Au niveau de la musique, j'ai toujours eu un peu de mal à assumer l'étiquette doom-hardcore, car on mêle là 2 styles qui pour moi sont assez opposés... Cet album ne me donne pas tort, car il faut bien le dire, c'est quand même assez éloigné du hardcore. Mais ce n'en est que meilleur. Alors on plonge au plus profond de notre mal-être pour être dans les conditions optimales à l'écoute de ce disque... C'est lourd, c'est lent, mais ça dégage une ambiance complètement dingue. Et ça force le respect. Car pour jouer une telle musique sans jamais tomber dans le chiant et le rébarbatif, il faut être fort. Après un premier morceau qui annonce la couleur directement, le morceau This Is Rape, avec sa première partie cris-guitare très prenante. Un des morceaux les plus longs de l'album, 11 minutes. Les parties en guitares claires succèdent aux parties plus assommantes et cela ne fait que renforcer encore l'ambiance malsaine qu'on ressentait depuis quelques minutes. De fréquents interludes instrumentaux séparent les morceaux à voix, ce qui donne une impression de musique de film. Cet album a vraiment une uniformité, ce n'est pas une suite de morceaux banale, c'est vraiment quelque chose à prendre dans son ensemble. Comme les interludes Destroy All Dreamers (partie 1 à 5), glauques à souhait. A noter la présence de Michael Schindl (Impure Wilhelmina) sur trois d'entre eux. En Mémoire des faibles qui ont survécu à Darwin, fait vraiment l'effet d'un marteau qu'on vous frapperait inlassablement contre le crane. Dans le rythme du premier morceau Obsolète, mais en plus poussé. Comme quoi on peut jouer une musique violente à souhait sans pour autant faire la course avec son métronome...
Au final on a dans les mains un album qui a mon sens devrait ajouter définitivement Overmars au Panthéon des musiques sombres et malsaines... En tout cas c'est une place qui leur reviendrait de droit !
