des interprétations et la simplicité des compositions se comparent rapidement à l'expression non-maîtrisée d'un groupe débutant. Et même si l'on concède que la démarche reste volontairement primaire, on ne peut que ressentir une forme de méfiance quant au résultat finalement pas si convainquant que cela.
