D'abord parce que LOADING DATA est un pionner dans le renouveau du Stoner qui fait actuellement vibrer l'Hexagone. Frenchman, Nevada, son premier album remonte à 2002. Ensuite parce que l'on ne débarque pas chez un homme qui a l'habitude de collaborer avec ses maîtres à penser et chez un ancien pilier de la formation, les deux mains dans les poches en saluant la compagnie avec désinvolture. Il faut un minimum d'audace, d'assurance mais aussi beaucoup de travail qui prouve que l'on est en mesure de posséder une personnalité et une identité propre.
Bien entendu, LOADING DATA dispose d'un atout particulier. Suave Chavez, dit Patron, chanteur à la voix particulière de la formation. Un timbre chaleureux, mature, profondément rockailleux et naturellement grave comme on les appréciait dans les années 50. De quoi mettre en confiance dès la première écoute. De quoi distinguer la formation dès les premières paroles prononcées.
En trois albums, LOADING DATA a eu le temps de peaufiner son style. De s'approprier les références et surtout, le plus important, de les renvoyer avec une marque propre. On sait d'où vient le son. On comprend de qui s'est inspiré la formation pour le groove de ses compositions et son côté hypnotisant. Le style impose au groupe d'avoir un jeu rythmique plutôt posé, presque paresseux. Avec tout cela, LOADING DATA ajoute un certain savoir-faire à mettre en boucle. Tantôt de manière quelque peu convenue, mais toujours avec justesse, tantôt de manière plus audacieuse avec un brin de folie décalée (Round'n'Round, Mezzoven, Teeth & Tongue, Midnight Situation) ou d'humour (Not Gonna Take It, So High).
Sans surprise, l'enregistrement est soigné et Nick Oliveri s'invite sur le disque avec une interprétation hargneuse mais juvénile à côté de la voix de Patron sur Hanging Low.
Après une bonne salve de riffs accrocheuses et de rythmes costauds, LOADING DATA s'offre un final long et rampant. On My Heart se faufile tel un serpent. Une montée en progression qui bousille le cerveau avant de magnétiser entièrement l'auditeur avec cette répétition qui pourrait tourner à l'infini. La formation offre un petit digestif hongrois en bonus (Palinka) toujours appréciable bien qu'anecdotique et dispensable après la raclée mise juste avant.
Double Disco Animal Style vogue en terrain connu tout en distillant au long des quatorze titres (+ le bonus) une marge de manoeuvres qui permet de reconnaitre qui pilote derrière.

Queens of the Stone Age
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