Ce n'est pas tellement les synthétiseurs utilisés par CALVA qui chamboulent nos repères mais bien plus les constructions alambiquées et les directions multiples empruntées. La formation juxtapose les étiquettes Math, Noise, Psyché, Kraut et Post-Punk. Elle ne jette pas des ponts mais explose plutôt les barrières entre les genres.
Voilà qui donne une forme plutôt hétéroclite à CALVA. L'énergie reste le fil conducteur de ces incongruités même si il semble déposer les armes sur Rosemary où il invite Caroline Blanchet derrière le micro.
Là où généralement le chant se fait plutôt émotif et à la limite de l'écorchure, il est à nouveau poser en introduction de Macadam et carrément absent sur l'hypnotique Trompette De La Mort.
A l'inverse, Robocop dégaine pour tirer sur tout ce qui bouge. Bien plus nerveux que le tendu Rubik's Cube. Swamp King de son côté utilise un texte emprunté au poète américain du 19ème siècle, Henry Wadsworth Log Fellow, pour créer une nouvelle atmosphère.
Il n'est pas toujours évident de suivre CALVA. A la fois débordant de vitalité, le groupe aime à changer de direction comme il casse ses rythmes. Pourtant Sacrifice reste un album cohérent dans sa démarche et assez constant dans sa qualité. Aucun titre ne vient déforcer le disque ou ne semble s'égarer. Auteur de seulement un EP et un Split avec IO MONADE STANCA, CALVA nous laisse un premier album bien prometteur dont le tempérament s'annonce déjà fort.
Calva