Aujourd'hui c'est dans la virulence à imploser son Post-Core que ALASKAN intègre cette différence. L'ambiance noire du groupe se retrouve tout au long de l'album Despair, Erosion, Loss. Il joue de manière équilibrée entre ces moments épiques, parfois typiques et aidés par des intros aux samples et ces moments d'une grande nervosité où la lourdeur se fait volcanique.
Avec seulement trois membres, ALASKAN relève le défi d'une musique massive où la structure des compositions n'est nullement prise en défaut. L'impression de agrégats est tirée d'une production Noisy qui confère cette granularité particulièrement dépressive au son de ALASKAN.
Le groupe se montre aussi dynamique et productif. Un travail régulier et constant dans sa qualité, bien que essentiellement de l'autre côté de l'Atlantique, ancre une formation comme ALASKAN dans un socle solide. Une telle intégrité impose un certain respect. ALASKAN n'est pas le groupe d'une idée promotionnelle mais un band d'actions. Il se forge (dans tous les sens du terme) et même si sa musique en rappelle d'autres, elle possède sa propre mécanique permettant de distinguer les canadiens des autres.
Despair, Erosion, Loss s'inscrit dans la veine tracée par ALASKAN. On y retrouve ce hargneux Post-Core teinté d'ambiances sombres et d'expressivités offensives. L'album met de suite en confiance celui qui connait le groupe et progressivement séduira l'amateur du genre qui le découvrira. Son approche bouillante et ses moments de tensions s'articulent dès les premiers instants. Despair, Erosion, Loss ne laisse aucun répit. Les écoutes s'enchaînent. Une après l'autre, l'impression laissée ne s'effrite pas devant un ALASKAN qui en impose autant par sa présence physique dans sa musique que par la composition de ses six longues plages.

Neurosis
Cult of Luna
Alaskan