À près de 5 années d'existence, le groupe sort son premier long, il y a là 8 titres noises et progressifs, au lyrisme syncopé et parfois difficile à appréhender. Clairement, la musique de Helium Horse Fly, brutale et silencieuse, n'est pas faite pour plaire à tout le monde.
Commençant comme un album de K-Branding, avec l'intro de Surgery Plains, Helium Horse Fly frappe fort d'emblée même si le chant de Mary Billy, rappelant vaguement Jarboe, est là pour atténuer le choc.
Ce chant justement est tout en contraste avec cette rythmique noise épileptique. Mary Billy, n'a pas envie de s'engouffrer dans la simplicité, préfèrant les chuchottements et autres envolées (cf: The Fifth Season) aux hurlements coreux.
Il en résulte donc un certain décalage de ton entre le chant et les autres instruments quand ceux-ci se mettent à gronder. Notez qu'un morceau avec un chant à la Candace Kucsulain (Walls of Jericho) ou même à la Stefania Pedretti (OvO) n'aurait pas été pour me déplaire.
Ici, l'audace ne va pas toujours dans le sens du poil et l'auditeur peut donc aisémant lacher prise tout au long de ces 8 titres aux compositions labyrinthiques.
Celà dit, il est parfois agréable de se laisser perdre dans cet album prog-noise composé de passages éclatants comme l'est, par exemple, l'explosion finale de Breaches qui cloture l'album dans la douleur de grincements noisy étincelants. Avec cette production impeccable et ses arrangements léchés, c'est peut-être guitare au poing que Helium Horse Fly se révèle être le meilleur.

Helium Horse Fly
Jarboe

OvO